mardi 11 juin 2019

Au Quotidien, SNJ et Solidaires ont gagné!

(Photo O.D.)
Au Quotidien de La Réunion, les élections professionnelles du 4 juin se soldent par une nette victoire pour les représentants SNJ et Solidaires. Avec quatre élus titulaires sur cinq dans le nouveau comité social et économique (CSE), rien ne pourra se décider sans eux.
Chez les employés, les candidates Solidaires, seules en lice, obtiennent 100% des suffrages et occuperont les deux sièges de titulaire et de suppléante. Chez les journalistes, les candidats SNJ remportent 93 à 95% des voix face à la CFDT et décrochent les six sièges de titulaires et de suppléants.
Le taux de participation élevé (82%) confère à ces élus une légitimité incontestable. C'est un message clair adressé à la direction qui, peut-être pour conjurer ce résultat, a tenté d'annuler le scrutin à la dernière minute pour des motifs fallacieux. Mais Le Quotidien n'est pas une zone de non-droit et cet incident n'a pas entamé la détermination des électeurs.
De nombreux dossiers attendent les représentants du personnel. Sur celui du temps du travail, les derniers mois ont montré que la régression des droits n'est pas une fatalité. Avec le SNJ, la rédaction du Quotidien a magnifiquement résisté aux tentatives de culpabilisation par la direction. Non, les journalistes n'ont pas trop de congés et de RTT! Non, ce n'est pas parce que d'autres médias maltraitent leurs journalistes qu'il faut s'aligner sur des pratiques scandaleuses... et pas forcément rentables économiquement!
Cet excellent résultat est un encouragement pour tous les journalistes à tenir bon et à faire face collectivement aux difficultés. 



dimanche 5 mai 2019

1er mai travaillé: les journalistes sont payés double et récupèrent leur journée


Si vous avez travaillé le 1er mai, votre employeur doit à la fois vous payer double journée et vous octroyer une récupération de la journée travaillée. Ceci pour trois raisons.
1. En son article 34, la Convention collective nationale de travail des journalistes intègre le 1er mai dans les jours fériés dont "le travail effectué donnera lieu à récupération".
2. Le Code du travail évoque le 1er mai dans son article L.3133. L'alinéa 4 stipule que "Le 1er mai est jour férié et chômé". L'alinéa 5 précise que "Le chômage du 1er mai ne peut être une cause de réduction de salaire". L'alinéa 6 poursuit: "Dans les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail, les salariés occupés le 1er mai ont droit en plus de leur salaire correspondant au travail accompli à une indemnité égale au montant de ce salaire. Cette indemnité est à la charge de l'employeur."
3. Un arrêt de cassation sociale stipule "que l'indemnisation spéciale ne peut être remplacée par un repos compensateur" (cass. soc. 30/11/2004). En 1996, un arrêt était déjà intervenu sur cette même question: "le jugement prud'homal, condamnant un employeur à payer aux salariés une indemnité pour les journées du 1er mai travaillées, en plus de la journée de repos dont ils avaient bénéficié en compensation du travail du 1er mai, se trouve légalement justifié".
CONCLUSION: les journalistes travaillant le 1er mai ont droit à la récupération de ce jour et à son double paiement. 

(Merci à François Boissarie
membre du comité national du SNJ)

jeudi 18 avril 2019

Revenus: 7650 € à déduire de l’activité de journaliste



Pour éviter de très mauvaises surprises dans les calculs et taux d'imposition, 
nous rappelons que l'allocation fiscale DOIT ETRE DÉDUITE DES REVENUS DU JOURNALISME SUR LA LIGNE 1 AJ. Et le montant de l'allocation DOIT ETRE PORTÉ SUR LA LIGNE 1GA.
Le total permettra au calculateur et à l'éventuel contrôleur de vérifier que le montant des deux lignes correspond aux chiffres indiqués, au bas de la page 4, par les déclarations de l'employeur ou des employeurs.

A savoir pour la déclaration des revenus 2018 chez les journalistes


A comme Accident du travail Les indemnités pour ces accidents ou les maladies professionnelles sont à déclarer pour 50% de leur montant.

A comme Allocation pour frais d’emploi Obtenue, en 1998, en relais de l'ex-abattement de 30%, l’allocation repose sur la faiblesse des salaires et des frais mal ou non remboursés. L’allocation est à déduire, sur la 1ère ligne du formulaire, des seuls revenus imposables tirés de la profession -soit 7650 €- pour une activité, à temps plein ou partiel. Puis la déduction est à reporter sur la ligne abattement apparue sur les formulaires en 2017. (cf infra nouveau seuil de 93.510 euros).

C comme Carte L’allocation n’est pas liée à la carte professionnelle mais à l’exercice de la profession. Ainsi le précise l’instruction du 24 juin 1999 basée sur des décisions du Conseil d’Etat. Cette garantie n’empêche pas le précieux sésame de constituer un atout en cas de
contrôle, sachant que le fisc sait alterner réclamation et contestation.

C comme Cotisation syndicale La réduction d’impôt sur les cotisations reste fixée à 66% de leur montant. Pour les non-imposables, un crédit équivalent à 66% de la cotisation syndicale a été instauré depuis 2012. Le montant déductible est restitué à l’adhérent par le fisc.

D comme Déclaration de ressources à la CAF L’allocation est déductible des revenus professionnels par la Caisse d'allocations familiales. La CAF l’a confirmé au SNJ, dans une lettre du 8 décembre 2006, s’appuyant sur l’article R 532-3 du Code de la Sécurité sociale.

D comme Délais des Télé-déclarations Les télé-déclarations sont obligatoires sauf pour les personnes ne maîtrisant pas l’outil ou les zones non équipées. Clôture pour les départements 1 à 19 et non résidents : 21 mai; de 20 à 49 : 28 mai; de 50 à 976 : 4 juin. Envois postaux clôture le 16 mai. La déclaration annuelle persistera notamment pour les déductions.

E comme Emploi C’est la base de l’allocation avec les frais réintégrés (cf infra). Le dispositif est limité, en effet, à l’exercice du journalisme.

F comme Frais réels Trois conditions :  avoir des frais importants  en garder trace  n’en déduire ni l’allocation, ni les 10% (automatiques).
Frais réintégrés C’est l’autre mot clé. Ce qui explique -sans les justifier- des redressements. A partir de l’instruction de réintégration (cf snj.fr rémunération), l’employeur doit indiquer la quote-part des frais à déclarer. Les ajouter aux revenus avant de déduire l’allocation.

M comme Maladie & Maternité Les indemnités maladie ou maternité sont appréciées différemment. Les premières (en cas de maladie grave) ne sont pas imposables alors que les secondes (pour maternité) le sont !

P comme Proratisation Dans six décisions (T.A Versailles 8/12/2005, Paris 15/5/2009, Melun 15/12/2009, Montreuil 7/6/2013, Orléans 13/2/2014, Rennes 3/9/2015) ces juridictions ont estimé qu’aucune disposition ne prévoit que le montant (des salaires perçus) puisse faire l’objet d’une réduction à proportion du temps écoulé lorsque le journaliste n’a pas exercé son activité durant toute l’année d’imposition. Nous consulter en cas de maladie, chômage, ressources hors presse. droits d’auteur, ce mode de paiement étant souvent abusif.

R comme Redressements (cf snj.fr journalisme et rémunération) Les principaux contentieux qui nous sont soumis portent sur la proratisation (voir supra) Certaines fonctions prétendues < techniques > sont parfois dans le collimateur. Nous consulter sur les jurisprudences existantes.

R comme Renseignements La ligne abattement rend facultative la justification de la déduction. Sauf situation particulière (cf par ailleurs) Inscrivez, si vous le souhaitez, au bas de la page 2 ou dans l’espace dédié des télé-déclarations "Le journalisme ayant constitué en 2018 mon activité, j’ai déduit 7650 € des salaires, tirés de ma profession, au titre de
l’allocation pour frais d’emploi des journalistes.

R comme Retraite Si les pensions ne sont pas un revenu d’emploi, il en est autrement pour les compléments tirés du métier. Nous consulter.


Pour l'année prochaine:
Par une disposition introduite en décembre 2018 dans la loi de finances pour 2019, la déduction sera réservée, à compter des revenus de 2019, déclarables en 2020, aux journalistes dont le revenu brut annuel n’excédera pas 93.510 €, soit un montant de 5600 € net mensuel.


Pour toute précision: permanence fiscalité, fboissarie@snj.fr  







mardi 2 avril 2019

Le SNJ propose des offres d'emploi à ses adhérents


Premier syndicat de la profession, le SNJ vous propose un nouveau service: des offres d'emploi. Pour y avoir accès, il suffit de payer votre cotisation (voir notre page d'adhésion) et de rejoindre le groupe Facebook "SNJ offres de boulot".
Comme nous ne vivons pas dans un monde de Bisounours, nous savons qu'il est parfois difficile de faire respecter nos droits les plus élémentaires (être payé pour travailler, par exemple).
Aux Assises internationales du journalisme de Tours, en ce mois de mars, les représentants du SNJ ont participé à plusieurs ateliers et débats. Nous avons noté que Jean-Christophe Boulanger, président du Spiil (syndicat des entreprises de presse en ligne), y a été interpellé par une journaliste car l'une de ces entreprises paie ses journalistes sans les salarier (Agessa, auto-entrepreneur...). J.-C. Boulanger a invité la consoeur à lui donner le nom de l'entreprise (adhérente au Spiil) afin qu'il rappelle les règles de droit à son propriétaire. Si vous constatez des dérives dans une des entreprises du Spiil, contactez le SNJ afin que nous envoyions un courriel au président.



jeudi 14 mars 2019

Mayotte a besoin de journalistes

Table ronde aux 12e Assises internationales du journalisme, Tours. 
« A Mayotte, on est en recherche de journalistes ». Abby Saïd Adinani, directrice du magazine May’People, tient à donner du 101e département français une image plus réaliste que celle que propagent les médias mainstream. L’île de Mayotte n’est pas uniquement un lagon menacé par l’immigration clandestine. C’est aussi une région en pleine croissance économique, avec une population jeune, sans grande tradition de lecture, comme le précise Laurent Canavate, directeur de la Somapresse. Cette jeunesse se connecte beaucoup sur les réseaux sociaux, et consomme donc de l’information numérique.

Réunis pour un débat aux Assises du journalisme à Tours, plusieurs représentants des médias mahorais confirment  un déficit de professionnels de l’information. Alors que les journalistes subissent un fort taux de chômage en France métropolitaine et à La Réunion, la presse mahoraise a besoin de journalistes formés (notamment au numérique) et volontaires pour travailler dans une île où l’actualité ne ressemble à aucune autre.
Kalathoumi Abdil-Hadi, cofondatrice de 101 Mag, évoque l’  « omerta » qui empêche beaucoup d’habitants de s’exprimer sur les sujets sensibles. Notamment parce que dans une île de 256 500 habitants, tout le monde est parent avec tout le monde. Pierre Belluschi, rédacteur en chef de Kwezi TV, reconnaît le besoin de recruter des personnes qui parlent shimaoré ou shibushi. « La part locale est notre force de frappe » assure Chamsudine Ali, journaliste à Mayotte la 1ère. Mais la méconnaissance de ces langues n’empêche pas de jeunes journalistes métropolitains de travailler à Mayotte et d’apprendre progressivement les idiomes régionaux.

L’outre-mer méconnu des autres Français

A ces particularités s’ajoute le manque d’intérêt du reste de la France pour Mayotte et l’outre-mer d’une manière générale. Aby, étudiante stagiaire en 2011, est restée bloquée dans l’île plusieurs semaines en raison de la grogne sociale et de la paralysie des transports. Lorsqu’elle a enfin réussi à regagner Paris, son enseignante la questionne : « Ah bon, c’est la m… à Mayotte ? C’est bizarre, on n’a pas eu de dépêche AFP ! » Cette différence de traitement a été particulièrement critiquée lors du précédent débat « Quel récit éditorial ultramarin en métropole ? », auquel participait la Réunionnaise Memona Hintermann.

                                                                                                              Véronique Hummel
Aux 12e Assises internationales du journalisme de Tours

Les employeurs à Mayotte :
-          Mayotte Hebdo : canavate.laurent@mayottehebdo.com
-          Kwezi TV : belluschi.pierre@orange.fr, 06 39 69 91 92
 

L'exposition "Un an d'actualité à Mayotte: janvier 2018 - janvier 2019" propose de très belles photos de presse pendant ces 12e Assises du journalisme.







mercredi 27 février 2019

Adieu, Philippe, nos pensées vont vers toi

(Photo DR)

 La nouvelle a attristé l’ensemble des journalistes de La Réunion. Notre confrère Philippe Stéphant, 62 ans, a été découvert mort lundi matin. Contrairement à ses habitudes, il était absent à un rendez-vous et n’avait pas prévenu : cela ne ressemblait pas à ce journaliste connu pour sa gentillesse, son sérieux et sa courtoisie.
Philippe était aussi connu (et reconnu) pour sa grande capacité de travail, dans les différents médias où il a travaillé. Notamment à l’Echo austral, où il a œuvré pendant 10 ans, puis au Journal de l’île de La Réunion, où il avait été recruté en 2017. Premier syndicat de la profession, le SNJ exprime ici sa tristesse et adresse ses condoléances à la famille de Philippe et au JIR, qui perd un précieux collègue.

jeudi 3 janvier 2019

Photographes: la pige (légèrement) revalorisée

Autoportrait du photojournaliste Jacques Revon, 1977. (CC)
L'information vient d'être publiée au journal Officiel. Le montant minimal de la "pige" d'un journaliste photographe professionnel passe de 60 € à 61,65 €, pour une photo (ou série de photos sur le même sujet) ayant demandé au moins cinq heures de travail. Voir l'arrêté du 24 décembre 2018 et le décret du 9 mai 2017.
C'est l'occasion pour le SNJ de rappeler qu'il s'agit d'un minimum légal et non d'un maximum.
C'est aussi pour nous l'occasion de rappeler, à tous ceux qui effectuent une mission de journaliste, la nécessité de demander et obtenir leur carte de presse. Celle-ci est une obligation pour l'employeur (voir l'article 6 de notre convention collective), comme le paiement en salaires.
La carte de presse est aussi le moyen le plus simple de prouver que l'on est "journaliste professionnel". Sachez qu'en cas de contentieux devant un tribunal, certains patrons n'hésitent pas à affirmer "M. (Mme) X n'est pas journaliste, car il (elle) n'a pas sa carte de presse", dans le but d'échapper au paiement du 13e mois, ou du salaire pendant un arrêt de travail pour accident ou maladie. Cela peut arriver à tout le monde!
A La Réunion, le correspondant régional de la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels est Flavien Rosso, journaliste au Quotidien de La Réunion.