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mercredi 1 avril 2015

Comité national: difficile après-Charlie

Le SNJ, premier syndicat de la profession, a tenu vendredi 27 et samedi 28 mars son comité national à Paris. Voici les principaux points abordés par ce qui est le Parlement du Syndicat national des journalistes.


Esprit Charlie, où es-tu ? La profession a été secouée par un tremblement de terre le 7 janvier dernier avec l’attentat contre Charlie Hebdo. Spontanément, et bien au-delà des entreprises de presse, un mouvement pour la défense de la démocratie et de la liberté de la presse s’est levé dans tout le pays. Les initiatives se sont multipliées, dont beaucoup avec le SNJ à leur tête, pour faire perdurer ce qui a été appelé « l’esprit du 11 janvier ».
Mais aujourd’hui, force est de constater que cette liberté d’expression est en danger.
Par les menaces d’État d’abord. Avec le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) qui s’érige en censeur de la déontologie des journalistes. Mais aussi avec les projets de loi, comme celui sur « le secret des affaires » dans la loi Macron ou la protection des sources. Heureusement, ces projets ont été retirés au tout dernier moment, mais il faut rester vigilant, car c’est à un véritable détricotage de la loi sur la presse de 1881 que s’attellent les pouvoirs publics.
Autre menace, la crise économique. Comme il est écrit dans un communiqué, rédigé à la fin du comité national, « sous l'alibi de l'austérité imposée, les rédactions et les journalistes se voient donnés un tour de vis supplémentaire : salaires bloqués, moyens sacrifiés, tâches accumulées et multipliées, mises en cause générales des droits des salariés, succession de plans dits "sociaux", développements accélérés des souffrances au travail. » La profession n’en peut plus et lors de ce comité, les différents rapports des sections ont montré le ras-le-bol généralisé. Surtout que l’État ne respecte pas ses promesses, sur les réformes des aides à la presse, la reconnaissance juridique de l’équipe rédactionnelle et l’instance nationale de déontologie.

Voir ici la vidéo: http://www.ccijp.net/
Les élections à la CCIJP. Tous les trois ans, les titulaires de la carte de presse élisent leur représentants à la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP). Seize représentants des journalistes sont élus à la commission de première instance (8 titulaires et 8 suppléants), trois à la commission supérieure (1 titulaire et 2 suppléants) et trente-huit en région (1 titulaire et 1 suppléant par région).
Aux élections de 2012, le SNJ a remporté 51% des voix, une progression de +2% par rapport à 2009. Cette année, avec des élections prévues du 24 avril au 12 mai, le but sera de faire aussi bien. Mais surtout d’atteindre le quorum, que l’on n’a plus atteint depuis quatre scrutins. En 2014, 36 317 cartes ont été distribuées, il faut donc pour le quorum, un peu plus de 18 000 votants. C’est dans cette optique que le SNJ, seul syndicat à présenter des candidats à tous les niveaux de décision, doit faire campagne et mobiliser bien au-delà de ses adhérents.

Les dernières évolutions législatives sur la représentativité des organisations syndicales. La loi du 20 août 2008 a modifié le paysage syndical. Elle favorise les grandes centrales et limite l'influence des petites ou des syndicats catégoriels, comme le nôtre. Ainsi, un syndicat catégoriel ne peut appeler seul à un mouvement de grève dans une entreprise ou signer un accord intercatégoriel. De plus, malgré son combat datant de nombreuses années, le SNJ a échoué à rendre obligatoire le collège "journalistes" dans les entreprises de presse. Enfin, les syndicats comme le nôtre sont aussi frappés au portefeuille. D’où un débat lors de ce comité pour que le SNJ puisse, à l’avenir, conserver et accroître son influence. Débat qui se prolongera au Congrès en octobre prochain.

La parité dans nos instances. Selon les dernières statistiques de l’Insee, la France compte 51,6% de femmes et 48,4% d’hommes. La profession de journaliste est un peu en décalage avec 54% d’hommes et 46% de femmes. Le SNJ l’est encore plus dans ses instances de décision. Si la liste pour les prochaines élections à la CCIJP respecte la parité avec 29 hommes et 28 femmes, le Bureau national du SNJ est constitué de 80% d’hommes pour seulement 20% de femmes, tandis que le ratio au sen du comité national est de 62% d’hommes et 38% de femmes. Le débat au comité national, samedi matin, a donc porté sur les moyens à mettre en œuvre pour la parité. Faut-il recommander ou contraindre ? Finalement, le comité national a décidé de donner un signal fort de volontarisme. L’idée d’un congrès extraordinaire pour modifier les statuts, afin d’aller vers cette parité a été adoptée. En octobre prochain, il sera donc adossé au congrès ordinaire qui se déroulera près de Marseille.

La réforme du bulletin de paye. Dans la droite ligne du choc de simplification voulu par le président de la République, un projet de réforme du bulletin de paie est envisagé pour le 1er janvier prochain. La principale idée de cette réforme est de « raboter » quelques lignes dans le bulletin, et notamment les cotisations patronales. Le comité national a rappelé sa plus grande réserve sur ce point. Si les cotisations n’apparaissent pas sur la feuille de paie, le salarié ne saura pas si son employeur les paie réellement. Ce qui peut être fort préjudiciable en cas de chômage ou lors du départ à la retraite.
Certes, la loi pourrait contenir une obligation pour l’employeur de délivrer un récapitulatif annuel des cotisations qu’il a versées. Or, dans un groupe de presse français, où certaines cotisations patronales n’apparaissent déjà pas sur les feuilles de paie, cette obligation qui existe dans le code du travail n’est pas respectée. Il y a donc le risque qu’elle ne le soit pas non plus dans l’avenir. Pour toutes les autres entreprises de presse.
Le SNJ demande donc qu’une véritable concertation sur cette réforme soit ouverte et que ce point crucial soit abordé.

 Compte rendu: Flavien Rosso 


lundi 9 février 2015

« Je suis Charlie », c’est tout le temps

Saint-Pierre, 11 janvier 2015.

Un mois après l’exceptionnelle mobilisation pour la défense de la liberté d’expression et de la presse, suite aux attentats de janvier 2015, il ne faut pas s’endormir. Nous avons proclamé partout « Je suis Charlie » pour exprimer notre soutien sans faille aux journalistes assassinés et à tous ceux qui sont encore menacés (*).
Un mois après les quatre rassemblements réunionnais, où nous avons vu quasiment tous les élus politiques nous rejoindre (quelle belle unanimité !), il serait temps que les responsables politiques et les élus se posent la question de la liberté de la presse sur leur propre territoire, et qu’ils balaient devant leur porte.
Le SNJ n’a pas la mémoire courte. On se souvient des journalistes interdits de couvrir le conseil municipal dans certaines mairies ; de tracts orduriers et diffamatoires mettant en cause un journaliste ; de journalistes menacés ou frappés lors de reportages. Sans oublier la double agression du 15 septembre 2012, lorsqu’un journaliste a été roué de coups lors d’une conférence de presse, par des proches d’un député-maire. Lequel ne s’est pas gêné pour parader dans les rassemblements de janvier 2015… Le SNJ a d’ailleurs appris avec satisfaction que la Justice allait rouvrir ce dossier, honteusement classé. Le SNJ se constitue partie civile pour cette affaire.

                                                                        Le bureau du SNJ 974

(*) Cela n’oblige d’ailleurs personne à lire des journaux dont le contenu lui déplaît : la liberté d’expression est un droit et non un devoir.

 
Saint-Denis, parvis des Droits de l'homme, 8 janvier 2015.

samedi 10 janvier 2015

Hommage en noir et blanc ce dimanche midi


Voir les photos de cette journée sur notre page spéciale.


En noir, en blanc, en noir et blanc, avec des fleurs ou des crayons, 
venez rendre un hommage silencieux aux victimes des attentats contre le journal Charlie Hebdo, à celle de Montrouge et celles de la Porte de Vincennes.  
Rendez-vous à partir de ce dimanche 11 janvier à midi sur le Parvis des Droits de l’Homme à Saint-Denis et place du Pilon à Saint-Pierre. 
Si vous ne pouvez-vous déplacer à Saint-Denis : déposez des fleurs ou des crayons près des monuments rappelant les combats pour la Liberté : monuments aux morts, monuments commémorant l’abolition de l’esclavage, lieux rappelant la révolte d'esclaves de 1811, la Résistance, la France Libre…

Voici la tribune que nous avons proposée à la presse réunionnaise:


Nous sommes Charlie,
Nous sommes la République !


Le 7 janvier 2015, l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo a été la cible d’une attaque meurtrière, coûtant la vie à douze personnes: journalistes et policiers, agent d’entretien et économiste, correcteur  et médecin, militant associatif de passage. A côté de ces morts, plusieurs blessés sont à déplorer, sans oublier les survivants de ce massacre qui ont vu leurs amis se faire abattre froidement.
Derrière les décès d’Elsa, Franck, Frédéric, Ahmed, Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Bernard, Honoré, Mustapha et Michel, c’est toute la France qui est touchée. Cet acte de guerre dirigé contre la presse signifie que des individus fanatisés veulent s’arroger le droit d’interdire la parole libre. Cet insupportable acte de barbarie signifie aussi le refus de la démocratie. Dans une démocratie, on s’engueule parfois, on se moque les uns des autres aussi, on dialogue souvent, mais on ne se tue pas pour des idées.
Spontanément, et par delà les différentes appartenances politiques, les citoyennes et les citoyens de France ont montré leur attachement au vivre ensemble. Jeudi, la Réunion a répondu présent à cet appel. Personne n’est libre, si la parole est interdite. Il n’y a plus d’égalité, si les uns ou les autres s’arrogent le droit de décider de la vie des autres. Il n’y a plus de fraternité et donc plus de République si la liberté et l'égalité sont bafouées.
Pourtant, certains entendent profiter de la situation pour diviser le pays. Ici, ce sont des attaques contre des mosquées, là des actes racistes. La France s’est construite avec des citoyens qui croyaient au ciel et avec d’autres qui n’y croyaient pas.  Beaucoup sont morts pour qu’un jour Charlie Hebdo ait le droit de dessiner des caricatures et d’informer.
Il faut prolonger ce moment d’unité pour signifier notre double attachement à la liberté de la presse et à une France qui n’exclut pas. Nous, citoyens vivant à La Réunion, savons mieux que quiconque l’importance du vivre ensemble. Nous, citoyens vivant à La Réunion, sommes attachés à une presse sans complaisance pour remporter les combats de liberté, d’égalité et de fraternité. Ne laissons rien ni personne nous diviser. Nous sommes Charlie.

Ce texte a été signé par:
SNJ Réunion, Unef, Unité SGP Police 974, Sud Education, Se Unsa, Parti socialiste, Unsa, FSU, Saiper-Pas 974, Céméa, AID, Ufal, Snes FSU, Snalc-FGAF, Solidaires, Parti de Gauche, Debout la France, MRC Réunion, Sgen CFDT, Europe Ecologie Les Verts, Les Alternatifs 974/Espoir, Ensemble !, SDUCLIAS-FSU, Jeunes populaires (UMP), Ligue des Droits de l’Homme, CGTR, UDI, Huguette Bello députée, Nassimah Dindar présidente du Conseil général, Monique Orphé députée, Attac Réunion, Artic Réunion, PCR, CFE-CGC, Amis du Monde diplomatique, Debout La Réunion, Parti radical de gauche, CFDT-UIR 974, Didier Robert (sénateur, président de région Réunion), Amnesty International La Réunion Nord. 


mercredi 7 janvier 2015

A La Réunion et à Mayotte aussi, nous sommes tous Charlie

Voir également l'actualité de cette journée 

sur notre page spéciale



Rassemblement ce jeudi 8 janvier à 13 heures 

parvis des Droits de l’Homme (Champ-Fleuri) à Saint-Denis
et place de la Victoire à Saint-Pierre (à coté petit boulevard de la plage)


Choqué par l’odieux attentat qui a frappé le journal Charlie Hebdo et coûté la vie à plusieurs journalistes ainsi qu’à des policiers, le SNJ Réunion-océan Indien appelle à un rassemblement ce jeudi 8 janvier, à partir de 13 heures, pour observer une minute de silence en hommage aux victimes et rappeler l’attachement de tous à la liberté de la presse, pilier de la démocratie et garante des libertés fondamentales : d’expression, d’information et de conscience.

A Mayotte, rassemblement à 14 heures à Mamoudzou, place de la République.