dimanche 20 mars 2016

Tous en grève jeudi 31 mars contre le projet El Khomri !

Manifestation à Saint-Denis (RDV 9 h au Petit-Marché)
Manifestation à Saint-Pierre (RDV 9h mairie)


Le 31 mars 2016, les organisations syndicales FO, CGTR, FSU, Solidaires et UNEF de La Réunion exigent le retrait de la loi EL KHOMRI et appellent à la mobilisation de tous les salariés du  public et du privé, chômeurs, retraités, étudiants et lycéens.

Après le Pacte de Responsabilité qui exonère le patronat de 41 milliards de cotisations sociales et fiscales et s'accompagne de 50 milliards de baisse des dépenses publiques, le travail du dimanche, la faiblesse des salaires, le gouvernement entend détruire le Code du Travail.

Ce projet de loi prévoit qu’un accord d’entreprise puisse déroger à la Convention Collective et au Code du Travail au détriment des salariés. Il n’y aurait donc plus de garanties ni protections collectives nationales en matière de temps de travail et de rémunération des heures supplémentaires. Chaque entreprise ferait alors sa "loi" et pourrait définir ses propres règles.

La hiérarchie des normes et le principe de faveur, qui constituent le socle des conquêtes sociales arrachées depuis plus d’un siècle, seraient détruits. Les salariés et leurs organisations syndicales seraient livrés, entreprise par entreprise, à l’arbitraire patronal.

La hiérarchie des normes protège les droits des salariés. En effet, elle prévoit que:
·                              une convention collective nationale (CCN) définissant les droits des salariés ne puisse qu’améliorer le Code du Travail ;
·                              un accord de branche ne puisse qu’améliorer la CCN ;
·                              un accord d’entreprise ne puisse qu’améliorer l’accord de branche
·                              un contrat de travail ne puisse qu’améliorer un accord d’entreprise.

Quant au principe de faveur, il prévoit que c’est la règle la plus favorable aux salariés qui s’applique lorsque plusieurs textes sont en concurrence.

C’est, entre autre cela que veut mettre à bas le gouvernement !
Celui-ci entend également autoriser voire inciter les licenciements sans motif, donnant carte blanche aux employeurs pour faire la loi chez eux et imposer leurs diktats aux salariés.

Les patrons seraient autorisés à licencier ou à baisser les salaires pour gagner des marchés ou rendre l’entreprise plus "compétitive", même en l’absence de difficultés économiques.

La voix de la majorité syndicale, la démocratie syndicale seraient bafouées par le référendum dans l’entreprise.

Aujourd’hui, le monde du travail et la jeunesse sont en danger.
Ce projet ne créera pas d'emplois, au contraire !

TOUS ENSEMBLE, ORGANISONS LA RIPOSTE
EXIGEONS LE RETRAIT DE LA LOI EL KHOMRI !

QUELLES SERAIENT LES CONSEQUENCES POUR LES SALARIES ?

Ø    Possibilité de 12 h de travail par jour et 60 h par semaine
Ø    Modulation du temps de travail jusqu'à 3 ans, et heures supplémentaires sous payées voire pas payées du tout mais seulement compensées
Ø    Des CDD sur des emplois permanents au lieu des CDI !!!
Ø    Licenciement pour motif personnel et non plus économique si un salarié refuse une baisse de salaire ou une modification de son contrat de travail
Ø    Barème indicatif des indemnités de licenciement
Ø    Fin des accords à durée illimitée (ainsi les droits et garanties acquis par les salariés pourraient constamment être remis en cause)

Ø    Référendum dans les entreprises pour imposer des accords et contourner les syndicats majoritaires qui s’y opposent


vendredi 11 mars 2016

Pas touche à la protection des sources !

Manifestation de soutien à Charlie Hebdo, janvier 2015, Saint-Pierre.
Mais que fait la police ? Mercredi, un de nos collègues du Journal de l'île, faits-diversier à Saint-Pierre, a eu à faire face à des pressions de la part de la police, une officière des « boeufs carotte » lui demandant ni plus ni moins, avec insistance, que de « balancer » ses sources, au mépris des règles les plus élémentaires du droit et de notre déontologie professionnelle.

Ce collègue avait été convoqué au commissariat de Saint-Pierre dans le cadre d’une enquête préliminaire ordonnée par le procureur de Saint-Pierre pour « violation du secret professionnel ». Le magistrat soupçonne des fuites dans une affaire de décès suspect.

En concertation avec sa rédaction en chef, le journaliste du JIR s'était rendu de lui-même au commissariat. Mais une fois sur place, à son grand étonnement, il s'est trouvé confronté à une capitaine de l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) qui a entrepris avec insistance de lui tirer les vers du nez. A deux reprises, elle lui demandé s’il avait été en contact avec l’un des policiers visés par l’enquête et s’il avait eu « connaissance de détails judiciaires ». « Je n'ai pas à vous répondre », a simplement, et fort justement, répondu notre collègue.

Ce faisant, il a fait honneur à notre charte d’éthique professionnelle, selon laquelle un journaliste digne de ce nom « garde le secret professionnel et protège les sources de ses informations ».

On ne peut pas dire autant de cette officier de l'IGPN, qui devrait pourtant savoir que la protection des sources des journalistes est garantie par le droit français et européen. Et notamment  par l'Article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme, dont la jurisprudence souligne qu'il s'agit d'« une des pierres angulaires de la liberté de presse ».

La Commission nationale consultative des droits de l'Homme, elle, rappelle que «  protéger le secret de sources des journalistes ne tient pas à la nécessité de défendre un intérêt corporatiste des journalistes : c’est une garantie essentielle pour le fonctionnement de notre démocratie ».


Le SNJ Océan Indien apporte son entier soutien à ce collègue et dénonce fermement toute tentative de pression et d'intimidation visant à porter atteinte à la liberté d'expression et aux valeurs de notre profession.

mercredi 3 février 2016

Soutien à nos confrères du JIR en redressement judiciaire

Les salariés du JIR devant le tribunal de commerce de Saint-Denis. (Photo SNJ)
Le Journal de l'île a été placé ce mercredi 3 février en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Saint-Denis. Cette procédure permet à l'entreprise de continuer à fonctionner et à payer les salaires. Elle entraînera vraisemblablement la négociation d'un plan social. Bien entendu, le Syndicat national des journalistes continuera à soutenir les salariés pendant ces jours difficiles. 
Voici le communiqué diffusé par les élus du comité d'entreprise du JIR, où siègent quatre élus du SNJ: 

            Comme l'édito du président du JIR, Abdoul Cadjee, l'avait annoncé le 28 janvier dernier dans nos colonnes, le JIR a demandé aujourd'hui l'ouverture d'une procédure collective : le tribunal de commerce de Saint-Denis vient de prononcer le placement en redressement judiciaire de l'entreprise. L'étude Baronnie-Langet, qui suivait déjà le groupe Cadjee ces derniers mois, et l'étude Chavaux-Picard ont été nommés co-administrateurs judiciaires.
            A l'instar de nombreux titres en métropole, le JIR fait face aujourd'hui à des difficultés financières importantes. Malgré tout, les 157 salariés de l'entreprise ne baissent pas les bras et continuent de se battre. Nous espérons maintenant que le travail entamé par l'administrateur, en collaboration avec la direction, permettra de relancer le titre. Les élus du comité d'entreprise seront eux très vigilants sur le volet social.
            En 65 ans d'existence, le JIR a affronté de nombreuses tempêtes... Nous souhaitons que cette épreuve permette au journal d'être encore le témoin privilégié des prochaines pages de l'histoire de notre île.


lundi 1 février 2016

Free Dom flique pour mieux licencier

Ce n’est pas une surprise : notre consœur Maryline Dansi a reçu le 28 janvier dernier une lettre de Free Dom lui annonçant son « licenciement pour faute grave » (voir ci-dessous). Comme nous l’avons précédemment écrit, cette « faute grave » est en réalité un catalogue d’accusations toutes plus absurdes les unes que les autres.

Dans cette affaire, le SNJ note une innovation patronale. A partir du moment où notre consœur a saisi le conseil des Prud'hommes pour faire valoir ses droits, Free Dom a mis en place un système inédit de flicage des journalistes : obligation d’envoyer un SMS au début et à la fin de chaque reportage (ou quand un reportage dure plus d’une heure) pour informer la responsable d’antenne (qui n’est pas journaliste) ; obligation de remplir quotidiennement des « fiches terrain », etc (lire ci-dessous).

Au SNJ nous avions tout de suite compris qu’il s’agissait là d’une méthode censée démontrer que notre consœur ne faisait pas son travail. C’est exactement ce qui s’est passé : dans la procédure au tribunal des Prud’hommes, Free Dom accuse notre consœur d’avoir menti en déclarant ses heures de travail, par exemple sur le déferrement du juge Karki. Alors que tous les confrères savent que ce jour-là elle a passé sa journée et une partie de la nuit au tribunal, Free Dom affirme qu’elle n’a travaillé que "21 minutes". Puis l'employeur change d'avis et parle de "cinq heures" de travail dans la journée!

Free Dom lui reproche aussi de ne pas avoir travaillé pour Free Dom2, alors que ces tâches ne sont nullement prévues par son contrat de travail.

L’employeur accuse Maryline d’avoir proféré des « menaces » et affirme que des exemples lui ont été donnés lors de l’entretien préalable au licenciement. Il n’en est rien : Camille Sudre s’est contenté de demander avec insistance à notre consœur si elle avait bien formulé des menaces… ou si elle aurait pu les proférer!

Nous notons par ailleurs que Maryline n’a pas pu être assistée lors de son entretien préalable au licenciement, puisque la déléguée du personnel lui a refusé son assistance.
Free Dom aura bien du mal à prouver toutes ses accusations contre Maryline, notamment sa « volonté de nuire à la radio », devant le conseil des prud'hommes. Le SNJ continuera d’y soutenir  notre consoeur pour faire respecter les droits des journalistes et leur convention collective.




La "fiche terrain" obligatoire chez Free Dom:

Une "fiche terrain" doit être remplie chaque jour. Il faut mentionner un intitulé pour chaque reportage, le lieu, l’heure de début et l’heure de fin du reportage, le nombre de sonores envoyés, le nombre de kilomètres effectués pour chaque reportage, si des heures supplémentaires ont été réalisées, le nom de l’avaliseur pour les heures supplémentaires, le nombre d’heures passées à la radio, le motif de présence à la radio, le nombre total de kilomètres effectués au cours de la journée de travail... Pourtant les déplacements ne sont pas indemnisés sur la base de frais kilométriques, et le temps de trajet entre deux reportages est parfois contesté par l’employeur qui préfère se fier à Mappy. Lors des 6 derniers mois, près de 5 modèles différents de "fiches terrain" ont été imposés au personnel, avec de nouvelles cases à remplir à chaque fois.

mardi 26 janvier 2016

Cartes de presse: "premières demandes" en chute libre



Il est encore trop tôt pour établir un bilan des cartes de presse délivrées à la Réunion et à Mayotte. Ce début d’année coïncide avec la période de renouvellement et il faut attendre quelques semaines, que la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels (CCIJP) ait achevé ce lourd travail pour savoir combien "d’encartés" comptent La Réunion et Mayotte.

Malgré tout, on peut déjà établir le détail des "premières demandes". Avec un constat alarmant: ce nombre est en net recul. Huit premières demandes ont été effectuées à La Réunion en 2015. On en avait dénombré 13 en 2013 et 16 en 2014. Toutes ont abouti à des réponses favorables.

Parmi ces 8 premières demandes, 3 émanent de la presse écrite, 3 de la télévision, 1 de la radio et 1 d’un site Internet. Au niveau de la parité hommes/femmes, c’est l’égalité parfaite, avec 4 demandes de chaque côté. A ce bilan réunionnais, il faut ajouter les 3 cartes demandées (et attribuées) par des journalistes mahorais, une pour la presse écrite et deux pour la TV.

Alors que le nombre total de premières demande diminue assez peu dans l’ensemble des Dom-Tom (34 en 2015 contre 38 en 2014), la chute libre enregistrée à La Réunion est inquiétante. A l’heure où les employeurs négligent de plus en plus le statut des journalistes, la carte de presse est un vrai moyen de résistance, pour la reconnaissance d’une profession, la reconnaissance de ses droits et de ses missions.

Flavien Rosso, correspondant régional de la CCIJP


vendredi 22 janvier 2016

Une journaliste peut-être virée pour un reportage trop long

Le SNJ et l'union Solidaires manifestaient leur soutien à Maryline ce vendredi 22 janvier, juste avant son entretien préalable. (Photo DR)

On n'arrête pas le progrès!
Grâce à Radio FreeDom, la jurisprudence française risque d'évoluer. On va désormais pouvoir licencier une journaliste pour les raisons suivantes (vous avez le droit de cocher plusieurs cases):
- Reportage supérieur à 1 heure de temps, sans autorisation de dépasser l'heure;
- Reportage durant 4 heures et 20 minutes (dont des interventions en direct sur l'antenne) sur un fait-divers qui a mobilisé tous les médias de l'île;
- Texto envoyé à un collègue : "Dieu est grand et voit tout", considéré comme propos menaçant;
- Pas d'envoi de sms pour rendre compte des débuts et fins de reportage;
- Refus d'assurer le standard de FreeDom, une tâche qui ne relève pas du journalisme.
Cette volonté de licencier pour ces motifs (et quelques autres du même niveau) sont en tout cas la volonté affichée par le patron de la radio à la colombe, qui a convoqué ce vendredi 22 janvier notre consoeur Maryline Dansi en entretien préalable au licenciement.
Le SNJ et l'Union syndicale Solidaires réfutent toutes ces accusations, toutes plus absurdes les unes que les autres.
Il faut savoir que notre consoeur a déposé une requête auprès du Conseil des Prud'hommes en 2014 pour faire valoir ses droits. Nous attendons que la justice se prononce et nous sommes convaincus que cette procédure de licenciement est une tentative d'intimidation de notre consoeur.
Nous ne nous laisserons pas abattre.
Nous notons qu'elle fait l'objet d'une mise à pied conservatoire, une procédure normalement destinée à des personnes dangereuses pour l'entreprise, en les privant de leur salaire.
Nous envoyons toutes nos amitiés à Fredo Rivière, récemment licencié de Free Dom pour des motifs tout aussi ridicules et qui a entamé une procédure aux Prud'hommes.

Véronique Hummel, secrétaire du SNJ 974       

Nous appelons tous les journalistes à diffuser cette information sur Twitter avec le hashtag #freedommokentole

Et pourquoi ne pas appeler la libre antenne de FreeDom (0262 99 12 00) pour demander des explications? La libre antenne, c'est fait pour ça!


La revue de presse:

Le Quotidien de La Réunion 24/01/2016.

L'HISTOIRE

Freedom, la colombe qui maltraite les journalistes

C’est pourtant Freedom qui avait débauché notre consoeur Maryline, ayant remarqué son professionnalisme sur une autre antenne. Confiante, Maryline Dansi avait rejoint avec enthousiasme la radio à la colombe en juillet 2012. Mais elle a vite déchanté. Car dès qu’elle a osé demander le paiement des heures de nuit et l’équité dans le paiement des heures supplémentaires, sa situation est devenue très difficile. Elle a demandé l’application de la convention collective : à partir d’août 2013 elle a reçu des lettres lui reprochant des choses aussi absurdes que de laisser volontairement dormir un collègue dehors pendant une nuit de cyclone.
Maryline a craqué, a dû être hospitalisée… Grâce au SNJ elle a obtenu l’application de la Convention collective mais Freedom ne lui a pas payé l’intégralité du 13e mois. Tout est bon pour l’embêter, y compris la faire travailler systématiquement tous les week-ends depuis trois ans, alors que le Code du travail indique qu’il faut organiser un roulement entre les salariés. L’employeur insinue même qu’elle n’effectue pas ses horaires de travail !
Maryline a saisi le conseil des Prud’hommes, où elle a expliqué qu’elle subissait une forme de harcèlement. Sans surprise, Freedom a nié ces accusations. Freedom se fait passer pour la radio de la solidarité réunionnaise ; en réalité elle maltraite ses journalistes comme n’importe quel gro zozo maltraite ses ouvriers dans ses plantations.