vendredi 20 octobre 2017

Condoléances à la famille Hoareau

Aude-Emmanuelle Hoareau (photo de son profil Facebook)
Elle répondait patiemment à toutes les questions des journalistes. Aude-Emmanuelle Hoareau était connue de beaucoup d'entre nous, par les interviews accordées et par les livres qu'elle avait publiés. Elle nous a quittés trop tôt, à l'âge de 39 ans, samedi dernier. Notre syndicat s'associe à la douleur de ses proches, notamment de son père Armand Hoareau, très connu des syndicalistes réunionnais, qui a longtemps été secrétaire général de l'Unsa-Réunion. Nous lui adressons nos plus sincères condoléances.

samedi 7 octobre 2017

Congrès SNJ à Toulouse: non à l'ubérisation!

Le 99e congrès du Syndicat national des journalistes avait pour thème la dangereuse "ubérisation" (*) de notre profession. C'est-à-dire la précarisation rampante et multifaces de notre métier. Certains journalistes n'ont connu que des postes précaires, malgré leurs diplômes et leur investissement professionnel. Comme chaque année, la section Réunion-océan Indien était représentée à ce congrès pendant les trois jours de débats.
L'ubérisation gangrène même les médias bien structurés. Ce vendredi 6 octobre, environ 80 journalistes ont manifesté devant l'entrée de la Dépêche du Midi. Car la direction de ce journal a licencié trois confrères qui ont eu le tort de demander leur carte de presse. Alors que la Convention collective nationale du travail des journalistes exige des employeurs qu'ils ne recrutent que des journalistes ayant demandé leur carte! Tous les congressistes ont bruyamment manifesté leur solidarité aux confrères injustement licenciés. Lire également le communiqué national.
  

Rassemblement devant la Dépêche du Midi. (Photo DR/SNJ)

Les ordonnances Macron ont également  fait l'objet de nombreux débats, à la fois dans un atelier animé par Richard Abauzit (ancien inspecteur du Travail, militant à l'union nationale Solidaires) et en séance plénière. La nocivité de ces textes est parfaitement démontrée. Les militants du SNJ feront évidemment le maximum pour informer leurs confrères des conséquences dans nos entreprises.
Face à l'ubérisation, que pouvons-nous faire? Résister, comme nous l'avons rappelé mercredi soir lors du débat public. Un employeur voulait transformer une rédaction en plate-forme, avec des auto-entrepreneurs munis d'ordinateurs pour rédiger. La rédaction s'est rebellée... et a fait plier le patron. "Il faut faire parler la poudre" a résumé notre confrère de la Voix du Nord. 

A gauche, Jean-Luc Morruci présente le Syndicat des travailleurs corses. Avec lui, Emmanuel Poupard (secrétaire général du SNJ) et Vincent Lanier, premier secrétaire général.

(*) Ubérisation: néologisme issu du nom de l'entreprise Uber, évoquant une concurrence sauvage dans tous les métiers, avec remplacement des salariés par des travailleurs indépendants et pauvres.


----------------------------------------------------------------------------------
Qualité de l'information : retrouver le sens du collectif

Le journalisme est une profession en perte d’identité. Une identité que seuls les journalistes peuvent restaurer. La confusion entre information et communication porte aussi bien sur le mélange des genres entres marketing, publicité et information que sur le mélange des rôles entre journalistes, politiques, animateurs, chroniqueurs etc... Contrairement à ces derniers, l'objectif unique des journalistes est l'intérêt du public à être honnêtement informé. Cet intérêt a pour corollaire la qualité de l’information.

Cette qualité passe par le respect de la charte d'éthique professionnelle des journalistes : « Le journalisme consiste à rechercher, vérifier, situer dans son contexte, hiérarchiser, mettre en forme (....) l’information. Il ne peut se confondre avec la communication ». Elle rappelle aussi que « son exercice demande du temps et des moyens quelque soit le support. Il ne peut y avoir de respect des règles déontologiques sans mis en œuvre des conditions d’exercice qu’elles nécessitent. La notion d’urgence (...) ne doit pas l’emporter sur le sérieux de l’enquête et la vérification des sources ».
Aujourd’hui, les intérêts économiques et particuliers s’opposent bien souvent à ces principes. Le SNJ appelle toutes les rédactions à bien prendre en compte les enjeux de cette situation, à respecter et faire respecter les fondamentaux de la pratique de notre profession, seul moyen de retrouver la fierté de son exercice et la confiance du public.
Cela passe par la défense ou le retour à une vie collective des rédactions. Cela suppose des échanges répétés avec les confrères tant sur le choix des sujets que sur leur réalisation et éventuellement sur la critique du travail produit, donc la réhabilitation de vraies conférences de rédaction ouvertes à tous les journalistes. Le SNJ s’oppose à l’éclatement des rédactions en entités distinctes (web, papier...etc) qui fragilise la qualité des contenus quand il ne s'accompagne pas des moyens matériels et humains adéquats et si tous les journalistes n'y bénéficient pas des mêmes garanties contractuelles. Le SNJ réaffirme l’indispensable reconnaissance juridique des équipes rédactionnelles.
La pression de l’immédiateté, la production multimédia imposées par les directions favorise l’erreur et le risque de mélange des genre. De même on ne doit pas exercer notre métier sous la pression de l’audience ou du « clic ». Une pratique qui se répand dans les rédactions où le journaliste est souvent contraint d’orienter son travail en fonction des mesures d’audience en direct. Le SNJ demande la déconnexion totale des salles de rédaction de ces mesures d’audience instantanée. Sourcer l’information, préciser les conditions de sa production, la contextualiser, séparer les faits des commentaire restent les pratiques de base garantes de la qualité. Contrairement à ce que certaines directions tentent d’imposer, les journalistes ne sont pas des producteurs de contenu destinés à rentabiliser les contenants.
Toulouse, le 06 Octobre 2017

mardi 26 septembre 2017

Total soutien à nos confrères mauriciens


Perquisitions, interrogatoires... Nos confrères et consoeurs du journal mauricien "L'Express" ont subi ce lundi 25 septembre d'inacceptables mesures de rétorsion, suite à la publication d'articles mettant en cause le ministre de la Justice. La publication de ces reportages a entraîné la démission du ministre. A 200 km de là, le Syndicat national des journalistes français, avec sa section Réunion-océan Indien, s'indigne de ces comportements anti-démocratiques dans un Etat pourtant doté d'institutions démocratiques.
Le SNJ soutient totalement les journalistes de L'Express, qui n'ont fait que leur travail d'information. L'information est à la fois un droit et un devoir dans une démocratie!

Lire également l'article de nos confrères de l'Express.
-------------------------------------------------------------------------------------------------------

Touchez pas aux sources de nos confrères mauriciens ! 

Le 25 septembre, trois de nos confrères du quotidien mauricien L'Express ont subi des interrogatoires et des perquisitions à leur domicile suite à la publication d'articles mettant en cause le ministre de la justice, Ravi Yerrigadoo, qui a remis sa démission. Une fois entendus, ces journalistes ont pu regagner leur domicile, mais depuis deux semaines, la police continue de mettre la pression sur d'autres journalistes de ce quotidien mauricien : elle essaie par tous les moyens de saisir leurs ordinateurs et téléphones mobiles dans le cadre de cette enquête.
Soutenus par le Syndicat national des journalistes français, avec sa section Réunionocéan Indien, nos confrères s’opposent à toute saisie de leurs biens pour protéger leurs sources d’information. Selon nos contacts à L'Express, d'autres employés (journalistes et chauffeurs) devraient être convoqués cette semaine dans le cadre de ce qu'on appelle le Yerrigadoogate.
Le SNJ condamne fermement ces pressions et rappelle que si ni la loi mauricienne, ni la loi britannique ne protègent le secret des sources, la Cour européenne des droits de l'homme consacre la protection des sources journalistiques. Une protection des sources qui est un des principaux fondements de la liberté de la presse. Nous devons absolument défendre cette exigence démocratique.
Fait à Saint-Denis, lundi 9 octobre 2017.

------------------------------------------------------------------------------------------------

mardi 19 septembre 2017

Non aux ordonnances Macron!

Le SNJ était déjà dans la rue le 12 septembre dernier. (Photo DR)

Grosses ou petites entreprises, peu importe. Les patrons de presse ont déjà pris de détestables habitudes: empêcher les journalistes d'êtres salariés, les faire travailler jusqu'au burn-out, baisser volontairement leurs cotisations (et leurs futures retraites), les obliger à utiliser des voitures personnelles sans indemnisation décente... Les ordonnances Macron leur permettront d'amplifier le chantage à l'emploi ("si vous ne renoncez pas à vos RTT l'entreprise devra fermer"). Lorsque ces ordonnances seront appliquées, chaque entreprise pourra imposer une augmentation du temps de travail, la suppression de certaines primes... Le contrat de travail ne vaudra plus rien.
Voulez-vous subir cela?
Le SNJ refuse ce retour au XIXe siècle et vous encourage à participer à la journée nationale d'action de ce jeudi 21 septembre à La Réunion, avec nos camarades de l'union syndicale Solidaires. Rendez-vous à partir de 9h30 au Petit Marché à Saint-Denis, pour défiler jusqu'à la préfecture. Le SNJ appelle tous les journalistes à faire grève.



dimanche 3 septembre 2017

Tout savoir sur la laïcité et les valeurs républicaines


Et si on discutait laïcité et valeurs républicaines? Ces thèmes traversent régulièrement notre actualité et nous interrogent, à la fois dans notre métier et dans nos vies personnelles. C'est pourquoi le SNJ propose à tous les journalistes de La Réunion de participer à une journée de sensibilisation sur le thème "Valeurs de la République et laïcité".
Au programme: définitions de la laïcité et représentations individuelles, repères historiques, environnement juridique et cadre d'application. Cette journée comprendra des temps de débats. Elle se déroulera samedi 21 octobre de 8h30 à 16h30 à Saint-Denis, dans un lieu que nous vous préciserons prochainement.
Bien entendu, cette rencontre entre confrères et consoeurs sera aussi l'occasion d'échanger sur toute question professionnelle, qu'il s'agisse de déontologie, de salaires, de carte de presse...
Les inscriptions se font auprès de la formatrice de la DJSCS (direction de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale): 0262 20 54 15, sylvie.tumoine@drjscs.gouv.frPour faciliter l'organisation de cette journée, veuillez vous inscrire avant le 14 octobre. Renseignements complémentaires: snjreunion@gmail.com.

jeudi 20 juillet 2017

Lettre ouverte à Jacques Tillier

Le Syndicat national des journalistes écrit au directeur général du Journal de l'île de La Réunion, qui s'en était pris publiquement, dans un éditorial, à notre représentante du SNJ Réunion-océan Indien.


Monsieur le Directeur général,

Ainsi que nous vous l’avons déjà exprimé il y a quelques jours dans un courrier resté sans réponse, c’est avec colère et effarement que le Syndicat National des Journalistes a pris connaissance de votre éditorial du 17 juin dernier, titré « Jacquet Hoarau, une vieille trique ». Par deux fois, dans ce texte, vous vous en prenez à la secrétaire générale de la section Réunion-océan Indien du SNJ, en la traitant de « Bécassine ». Certes sans la nommer, mais tous ceux qui la connaissent l’ont aisément reconnue dans cette succession de petites phrases empoisonnées.

Plusieurs confrères l’ont spontanément appelée pour lui manifester leur soutien dès la parution de ce brûlot ni drôle ni pertinent, juste destiné à vous justifier, en réponse à un communiqué du SNJ contestant la dérive actuelle du JIR, devenue « la voix de la Région » aux yeux de ses lecteurs.

Que vous ne soyez pas d’accord avec le contenu d’un tract syndical, c’est une chose. Que vous vous permettiez de dénigrer publiquement votre propre salariée, en maniant l’insulte, en est une autre, inadmissible. Cette attaque personnelle constitue une forme de pression intolérable sur une représentante du personnel, qui n’a fait que relayer l’expression des adhérents du syndicat, et plus généralement d’une partie de nos consoeurs et confrères réunionnais.

Cette attitude infantile et regrettable traduit une volonté évidente de bâillonner la section locale du SNJ, et notre consoeur, à qui vous vous êtes déjà permis -au nom de quoi ?- de « conseiller » d’arrêter de diffuser des tracts ! Alors que le JIR était jusqu’au 5 juillet dernier en situation de redressement judiciaire, la direction a tiré prétexte de ce contexte difficile pour faire passer d’inacceptables dérives éditoriales. C’est le rôle du SNJ, au nom des salariés, de dénoncer ces pratiques. C’est le rôle du SNJ, au nom des journalistes, de vous demander des comptes sur la politique éditoriale de l’entreprise. En effet, malgré les demandes répétées de la rédaction, la direction du JIR n’a jamais clairement affiché sa ligne éditoriale… tout en faisant pression sur les journalistes qui ne respecteraient pas cette ligne non dite.

Il fut un temps pas si lointain, en 2012, lors de vos derniers démêlés avec Philippe Hersant, où vous avez été bien content de trouver un soutien dans la profession et ses instances. Si vous avez la mémoire courte, ce n’est pas le cas du SNJ. Nous attendons des excuses, et un retour imminent à un mode de communication et un dialogue plus constructif avec nos représentants.

Alors que le JIR vient de franchir douloureusement le cap d’une période de redressement judiciaire qui a duré dix-huit mois, et abouti à la suppression de 35 emplois, le SNJ est persuadé que la presse écrite, à la Réunion comme partout ailleurs, a encore de belles pages à écrire, si tant est qu’elle parvienne à se renouveler et à tourner le dos à certaines pratiques dépassées. En clair, ce n’est pas avec ce genre de méthodes, et des écarts de langage sans intérêt, que le JIR retrouvera la confiance des lecteurs, assurera son avenir et la pérennité de l’emploi de ses salariés.

Lire le texte original sur le site du Syndicat national des journalistes.

dimanche 25 juin 2017

Journalistes de l'audiovisuel: tous en formation!


Journalistes, mensualisés ou pigistes et CDD, c’est le moment de demander une formation à votre employeur ou à l'Afdas ! Que vous souhaitiez évaluer ou améliorer vos compétences, développer votre employabilité ou mettre en œuvre une reconversion, n'attendez plus. L'Afdas (organisme paritaire qui collecte et redistribue les fonds de la formation dans les médias) constate une demande de formations en deçà des possibilités financières. Vos représentantes SNJ au Conseil paritaire de gestion « audiovisuel » à l’Afdas ont donc demandé d'augmenter les plafonds de financement pour les entreprises de l’audiovisuel.
         Selon les statistiques présentées le 15 juin au Conseil, 3 387 000 euros restent disponibles pour les entreprises de l’audiovisuel et leurs salariés d’ici fin 2017 pour des périodes de professionnalisation (formations qualifiantes sur 70 h minimum). L’Afdas peut même rembourser le salaire à hauteur de 13 euros de l’heure aux entreprises de moins de 11 salariés (plus de 5000 dans l’audiovisuel).  La demande de CPF (Compte personnel de formation, ex-DIF voir www.moncompteformation.gouv.fr), en augmentation, reste modeste. Le CPF, utilisable depuis peu pour le permis de conduire, sert majoritairement pour des cours de langues.
         On ne sait pas combien de journalistes ont demandé un CIF mais seuls 18 en ont bénéficié en 2016 (dont seulement quatre journalistes de France TV, contre 10 en 2015). Le CIF permet pourtant des formations longues, éventuellement en reconversion professionnelle.
         Ne pas oublier la nouvelle possibilités de CEP (Conseil en évolution professionnelle) et les dispositifs traditionnels de bilans de compétences (en CIF ou sur le CPF), VAE (valorisation des acquis de l’expérience) ou tout stage sur le plan de formation de l’entreprise, à la demande du salarié ou de l’employeur...
         Les journalistes peuvent s’inscrire aux stages de l’Afdas en management, efficacité professionnelle, gestion de projet, numérique, bureautique, PAO, langues étrangères, sécurité. Et, dès la rentrée de septembre 2017, ils pourront suivre des formations parmi celles sélectionnées par la commission paritaire "journalistes pigistes de presse" avec des tarifs négociés par l’Afdas. Le conseil de gestion de l’audiovisuel a choisi quatre des cinq domaines jugés prioritaires par la commission : data journalisme, écriture journalistique, outils de gestion des données, sécurité des personnes et des sources (voir  Afdas, offre clé en main pigistes).
          Alors rendez-vous sur le site de l'Afdas pour vous informer sur vos droits et sur l’offre de formation. Prenez rendez vous avec les permanents de l’Afdas pour être conseillé. Contact à La Réunion: 026292 10 43.