jeudi 3 janvier 2019

Photographes: la pige (légèrement) revalorisée

Autoportrait du photojournaliste Jacques Revon, 1977. (CC)
L'information vient d'être publiée au journal Officiel. Le montant minimal de la "pige" d'un journaliste photographe professionnel passe de 60 € à 61,65 €, pour une photo (ou série de photos sur le même sujet) ayant demandé au moins cinq heures de travail. Voir l'arrêté du 24 décembre 2018 et le décret du 9 mai 2017.
C'est l'occasion pour le SNJ de rappeler qu'il s'agit d'un minimum légal et non d'un maximum.
C'est aussi pour nous l'occasion de rappeler, à tous ceux qui effectuent une mission de journaliste, la nécessité de demander et obtenir leur carte de presse. Celle-ci est une obligation pour l'employeur (voir l'article 6 de notre convention collective), comme le paiement en salaires.
La carte de presse est aussi le moyen le plus simple de prouver que l'on est "journaliste professionnel". Sachez qu'en cas de contentieux devant un tribunal, certains patrons n'hésitent pas à affirmer "M. (Mme) X n'est pas journaliste, car il (elle) n'a pas sa carte de presse", dans le but d'échapper au paiement du 13e mois, ou du salaire pendant un arrêt de travail pour accident ou maladie. Cela peut arriver à tout le monde!
A La Réunion, le correspondant régional de la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels est Flavien Rosso, journaliste au Quotidien de La Réunion.

mardi 1 janvier 2019

Cotisations à la Sécurité sociale : 1 chiffre à retenir, 1 vérification à faire

Un bulletin de paie illégal (et parfaitement authentique). Avez-vous vérifié le vôtre?

Voici quelques repères pour bien commencer l’année 2019.
Si un(e) journaliste perçoit en 2019 moins de 48 124 € sur l’année, soit 3702 € brut x 13 mois, il (elle) doit réfléchir à deux fois avant d’opter pour l’abattement de 30% sur les cotisations de Sécurité sociale.

1.      Pourquoi 48 124 € brut annuels ?
a)      Parce que le plafond annuel de la Sécurité sociale, sur lequel sont calculées les cotisations sociales, est fixé pour 2019 à 40 524 €. Au-delà de cette somme, le montant des cotisations ne changera rien pour nos futures prestations (retraite, congés de maternité, arrêts de travail pour maladie ou accident…).
b)      Parce qu’à cette somme, le(la) journaliste doit ajouter 7600 € au salaire brut, au titre du plafond (à ne pas confondre avec celui de l’allocation fiscale, 7650 €). Si le (la) journaliste ne veut subir aucun préjudice pour sa retraite, il faut donc avoir au moins 48 124 € de salaire brut annuel en 2019.

2.      Que se passera-t-il si, en gagnant moins de 48 124 € par an, on accepte l’abattement de 30% ?
L’abattement faussement appelé « social » de 30% entraîne de lourds préjudices sur nos retraites futures et sur les remboursements de Sécurité sociale. Le SNJ déconseille cet abattement. A fortiori si les retraites complémentaires et le chômage y sont abusivement inclus.

3.      A quel âge faire attention ?
A tout âge. Dans les carrières traditionnelles, les 25 années les mieux payées sont souvent les dernières, il faut donc s’inquiéter 25 ans avant 62 ans, c’est-à-dire à partir de 37 ans. Mais ce modèle est de moins en moins vrai. A 30 ans, aucun journaliste ne peut savoir s’il aura encore un emploi à 50 ou 60 ans. Il est donc important de cotiser au maximum dès le départ. Il faut être particulièrement vigilant lorsqu’on débute. Ne contribuez pas à affaiblir votre retraite, le gouvernement et les patrons le font déjà assez !

4.      Vérifiez votre bulletin de paie       
Si le chiffre mentionné à la ligne « Total brut » (en haut du bulletin) n’apparaît pas systématiquement à toutes les lignes de la colonne « Base » dans la suite du bulletin, sachez que l’abattement de 30 % est probablement appliqué par l’employeur. Si vous n’avez pas explicitement donné votre accord par écrit, c’est illégal. L’employeur vous racontera que cet abattement augmente votre salaire net. C’est vrai… mais il vous prive de votre « salaire différé », c’est-à-dire de nombreuses prestations dont vous aurez besoin plus tard.

5.      Consultez la permanence « bulletin de paie-fiscalité » du SNJ en cas de difficulté.

ET BONNE ANNEE 2019 A TOUS !


PS: pour en savoir plus sur les abattements ou suppressions de cotisations sociales: https://solidaires.org/video-Augmentation-de-salaires-Attention-a-l-arnaque

vendredi 14 décembre 2018

Non à la surenchère anti-journalistes des deux Robert !

C’est très tendance chez les élus réunionnais : menacer et faire pression sur la presse. Dernière initiative en date : Thierry Robert a appelé lundi le patron du Journal de l’île de La Réunion, Abdul Cadjee. L’ancien député et maire, qui se revendique désormais comme « citoyen Lambda », a menacé l’homme de presse, lui promettant que si le JIR reparlait à nouveau de Thierry Robert, il (A. Cadjee) le regretterait. Pour parfaire le tableau, l’ancien élu a enregistré son monologue et l’a posté sur sa page Facebook.
Le SNJ a compté : il s’agit là de la quatrième attaque de la presse en 8 ans par le même Thierry Robert ou son entourage. Ce n’est pas parce que le SNJ (premier syndicat de la profession) dénonce la collusion entre JIR et Didier Robert que nous pouvons tolérer les agissements du multirécidiviste Thierry Robert. Ce n’est pas parce que nous déplorons les pressions effectuées sur les journalistes par la direction du JIR que nous resterons silencieux face aux menaces d’un ancien député contre cette direction. Ce n’est pas parce que Didier Robert et Thierry Robert se sont lancés dans le stupide concours du plus-méchant-ennemi-des-journalistes que nous pouvons tolérer ces attaques.
Celles-ci sont d’autant plus graves qu’elles encouragent le grand public à mépriser, dénigrer et agresser les journalistes. Ce que certains Gilets jaunes ne se sont pas privés de faire. Alors, Messieurs les élus ou ex-élus, arrêtez cette surenchère ! Le concours du Robert le plus anti-journalistes n’a pas sa place dans une démocratie.
                                                                                                                          La section SNJ 974

samedi 8 décembre 2018

Plainte contre les journalistes : un peu de décence, Monsieur Didier Robert !


             

Monsieur Didier Robert n'a visiblement pas apprécié d'être mis en cause par Le Quotidien à propos de sa rémunération de PDG de la SPL Réunion des musées régionaux. Vendredi, il a annoncé qu'il engageait «une procédure de plainte pour diffamation et propos mensongers à l'encontre du journal Le Quotidien », de sa directrice de publication et de l'auteur de l'article.
Mais le courroux du président de Région ne s'arrête pas là. Il a aussi annoncé le dépôt de plaintes pour « incitation à la haine, à la violence et au meurtre » contre Le Quotidien et deux organes de presse qui ont repris ses informations, Free Dom et Imaz Press Réunion, au motif qu'il aurait été la victime de menaces de mort.
Qu'un élu qui s'estime injustement attaqué porte plainte pour diffamation n'a rien d'inhabituel – on verra bien ce que la justice en dira. Qu'il assimile une enquête sur ses revenus à une « incitation à la haine et au meurtre », c'est une ligne de défense beaucoup moins ordinaire et qui ne saurait rester sans réponse. Pointer les conditions de rémunération d'un président de Région, ce serait vouloir sa mort ? Un peu de mesure et de décence, Monsieur Robert !
Le Quotidien et les autres médias incriminés n'ont jamais appelé à la violence envers qui que ce soit. Les accusations gravissimes proférées par le président de Région visent manifestement à réduire la presse au silence sur des sujets qui, ne lui en déplaise, sont d'intérêt public.
En tenant des propos aussi outranciers dans une période aussi sensible, Monsieur Robert, qui se dit attaché à la liberté de la presse, contribue en réalité à entretenir l'animosité d'une partie du public envers les journalistes, déjà régulièrement exposés à des manifestations de haine et de violence dans l'exercice de leur métier.
Le Syndicat national des journalistes, premier syndicat de la profession, appelle le président de Région à faire preuve de retenue et exprime son total soutien aux confrères mis en cause.

Fait à Saint-Denis, le 8 décembre 2018        

mardi 20 novembre 2018

Trois élus SNJ à Antenne Réunion

(Photo DR)
Pour une première, c’est une réussite. Le Syndicat national des journalistes présentait pour la première fois des candidats aux élections professionnelles d’Antenne Réunion. Suite au scrutin de ce lundi 19 novembre, trois de nos confrères SNJ ont été élus au CSE (conseil social et économique) de l’UES (unité économique et sociale). Nicolas Guy est élu titulaire, aux côtés de Virginie Baret et Baradi Siva, suppléants. Dans ce 2e collège qui rassemblait journalistes, cadres et agents de maîtrise, le SNJ a fait le plein des voix de journalistes, ce qui confirme notre place de premier syndicat de la profession et mérite toutes nos félicitations.

Dans le 1er collège (ouvriers et employés), nous félicitons également Yoran Ursulet (élu titulaire) et Abdealy Goulamhoussen, bien placé pour être élu suppléant au second tour, sous l’étiquette « Solidaires-Réunion ». Face à une confédération syndicale beaucoup plus connue, leur score illustre l’excellent travail déjà mené.

samedi 17 novembre 2018

Un centenaire arrosé sur la plage



(Photos DR)


 A La Réunion, le SNJ a fêté samedi 10 novembre son centenaire sur la plage de la Saline. En présence de Bécassine, dont la robe possède les couleurs du logo de notre syndicat. Ce détail avait probablement échappé à l’éditorialiste du JIR Jacques Tillier lorsqu’il a voulu moquer, en juin 2017, la secrétaire régionale du SNJ en la traitant publiquement de Bécassine. 
Au SNJ, nous avons le sens de l’humour : nous avons donc rappelé ce souvenir loufoque en arrosant joyeusement le centenaire de notre syndicat, né en 1918. Déjà à l’époque, les journalistes devaient lutter contre le « bourrage de crâne » des puissants. Un siècle plus tard, cela reste toujours valable.




mercredi 24 octobre 2018

Cent ans… et toutes ses dents pour défendre les journalistes !

(Photos DR)
Sous les dorures de l’hôtel de ville de Paris, le centenaire du SNJ avait de l’éclat. Pas seulement à cause de la magnifique décoration de ces murs du patrimoine national, mis à notre disposition par la mairie de Paris. Mais surtout grâce à la richesse des débats auxquels ont participé 220 journalistes et de nombreux invités, du 17 au 19 octobre 2018. La section Réunion-océan Indien y était représentée par Yannick Bernardeau et Véronique Hummel, qui ont particulièrement apprécié –ainsi que de nombreux passants- l’exposition « 100 ans de combats pour la liberté de la presse » sur les grilles de l’Hôtel de ville.

La délégation de La Réunion-océan Indien devant l'exposition "100 ans de combats pour la liberté de la presse" devant l'Hôtel de ville de Paris. 

Voici un résumé de ce congrès :

-          Participation à la manifestation des salariés de Mondadori, dont les emplois sont menacés. Devant les grilles du ministère de la Culture, nos drapeaux y ont-ils alerté le ministre ?

Le ministre Franck Riester s'engage à défendre les journalistes.

-          Visite surprise du ministre de la Culture Franck Riester, qui a assuré les journalistes de son soutien. Le discours très offensif du premier secrétaire général du SNJ, Vincent Lanier, a été beaucoup plus applaudi que celui du ministre.
-          Déontologie : le SNJ est favorable à la création d’une instance d’auto-régulation de la profession, à condition qu’elle soit indépendante de tous les pouvoirs.


-          L’indépendance des journalistes est en danger, autant qu’en 1918 lorsque le SNJ s’est créé pour lutter contre le « bourrage de crâne ». Voir notamment l’interview de Véronique Hummel par les étudiants qui ont couvert le congrès : http://100ansdejournalisme.fr/2018/10/19/au-journal-de-lile-de-la-reunion-lindependance-en-danger/#comment-22
-          Le « web first » s’impose de plus en plus dans la presse. S’il semble contre-productif de refuser l’évolution technologique, le SNJ veut défendre les droits et la santé des journalistes dans une organisation qui ressemble de plus en plus aux « 3x8 » du début du XXe siècle… si nous n’intervenons pas.

Manifestation avec les confrères de Mondadori devant le Louvre et le ministère de la Culture.

Exposition "100 ans de combats pour la liberté de la presse", une femme reporter de guerre dès 2013. (Ici avec Georges Bourdon, pilier du SNJ)