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samedi 24 décembre 2016

Les journalistes doivent avoir accès au tribunal !

                              
(Photo d'illustration)

Pourquoi le procureur de Saint-Pierre demande-t-il aux journalistes de « limiter (leur) présence (…) aux lieux dans lesquels se tiennent des audiences publiques » ? Interloqués par cette exigence pour le moins étrange, nos confrères se sont renseignés. Ils ont compris que le magistrat leur reproche de passer trop de temps dans des lieux pourtant accessibles au public, comme le greffe ou le couloir qui y mène.
Le Syndicat national des journalistes s’étonne de cette requête formulée dans un courriel envoyé ce 23 décembre à tous les journalistes qui couvrent les « faits divers » dans le Sud. Car c’est au greffe que peuvent être obtenues des informations aussi importantes que les comparutions immédiates et les jugements. Cette demande est d’autant plus surprenante que nos confrères de Saint-Pierre ont toutes les peines du monde à accéder aux audiences –publiques- du juge des libertés et de la détention, alors que la loi prévoit le libre accès du public. Quelle mouche a donc piqué le procureur pour qu’il cherche à restreindre encore plus l’accès du tribunal aux journalistes ?
Premier syndicat de la profession, le SNJ demande au procureur de revenir sur sa demande et de respecter le droit à l’information du public. Les journalistes doivent pouvoir exercer leur métier sans contrainte, dans le respect de la loi.

Fait à Saint-Denis, le 23 décembre 2016

lundi 9 février 2015

« Je suis Charlie », c’est tout le temps

Saint-Pierre, 11 janvier 2015.

Un mois après l’exceptionnelle mobilisation pour la défense de la liberté d’expression et de la presse, suite aux attentats de janvier 2015, il ne faut pas s’endormir. Nous avons proclamé partout « Je suis Charlie » pour exprimer notre soutien sans faille aux journalistes assassinés et à tous ceux qui sont encore menacés (*).
Un mois après les quatre rassemblements réunionnais, où nous avons vu quasiment tous les élus politiques nous rejoindre (quelle belle unanimité !), il serait temps que les responsables politiques et les élus se posent la question de la liberté de la presse sur leur propre territoire, et qu’ils balaient devant leur porte.
Le SNJ n’a pas la mémoire courte. On se souvient des journalistes interdits de couvrir le conseil municipal dans certaines mairies ; de tracts orduriers et diffamatoires mettant en cause un journaliste ; de journalistes menacés ou frappés lors de reportages. Sans oublier la double agression du 15 septembre 2012, lorsqu’un journaliste a été roué de coups lors d’une conférence de presse, par des proches d’un député-maire. Lequel ne s’est pas gêné pour parader dans les rassemblements de janvier 2015… Le SNJ a d’ailleurs appris avec satisfaction que la Justice allait rouvrir ce dossier, honteusement classé. Le SNJ se constitue partie civile pour cette affaire.

                                                                        Le bureau du SNJ 974

(*) Cela n’oblige d’ailleurs personne à lire des journaux dont le contenu lui déplaît : la liberté d’expression est un droit et non un devoir.

 
Saint-Denis, parvis des Droits de l'homme, 8 janvier 2015.

vendredi 11 juillet 2014

Scoop : il ne s’est rien passé le 15 septembre 2012 !

(Copie d'écran du site ipreunion.com)
On ne sait s’il vaut mieux en rire ou en pleurer. Le 10 juin dernier, le procureur de la République de Saint-Denis rendait un « Avis de classement » concernant les violences exercées le 15 septembre 2012 contre deux journalistes dans l’exercice de leurs fonctions, alors qu’ils couvraient une conférence de presse du député Thierry Robert devant la préfecture à Saint-Denis.
Il a donc fallu presque deux ans à la justice pour estimer qu’il ne s’était rien passé ce jour-là. Ou si peu… Dans le document envoyé à notre confrère Edouard Marchal (frappé à coups de pieds et de poings, jeté à terre), il est écrit : « la personne qui a commis l’infraction dont vous avez été victime n’a pas été identifiée. Il est possible que dans votre plainte, vous ayez visé quelqu’un que vous soupçonniez ; mais dans ce cas, l’enquête n’a pas permis de trouver des preuves suffisantes contre cette personne. Par conséquent, il n’est pas possible de poursuivre cette affaire. En cas d’élément nouveau, vous serez tenu informé ».
Le Syndicat national des journalistes en reste bouche bée. Les photos et vidéos de cet incident sont encore visibles en ligne. Certes, depuis, certains visages ont été floutés. Mais ces documents sont suffisamment clairs pour que la justice puisse identifier les agresseurs. Ah, c’est vrai, l’un des articles est en accès payant. Mais si la justice est trop pauvre pour l’acheter, le SNJ se fera un plaisir de lui offrir la somme de 0,79 € pour lui permettre cet achat.
Le SNJ, premier syndicat de la profession, s’étonne du classement des plaintes de notre confrère Edouard Marchal et de notre consoeur Maïmouna Camara. Le député Robert a-t-il été entendu par la justice sur les agissements de ses proches ? Car si la justice ne connaît pas les noms de l’ensemble des personnes présentes ce jour-là, elle connaît forcément celui du député.
Encore une fois, la justice semble protéger les élus et gens de pouvoir au détriment des victimes. Le SNJ se réserve le droit de contester cette décision de classement, et de faire le maximum pour que justice soit faite.

Les liens vers les articles en ligne :
http://www.clicanoo.re/index.php?page=archive.consulter&id_article=339432&acheter=oui