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mardi 1 janvier 2019

Cotisations à la Sécurité sociale : 1 chiffre à retenir, 1 vérification à faire

Un bulletin de paie illégal (et parfaitement authentique). Avez-vous vérifié le vôtre?

Voici quelques repères pour bien commencer l’année 2019.
Si un(e) journaliste perçoit en 2019 moins de 48 124 € sur l’année, soit 3702 € brut x 13 mois, il (elle) doit réfléchir à deux fois avant d’opter pour l’abattement de 30% sur les cotisations de Sécurité sociale.

1.      Pourquoi 48 124 € brut annuels ?
a)      Parce que le plafond annuel de la Sécurité sociale, sur lequel sont calculées les cotisations sociales, est fixé pour 2019 à 40 524 €. Au-delà de cette somme, le montant des cotisations ne changera rien pour nos futures prestations (retraite, congés de maternité, arrêts de travail pour maladie ou accident…).
b)      Parce qu’à cette somme, le(la) journaliste doit ajouter 7600 € au salaire brut, au titre du plafond (à ne pas confondre avec celui de l’allocation fiscale, 7650 €). Si le (la) journaliste ne veut subir aucun préjudice pour sa retraite, il faut donc avoir au moins 48 124 € de salaire brut annuel en 2019.

2.      Que se passera-t-il si, en gagnant moins de 48 124 € par an, on accepte l’abattement de 30% ?
L’abattement faussement appelé « social » de 30% entraîne de lourds préjudices sur nos retraites futures et sur les remboursements de Sécurité sociale. Le SNJ déconseille cet abattement. A fortiori si les retraites complémentaires et le chômage y sont abusivement inclus.

3.      A quel âge faire attention ?
A tout âge. Dans les carrières traditionnelles, les 25 années les mieux payées sont souvent les dernières, il faut donc s’inquiéter 25 ans avant 62 ans, c’est-à-dire à partir de 37 ans. Mais ce modèle est de moins en moins vrai. A 30 ans, aucun journaliste ne peut savoir s’il aura encore un emploi à 50 ou 60 ans. Il est donc important de cotiser au maximum dès le départ. Il faut être particulièrement vigilant lorsqu’on débute. Ne contribuez pas à affaiblir votre retraite, le gouvernement et les patrons le font déjà assez !

4.      Vérifiez votre bulletin de paie       
Si le chiffre mentionné à la ligne « Total brut » (en haut du bulletin) n’apparaît pas systématiquement à toutes les lignes de la colonne « Base » dans la suite du bulletin, sachez que l’abattement de 30 % est probablement appliqué par l’employeur. Si vous n’avez pas explicitement donné votre accord par écrit, c’est illégal. L’employeur vous racontera que cet abattement augmente votre salaire net. C’est vrai… mais il vous prive de votre « salaire différé », c’est-à-dire de nombreuses prestations dont vous aurez besoin plus tard.

5.      Consultez la permanence « bulletin de paie-fiscalité » du SNJ en cas de difficulté.

ET BONNE ANNEE 2019 A TOUS !


PS: pour en savoir plus sur les abattements ou suppressions de cotisations sociales: https://solidaires.org/video-Augmentation-de-salaires-Attention-a-l-arnaque

dimanche 6 mai 2018

1er Mai travaillé: payé double et récupéré



La fête du Travail, le 1er mai, a une place particulière dans le calendrier: c'est un  jour férié et chômé.

Ce qui entraîne une conséquence sur nos bulletins de salaires du mois de mai. Pour les journalistes, l'application des textes se résume ainsi:
1. La Convention collective nationale des journalistes inclut le 1er mai dans les jours fériés dont le travail prête à rémunération.
2. Le Code du travail établit une distinction, à propos du travail du 1er mai, pour les établissements qui, en raison de leur activité, ne peuvent interrompre le travail. Pour ces établissements, dont la presse fait partie, les salariés ont droit, en plus de leur salaire correspondant au travail accompli, à une indemnité égale au montant de ce salaire.
3. L'indemnité spéciale s'ajoute au repos compensateur prévu par la Convention collective.
4. Le travail du 30 avril ne peut être considéré comme une anticipation du travail du lendemain.
Conclusion: les journalistes qui ont travaillé le 1er mai ont droit à la récupération de ce jour ET A SON DOUBLE PAIEMENT (*).

(*) Merci à François Boissarie, comité national du SNJ.

dimanche 22 octobre 2017

Syndiquez-vous!

Sans adhérents, un syndicat n'a plus de sens. Et ça fait rigoler les patrons, les institutions, les élus et les pouvoirs publics. C'est d'ailleurs une antienne : "Ouais, y a un peu de monde dans la rue, mais au fond, c'est qui ? Trois permanents syndicaux et cinq privilégiés affolés à l'idée qu'on supprime leur surrémunération." Un syndicat qui peut revendiquer un nombre d'adhérents important est plus fort, plus crédible et plus solide.
Sans adhérents, un syndicat n'a plus de ressources, ne peut plus financer les formations de ses militants, leurs déplacements pour se rendre à des négociations, les avocats qu'il consulte et qui plaident pour les journalistes en difficulté.
Quelques rappels :
1) Le SNJ est le premier syndicat de la profession, rang attesté par les élections à la Commission de la carte.
2) Oui, c'est donc bien un syndicat, un de ces repaires de gauchistes, de révolutionnaires, d'archaïques défenseurs des travailleurs, d'opposants aux patrons, de batailleurs du Code du travail, de procéduriers prud'homaux, de négociateurs des accords de branche ou d'entreprise, d'érudits de la jurisprudence, de conseillers éclairés des salariés, de pas copains du tout avec Macron, etc. Mettez-y l'appellation que vous voulez. N'empêche, les syndicats font partie des derniers contre-pouvoirs au libéralisme ambiant. Ce sont les seules organisations reconnues par la loi pour porter la parole de ceux qui travaillent pour des salaires de plus en plus minables et dans des conditions de plus en plus précaires. N'ayez aucun doute : sans eux, la situation serait pire encore. Certes, il est toujours possible de créer un collectif. Mais nos chers employeurs n'ont aucune obligation de tenir compte de ses positions, ni même de le recevoir, ni, a fortiori, de négocier avec lui.
3) Le SNJ n'est rattaché à aucune grande centrale syndicale et, de ce fait, ne reçoit aucun subside de l'Etat (l'Union syndicale Solidaires n'a donc pas droit aux aides que reçoivent les centrales syndicales). Sa seule source de financement vient des cotisations des adhérents (au SNJ, les legs ne représentent pas bézef…).
4) Les personnes, qui répondent aux journalistes qui font appel au SNJ, sont toutes elles-mêmes journalistes, syndiquées et, en plus, militantes. Elles le font à titre gracieux, bénévole, gratuit, désintéressé, en plus du boulot pour le remplissage de frigo…
5) Le budget du SNJ sert à payer essentiellement
- les deux postes et demi de ses secrétaires administratives à Paris,
- les procédures menées par des journalistes quand le syndicat décide de les soutenir,
- les déplacements de ses militants quand ils se réunissent ou se rendent à des négociations ou représentent les journalistes dans différentes instances,
- les formations qu'ils suivent pour rester informés des joyeuses innovations que nous concoctent nos gouvernants...
L'érosion des adhérents se traduit donc automatiquement par une réduction de son budget. Et donc par moins de déplacements, moins de formations, moins d'accompagnements devant les tribunaux, moins de temps à consacrer à la défense des droits des journalistes.
En résumé, LE SNJ A UN BESOIN VITAL D'ADHÉRENTS. Avant de mourir, pensez à mentionner le SNJ sur votre testament. Et mieux encore, SYNDIQUEZ-VOUS, bon dieu !


(Merci à nos camarades de l'excellent groupe Facebook "Infos pigistes SNJ", que nous recommandons à tous nos confrères/consoeurs pigistes). 

vendredi 12 mai 2017

Déclaration de revenus: la nouvelle ligne "abattement"


Suite aux demandes de confrères et consoeurs, le Syndicat national des journalistes précise comment remplir notre déclaration de revenus 2016.
Cette année comme d'habitude, nous devons diminuer notre revenu professionnel (revenus du journalisme) de l'allocation pour frais d'emploi (maximum 7650 €).
Nouveauté: sur la nouvelle ligne "abattement" (1GA), nous devons indiquer cette déduction: 7650 €, ou moins si les salaires du journalisme sont inférieurs à 7650 €. Cette nouvelle ligne "abattement" entend anticiper sur le prélèvement à la source, qui pourrait être reporté à 2019.
Pour les autres revenus (chômage, retraite, maladie, droits d'auteur, congés, indemnités...), il est possible de consulter par courriel le référent "fiscalité" du SNJ.
Le SNJ rappelle qu'un journaliste doit être salarié pour exercer correctement son métier. Les employeurs qui obligent les journalistes à se déclarer "auto-entrepreneurs" sont en infraction.

(Merci à François Boissarie, permanence fiscalité SNJ)

vendredi 28 avril 2017

1er Mai travaillé: payé double


La fête du Travail, le 1er mai, a une place particulière dans le calendrier: c'est un  jour férié et chômé.
Pour les journalistes, l'application des textes se résume ainsi:
1. La Convention collective nationale des journalistes inclut le 1er mai dans les jours fériés dont le travail prête à rémunération.
2. Le Code du travail établit une distinction, à propos du travail du 1er mai, pour les établissements qui, en raison de leur activité, ne peuvent interrompre le travail. Pour ces établissements, dont la presse fait partie, les salariés ont droit, en plus de leur salaire correspondant au travail accompli, à une indemnité égale au montant de ce salaire.
3. L'indemnité spéciale s'ajoute au repos compensateur prévu par la Convention collective.
4. Le travail du 30 avril ne peut être considéré comme une anticipation du travail du lendemain.
Conclusion: les journalistes qui ont travaillé le 1er mai ont droit à la récupération de ce jour ET A SON DOUBLE PAIEMENT (*).

Et pour les journalistes qui ne travaillent pas ce lundi 1er mai, ils/elles sont tous invité(e)s à participer au défilé du matin sous la bannière de l'union syndicale Solidaires. Départ du jardin de l'Etat, arrivée à la préfecture.


(*) Merci à François Boissarie, comité national du SNJ.

jeudi 2 février 2017

Attention aux bulletins de paie dématérialisés



En ce début d'année 2017, le Syndicat national des journalistes (section Réunion-océan Indien) vous adresse à tous ses meilleurs voeux. L'année ne sera sans doute facile pour personne... mais avec le SNJ c'est parfois moins difficile!
On profite de l'occasion pour vous alerter sur une récente innovation technique: les bulletins de paie dématérialisés. Sous prétexte de protéger la planète (en réalité pour faire des économies), certaines entreprises remplacent la traditionnelle fiche de paie en papier par un document numérique.
Attention! Le SNJ vous incite à la plus grande prudence. Les bulletins de paie doivent être conservés toute la vie, notamment pour calculer votre future pension de retraite. Les équipements informatiques sont fragiles, peuvent défaillir et ne sont pas forcément sécurisés. Nous vous conseillons donc de garder le bulletin en papier.
Si l'employeur veut passer au bulletin de paie numérique, il doit vous en informer un mois avant la première émission du bulletin de paie dématérialisé (ou au moment de l'embauche). Il ne peut pas vous l'imposer! Et si la dématérialisation est déjà faite, vous pouvez y faire opposition.

Et puis...ne vous laissez pas intoxiquer par l'argument pseudo-écologique de la dématérialisation (économie de papier, protection de l'environnement...). Le fonctionnement des hébergeurs de toutes ces données numériques consomme énormément d'électricité, qui est rarement produite avec de l'énergie propre. Le papier recyclé est tout aussi propre, pratique et fiable!

jeudi 28 avril 2016

D'une manif à l'autre: rendez-vous dimanche 1er mai!

Le SNJ avec les camarades de l'union syndicale Solidaires.
Les manifestations de ce jeudi 28 avril étaient peu fournies, mais le SNJ ne se décourage pas. Notre conviction est faite: la loi Travail ne peut qu'aggraver la situation de l'emploi, contrairement à ce que prétend la propagande gouvernementale. Nos employeurs meurent d'envie de supprimer nos RTT, baisser nos salaires... tout en exigeant toujours plus de compétences de la part des jeunes journalistes.
Nous ne devons pas laisser passer ça!

Nous invitons tous les journalistes et tous les autres citoyens à manifester dimanche matin 1er mai avec nous, derrière la banderole "Soutien aux salariés du JIR". Rendez-vous à partir de 9 heures au jardin de l'Etat (Saint-Denis).




Le SNJ-Réunion océan Indien vous propose toujours d'écrire à nos députés, censés défendre nos droits et nous représenter. Voici une lettre-type que vous pouvez leur envoyer; les adresses figurent ci-dessous.

Madame la Députée, Monsieur le Député,
J’ai lu le projet de loi dite « El Khomri » qui modifiera le Code du travail. Les rédacteurs de ce texte savent-ils ce que c’est que de travailler dans une entreprise ? De se retrouver au chômage ? Comment peuvent-ils imaginer une seconde qu’en facilitant les licenciements, vous allez améliorer l’emploi en France ? N’avez-vous pas compris que si un employeur licencie une personne, il la remplacera au mieux par un salarié, ou par deux payés moitié moins ? Je ne comprendrai pas votre aveuglement si vous votez ce texte, et je m’en souviendrai lors des prochaines élections.
Cordialement,



mercredi 1 avril 2015

Comité national: difficile après-Charlie

Le SNJ, premier syndicat de la profession, a tenu vendredi 27 et samedi 28 mars son comité national à Paris. Voici les principaux points abordés par ce qui est le Parlement du Syndicat national des journalistes.


Esprit Charlie, où es-tu ? La profession a été secouée par un tremblement de terre le 7 janvier dernier avec l’attentat contre Charlie Hebdo. Spontanément, et bien au-delà des entreprises de presse, un mouvement pour la défense de la démocratie et de la liberté de la presse s’est levé dans tout le pays. Les initiatives se sont multipliées, dont beaucoup avec le SNJ à leur tête, pour faire perdurer ce qui a été appelé « l’esprit du 11 janvier ».
Mais aujourd’hui, force est de constater que cette liberté d’expression est en danger.
Par les menaces d’État d’abord. Avec le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) qui s’érige en censeur de la déontologie des journalistes. Mais aussi avec les projets de loi, comme celui sur « le secret des affaires » dans la loi Macron ou la protection des sources. Heureusement, ces projets ont été retirés au tout dernier moment, mais il faut rester vigilant, car c’est à un véritable détricotage de la loi sur la presse de 1881 que s’attellent les pouvoirs publics.
Autre menace, la crise économique. Comme il est écrit dans un communiqué, rédigé à la fin du comité national, « sous l'alibi de l'austérité imposée, les rédactions et les journalistes se voient donnés un tour de vis supplémentaire : salaires bloqués, moyens sacrifiés, tâches accumulées et multipliées, mises en cause générales des droits des salariés, succession de plans dits "sociaux", développements accélérés des souffrances au travail. » La profession n’en peut plus et lors de ce comité, les différents rapports des sections ont montré le ras-le-bol généralisé. Surtout que l’État ne respecte pas ses promesses, sur les réformes des aides à la presse, la reconnaissance juridique de l’équipe rédactionnelle et l’instance nationale de déontologie.

Voir ici la vidéo: http://www.ccijp.net/
Les élections à la CCIJP. Tous les trois ans, les titulaires de la carte de presse élisent leur représentants à la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP). Seize représentants des journalistes sont élus à la commission de première instance (8 titulaires et 8 suppléants), trois à la commission supérieure (1 titulaire et 2 suppléants) et trente-huit en région (1 titulaire et 1 suppléant par région).
Aux élections de 2012, le SNJ a remporté 51% des voix, une progression de +2% par rapport à 2009. Cette année, avec des élections prévues du 24 avril au 12 mai, le but sera de faire aussi bien. Mais surtout d’atteindre le quorum, que l’on n’a plus atteint depuis quatre scrutins. En 2014, 36 317 cartes ont été distribuées, il faut donc pour le quorum, un peu plus de 18 000 votants. C’est dans cette optique que le SNJ, seul syndicat à présenter des candidats à tous les niveaux de décision, doit faire campagne et mobiliser bien au-delà de ses adhérents.

Les dernières évolutions législatives sur la représentativité des organisations syndicales. La loi du 20 août 2008 a modifié le paysage syndical. Elle favorise les grandes centrales et limite l'influence des petites ou des syndicats catégoriels, comme le nôtre. Ainsi, un syndicat catégoriel ne peut appeler seul à un mouvement de grève dans une entreprise ou signer un accord intercatégoriel. De plus, malgré son combat datant de nombreuses années, le SNJ a échoué à rendre obligatoire le collège "journalistes" dans les entreprises de presse. Enfin, les syndicats comme le nôtre sont aussi frappés au portefeuille. D’où un débat lors de ce comité pour que le SNJ puisse, à l’avenir, conserver et accroître son influence. Débat qui se prolongera au Congrès en octobre prochain.

La parité dans nos instances. Selon les dernières statistiques de l’Insee, la France compte 51,6% de femmes et 48,4% d’hommes. La profession de journaliste est un peu en décalage avec 54% d’hommes et 46% de femmes. Le SNJ l’est encore plus dans ses instances de décision. Si la liste pour les prochaines élections à la CCIJP respecte la parité avec 29 hommes et 28 femmes, le Bureau national du SNJ est constitué de 80% d’hommes pour seulement 20% de femmes, tandis que le ratio au sen du comité national est de 62% d’hommes et 38% de femmes. Le débat au comité national, samedi matin, a donc porté sur les moyens à mettre en œuvre pour la parité. Faut-il recommander ou contraindre ? Finalement, le comité national a décidé de donner un signal fort de volontarisme. L’idée d’un congrès extraordinaire pour modifier les statuts, afin d’aller vers cette parité a été adoptée. En octobre prochain, il sera donc adossé au congrès ordinaire qui se déroulera près de Marseille.

La réforme du bulletin de paye. Dans la droite ligne du choc de simplification voulu par le président de la République, un projet de réforme du bulletin de paie est envisagé pour le 1er janvier prochain. La principale idée de cette réforme est de « raboter » quelques lignes dans le bulletin, et notamment les cotisations patronales. Le comité national a rappelé sa plus grande réserve sur ce point. Si les cotisations n’apparaissent pas sur la feuille de paie, le salarié ne saura pas si son employeur les paie réellement. Ce qui peut être fort préjudiciable en cas de chômage ou lors du départ à la retraite.
Certes, la loi pourrait contenir une obligation pour l’employeur de délivrer un récapitulatif annuel des cotisations qu’il a versées. Or, dans un groupe de presse français, où certaines cotisations patronales n’apparaissent déjà pas sur les feuilles de paie, cette obligation qui existe dans le code du travail n’est pas respectée. Il y a donc le risque qu’elle ne le soit pas non plus dans l’avenir. Pour toutes les autres entreprises de presse.
Le SNJ demande donc qu’une véritable concertation sur cette réforme soit ouverte et que ce point crucial soit abordé.

 Compte rendu: Flavien Rosso 


mercredi 23 juillet 2014

Lettre ouverte aux employeurs réunionnais de journalistes


Madame la Directrice, Monsieur le Directeur,

Les médias réunionnais forment un secteur économique très dynamique et nous en sommes tous heureux. Au Syndicat national des journalistes, nous le sommes beaucoup moins lorsque nous recueillons les témoignages de confrères et consoeurs recrutés pour exercer un travail de journaliste, mais sans respecter les droits attachés à cette profession.
Voici un florilège non exhaustif des infractions pour lesquelles nous sommes sollicités :
- Travail dissimulé, lorsqu’on emploie des journalistes sans les déclarer comme salariés, ou travail sans contrat.
- Journée de travail non payées, alors qu'elles ont été effectuées (notamment pour des pigistes).
- Statut d’auto-entrepreneur imposé à un(e) journaliste, alors que c’est illégal.
- Refus d’appliquer la Convention collective nationale du travail des journalistes, ce qui prive les journalistes du 13e mois, d’une partie des revenus en cas de maladie, d’une partie des cotisations pour leur retraite, etc.
- Confusion entre l’astreinte et la permanence, avec refus de payer les heures supplémentaires effectuées pendant ces astreintes.
- Abus de la rémunération sous forme de « piges » : ce mot cache souvent des emplois réguliers à temps presque complet, qui devraient être transformés en emplois en CDD ou CDI.
- Abus de l’emploi du « CDD d’usage » qui prive les journalistes d’indemnités de fin de contrat, et renforce leur précarité.
- Abattements abusifs sur les cotisations sociales : même si certains abattements sont légaux dans certaines conditions, nous avons démasqué plusieurs situations illégales qui portent un grave préjudice aux journalistes (voir par exemple le témoignage ci-dessous).
- Injonction de réaliser des reportages publicitaires, en contradiction avec la charte de déontologie.
- Abus du statut de stagiaire, lorsqu’on demande à des « stagiaires » journalistes non rémunérés d’assurer un travail de professionnel.
- Pressions psychologiques et arguments mensongers du type « Si je te vire, je connais tellement de monde que tu ne pourras plus trouver de travail à La Réunion ».
- Etc.
Le SNJ Réunion océan Indien reste vigilant. Il soutient actuellement des confrères et consoeurs qui veulent faire respecter leurs droits, et continuera à le faire, 
notamment grâce à la permanence juridique qu’il vient de créer (http://snjreunion.blogspot.com/p/le-snj-propose-aussi.html).
Par la présente, le SNJ vous demande à vous, employeur, de respecter les droits des journalistes que vous recrutez.
Fait à Saint-Denis, le 21 juillet 2014



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L’ultime crasse de Festival-RTL à une journaliste pugnace

Dans cette entreprise, les cotisations chômage étaient calculées sur le salaire brut abattu, ce qui est illégal et diminue les futures allocations chômage.
Elle a quitté son employeur, complètement écoeurée, et ne craint donc plus les représailles. Mais C. a demandé au SNJ de raconter son histoire, afin que son expérience serve à d’autres.
En 2009, C. est recrutée comme journaliste à Festival, l’une des radios du groupe H2R, devenue RTL en juin 2014. En 2013 elle commence à parler d’une rupture conventionnelle de contrat afin de quitter l’entreprise en 2014. Et en mai 2014 elle se rend à Pôle emploi pour se renseigner sur ses droits en cas de démission ou de rupture conventionnelle. Elle a besoin de quelques mois pour préparer le déménagement familial à l’étranger.
Et là, patatras : elle découvre que l’entreprise a pratiqué des abattements sur les cotisations de chômage, ce qui diminue les futures allocations qu’elle pourra percevoir pendant les quelques mois qu’il lui reste à passer à La Réunion. Entre-temps, son employeur a refusé la rupture conventionnelle –qui lui coûterait trop cher- et lui a suggéré de se faire licencier pour faute grave ! Dans tous les cas, elle percevra des allocations minorées.
Déboussolée, C. s’adresse au SNJ qui lui explique que ces abattements sont illégaux. Lorsqu’elle interroge la direction, elle note une vraie nervosité et reçoit comme réponse « Tout est régularisé depuis janvier 2014. Ne t’inquiète pas, Pôle emploi ne regarde que la dernière fiche de paie ». Ce qui est faux : C. a bien compris qu’avec des cotisations plus faibles pendant quatre ans, les allocations chômage seront diminuées. La direction essaie de la dissuader de rappeler Pôle emploi, avec ce remarquable argument : « l’administration réclamera de l’argent à nous et à toi aussi ; tu étais bien contente de gagner plus » (1). C. ne se démonte pas : « si je dois de l’argent à quelqu’un, je les appelle ».
Le lundi suivant, C. se rend à l’Urssaf, dans les bureaux de la CGSS. Le responsable du contrôle des employeurs lui explique que l’entreprise doit forcément régulariser les cotisations chômage des trois dernières années. Puis il observe les abattements pratiqués sur d’autres cotisations. Notamment sur les cotisations de retraite : les abattements sont légaux pour les journalistes, mais seulement dans certaines conditions. Or, C. n’a pas de carte de presse : les abattements sont donc illégaux. L’entreprise aurait dû payer les cotisations complètes pendant toutes ces années.
Le retour de C. à la rédaction se passe dans une ambiance tendue. Et la responsable des ressources humaines annonce que puisqu’il faut régulariser et payer les cotisations, on va ponctionner dans les salaires ! Les journalistes voient un patron énervé, qui reproche à la rédaction de « bouffer 80% du temps de la DRH » et menace de la fermer, de la délocaliser…
Déstabilisés, les journalistes acceptent l’échéancier proposé par la direction pour régulariser les cotisations : leur salaire de mai est donc amputé de ces sommes… Maigre consolation : ils ont au moins la satisfaction de savoir qu’en cas de chômage, ils percevront leurs allocations complètes. Et ce, grâce à la pugnacité de C.
Pour C., l’histoire ne s’arrête pas là. Fréquemment questionnée sur la date de son prochain départ, elle choisit de l’annoncer en avance pour faciliter l’organisation du service. Le 2 mai, elle remet sa lettre de démission en précisant qu’elle quittera l’entreprise le 13 juin. Mais le 6 mai au soir, tout dérape. C. raconte : « Le patron m’a dit de m’abstenir de travailler dès le lendemain. Comme ils ont reçu ma lettre le 2 mai, ils font courir le préavis d’un mois jusqu’au 2 juin. Il m’a même dit qu’il me faisait le cadeau de me payer à ne rien faire, qu’il me dispense de préavis et m’a reproché d’avoir semé la tension à la rédaction ». Autrement dit, C. est « virée » comme une malpropre, le plus légalement du monde.
C. n’a aucun recours juridique : Festival la "vire" le 2 juin, la privant ainsi de dix jours de salaire. C’est l’ultime crasse d’une radio qui n’aime pas les journalistes informés sur leurs droits, et a déjà été condamnée en novembre 2009 pour « travail dissimulé ». On peut s’inquiéter de la formation de « rédacteurs chroniqueurs » dans le « Studio école » monté dans les locaux de H2R : les jeunes y apprennent les techniques professionnelles des journalistes mais probablement pas à faire respecter leurs droits de journalistes !

(1)   Les cotisations sociales comprennent une part patronale et une part salariale. Lorsqu’on pratique des abattements, cela diminue les cotisations, et par conséquent cela augmente légèrement le salaire net. Voir nos informations ici : http://snjreunion.blogspot.com/2014/03/journalistes-cotisez-100-la-securite.html

Dans cette entreprise, les cotisations chômage étaient calculées sur le salaire brut abattu, ce qui est illégal et diminue les futures allocations chômage. La situation a été régularisée suite à la demande de notre consoeur.

dimanche 9 mars 2014

Journalistes, cotisez à 100% à la Sécurité Sociale !

Attention aux abattements (colonne de gauche). Le salaire net, au bas du bulletin, peut sembler plus élevé, mais la retraite et certaines prestations de santé peuvent être réduites. Si vous voulez cotiser à 100%, vérifiez que les cotisations sont calculées sur la base du salaire brut (colonne de droite) .
Voir ses revenus baisser lors d'un congé de maternité ou de paternité, c'est une mauvaise surprise. C'est pourtant ce que vivent nombre de journalistes qui se rendent compte, hélas, trop tard, qu'ils ont cotisé seulement à 70%  à la Sécurité sociale
Lorsque l'employeur paie des cotisations pour ses salariés, il a envie d'en payer le moins possible. A trois conditions expresses, la réglementation l'autorise à pratiquer un abattement de 30% sur les cotisations patronales et salariales à la Sécurité sociale, au logement et au transport. Les autres cotisations ne peuvent être abattues.
Les trois conditions que l’employeur doit respecter: 
1) consulter les salariés sur leur option (cotiser à 100% ou 70% à la Sécurité sociale?) 
2) respecter le plafond annuel de 7600 € au delà duquel ces cotisations reviennent à 100% 
3) appliquer l’abattement aux seuls journalistes titulaires de la carte
S'il applique cet abattement, en respectant les trois conditions posées, nous, journalistes, payons une cotisation plus faible et donc recevons un salaire net plus élevé. Vous suivez? Pour un salaire de 2000 € net, le "gain" apparent est d'environ 90 € par mois. Ainsi beaucoup de journalistes préfèrent cotiser moins pour gagner plus (voir photo). Même si nous, au SNJ, on leur a déjà expliqué qu'en cotisant moins ils percevront une retraite minorée. Comme la retraite semble loin, et que la communication officielle explique que nous n'aurons plus de retraite (1), nos alertes sont rarement prises au sérieux.
Ainsi, beaucoup de journalistes se contentent de regarder la dernière ligne de leur fiche de paie, avec le salaire net, sans observer les lignes en haut à gauche, où l'on voit sur quelle base sont calculées les cotisations. Si cette base est inférieure au salaire brut de référence (lignes supérieures), il y a des risques pour que vos cotisations soient minorées. Ce qui baissera le niveau de votre future retraite de base et celui d'une prochaine indemnisation de sécurité sociale. 
Heureusement certains textes (comme la convention collective des journalistes) prévoient le maintien du salaire intégral en cas de maternité... Mais ça ne marche pas pour les précaires! Ainsi, une journaliste pigiste devra se contenter d'environ la moitié de son salaire. Et si ce revenu est encore minoré de 30%, on vous laisse faire le calcul...
Quant au congé de paternité, rien n'oblige (sauf négociation d'entreprise) l'employeur à garantir le salaire au papa qui tient -à juste titre- à passer du temps avec son bébé. Il verra donc son salaire minoré.
Alors, attention à vos cotisations ! N'hésitez pas à demander à votre employeur de vous faire cotiser à 100% à la Sécurité sociale. Il doit respecter votre choix
Le bureau du SNJ 974

(1) Contrairement à ce que diffuse cette idéologie malsaine, la retraite par répartition (qui provient de nos cotisations) sera toujours plus efficace que les retraites par capitalisation. Tout simplement parce que les retraites par capitalisation ne peuvent concerner que ceux qui gagnent actuellement assez d'argent pour en déposer à la banque!

dimanche 6 octobre 2013

Vers un journalisme low cost?



Café syndical vendredi 11 octobre à partir de 18 heures.

Le journalisme n'a jamais été un métier où l'on faisait fortune, à part quelques exceptions chez les stars de la télévision. Le quotidien des journalistes français est plus proche de celui de la classe moyenne, avec des salaires modestes et une précarisation croissante. Pour s'en convaincre, il suffit de lire les statistiques tirées des déclarations à la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels (*).
En 2011 :
- 8,5 % des journalistes en CDI (*) et 36,1 % des journalistes en CDD (*) touchaient moins de 2000 euros bruts par mois. - 24,6 % des journalistes en CDI et 41,1 % des journalistes en CDD touchaient entre 2000 et 3000 euros bruts par mois. - entre 30 et 31,8 % des pigistes touchaient moins de 1500 euros bruts par mois.

Beaucoup plus grave: la précarisation ne cesse de s'accroître. Elle était, chez les moins de 26 ans, de 50 % en 2009 ; elle grimpe à 67,9 % pour cette catégorie d'âge en 2012 ; dans la tranche d'âge supérieure, chez les 26-34 ans, un journaliste sur trois a désormais un contrat précaire (CDD ou pigiste). 

Pire encore: ces statistiques ne tiennent pas compte du nombre croissant de journalistes forcés de travailler sous statut d'auto-entrepreneur, dans l'impossibilité de cotiser pour leur santé, leur chômage ou leur retraite. Dans cette profession qui se féminise, on n'ose même plus espérer un congé de maternité. Les jeunes diplômés réunionnais, encore plus soumis à la pression du chômage que les métropolitains, sont particulièrement exposés, alors que se développe l'information sur le web, 24 heures sur 24, avec un stress amplifié.

Pour évoquer cette évolution vers un journalisme à haut stress et à bas coût, le SNJ organise un café syndical sur le thème "Vers un journalisme low cost?", vendredi 11 octobre à partir de 18 heures aux Pot'irons, à Saint-Denis (face à la CGSS). Entrée gratuite, chacun(e) paie sa consommation.



(*) http://www.metiers-presse.org/pdf/1380185936.pdf
CDI: contrat à durée indéterminée, CDD: contrat à durée déterminée.

samedi 28 septembre 2013

Pour un "bonus-malus social" dans la presse

Pourquoi les journalistes français sont-ils, dans leur très grande majorité, si mal payés pour leur travail, alors que beaucoup d’entreprises bénéficient d’importantes subventions publiques ? C’est l’une des questions qui ont été récemment abordées le 25 septembre par trois délégués du Syndicat national des journalistes avec Rudy Salles, rapporteur de la commission de l’Assemblée nationale pour les crédits « presse » du projet de loi des finances pour 2014. Le SNJ a –une fois de plus- expliqué que la presse française a de l’argent, mais qu’elle ne l’utilise pas forcément pour faire son travail et informer les citoyens. Voici un résumé des arguments du SNJ :
La PQR/PQD (*), c'est :
- 35 % de l'emploi salarié détruit en l'espace de vingt ans (on est passé de 23.000 emplois en 1990 à 15.000 en 2011) (source : cabinet Secafi).
- près des 2/3 des journalistes de moins de 26 ans en CDD ou pigistes (source : cabinet Secafi).
- En termes de productivité : plus 25 % entre 2004 et 2011 (source : cabinet Secafi).
- En termes de rémunération : 15 % des journalistes mensualisés gagnent moins de 2.000 euros bruts par mois et 31,5 % entre 2.000 et 3.000 euros bruts (avec, en moyenne, un niveau d'études bac + 4, bac + 5) ; 37 % des pigistes gagnent moins de 1.500 euros bruts par mois (source : commission de la carte, chiffres 2010). (*)
En parallèle, l'ensemble de la presse écrite perçoit chaque année entre 1 et 1,2 milliard d’euros d'aides publiques, souvent contradictoires et réparties de manière opaque, et, en tout cas, sans aucun contrôle, la Cour des comptes parlant de "système de guichet".
Le SNJ a donc à nouveau demandé la mise en place d'un système de bonus-malus social, basé sur des critères objectifs, auquel serait conditionnée l'attribution des aides à la presse. Le SNJ a réaffirmé sa volonté de voir l'Etat s'affirmer dans son rôle de régulateur et ne plus se contenter de signer des chèques en blanc à des syndicats d'éditeurs tous concurrents sur le marché des aides publiques. On se souvient que le groupe Hersant (ancien propriétaire du Journal de l’île de La Réunion) est dirigé par un "exilé fiscal", qui fait l'objet d'une enquête pour abus de biens sociaux tout en continuant de percevoir des aides publiques sans le moindre contrôle. Le SNJ rappelle que les aides à la presse ont un but citoyen: garantir une presse de qualité et aider au pluralisme, inscrit dans la Constitution française (article 34).
Le SNJ rappelle que la qualité de l'information est directement liée à la Charte d'éthique professionnelle des journalistes et qu'elle ne peut s'émanciper des conditions sociales de production de l'information : pour travailler correctement les journalistes doivent être correctement payés. On verra, lors du vote du budget 2014 au Parlement, si le SNJ a été entendu.
Le bureau du SNJ 974
 (avec le secrétariat national du SNJ)

(*) PQR : presse quotidienne régionale. PQD : presse quotidienne départementale, dont font partie les trois quotidiens réunionnais (JIR, Quotidien et Témoignages), où travaillent la moitié des journalistes de La Réunion. Les chiffres sur la précarité et la rémunération portent sur l'ensemble des journalistes de la presse écrite française.

samedi 27 avril 2013

Le 1er mai, le SNJ sera dans la rue


Les journalistes n'échappent pas à l'évolution actuelle: une plus grande précarisation, des salaires souvent indécents, l'exploitation de la bonne volonté et de la conscience professionnelle de tous, surtout des plus jeunes. En même temps, l’expérience nous indique que le rapport de force est déterminant : pour que les droits acquis ne régressent pas, pour en gagner de nouveaux, il faut s’organiser et agir ensemble ! Les moyens existent, notre société est de plus en plus riche: la mobilisation nous permettra d'imposer une répartition différente des richesses, pour que cela ne profite plus qu'aux seuls patrons, banquiers et actionnaires. On l'a bien vu depuis 2009: la prime Cospar, même modeste, rend grand service à tous les journalistes qui en bénéficient, et ils sont nombreux à gagner suffisamment peu pour en bénéficier!
C'est pour cela que le Syndicat national des journalistes (membre de l'union syndicale Solidaires) appelle à participer aux manifestations de ce 1er mai.
Rendez-vous mercredi à Saint-Denis au jardin de l'Etat à partir de 10 heures, pour défiler jusqu'au Barachois. Lire également ici: http://snj.fr/spip.php?article4773

Le bureau du SNJ 974

dimanche 21 avril 2013

Café syndical le 10 mai: "Pigiste, un statut à part?"

Elle a perdu son bébé parce que malgré son travail de journaliste, les cotisations versées par ses employeurs ne lui permettaient pas de prendre un véritable congé de maternité. C'est le témoignage publié par "Le Journaliste", la revue du SNJ (voir ci-dessous). On se croirait revenus dans les usines ou les plantations de canne à sucre du XIXe siècle... Ce drame illustre la prolétarisation de notre métier (n'ayons pas peur des mots) qui prend différentes formes, y compris à La Réunion. Pour parler des conditions de travail des journalistes pigistes, le SNJ-Réunion vous propose de participer à son prochain café, vendredi 10 mai à partir de 18 heures sur le thème "Pigiste, un statut à part?" (voir ici: https://www.facebook.com/events/109260552582413/).
Fé tourné!


vendredi 28 décembre 2012

Condamné pour licenciement sans motif d'un pigiste régulier

L'histoire intéresse tous les journalistes pigistes de La Réunion, qu'ils aient ou pas une carte de presse, et même s'ils ne disposent (malheureusement) pas de vrais bulletins de salaires.
Remercié  par simple coup de fil en 2011 après 4 ans de collaboration,  un journaliste pigiste de L’Equipe 24/24  vient d’obtenir la reconnaissance du licenciement sans cause réelle et sérieuse et ses indemnités. L’entreprise avait voulu faire croire aux Prud’hommes de Boulogne (92) que  la rémunération à la pige “est juridiquement consacrée comme un mode de collaboration se distinguant des collaborations s’exerçant dans le cadre d’un contrat de travail”. Tout en arguant d’une succession de CDD (contrats à durée déterminée). 
Mais l’avocat du confrère (cabinet Grumbach, Paris) a rappelé les fondamentaux. Il s’agit d’un journaliste professionnel et d’une collaboration régulière et durable, avec présomption de contrat de travail comme pour toute collaboration moyennant rémunération entre une entreprise de presse et un journaliste professionnel. Et les “contrats de pige” ne répondaient pas aux conditions légales des CDD. Les juges ont reconnu l’existence du lien de subordination et écarté l’hypothèse de CDD successifs. Ils ont donc considéré que Laurent était pigiste régulier titulaire d’un CDI (contrat à durée indéterminée) à qui l’employeur devait fournir du travail. 
En raison des “manquements graves” de l’Equipe 24/24, Laurent a obtenu la résolution  judiciaire de son contrat de travail  produisant les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse. D’où la condamnation de L’Equipe 24/24  à lui verser à ce titre plus de 7000 euros sans compter près de 5000 euros de préavis et indemnités de licenciement. Et, cerise sur le gâteau, 1000 euros au titre de dommages et intérêts pour perte du droit individuel à la formation (DIF). Sans oublier la remise des certificat de travail et attestation pour Pôle emploi conformes au jugement, sous astreinte de 30 euros par jour.  On verra si l’employeur ose faire appel.
Le bureau du SNJ Réunion
avec les référents "pigistes" du SNJ

lundi 30 avril 2012

Déclaration de revenus : - 7650 €


C’est la saison des déclarations de revenus… Tous les journalistes professionnels ont le droit de déduire 7650 euros de leurs salaires de 2011. Cette spécificité permet aux journalistes mal payés (une forte majorité à La Réunion) de payer peu ou pas d’impôts sur le revenu ; c’est particulièrement utile pour les débutants sans enfants à charge.
Cette « allocation de frais d’emploi » est liée à l’exercice du métier de journaliste, pas à la possession de la carte de presse. Mais ce n’est pas une excuse pour ne pas demander la carte d’identité des journalistes professionnels ; au contraire, le SNJ incite tous les journalistes à en faire la demande, quels que soient les arguments opposés par les employeurs. Car cette carte reste un atout en cas de contrôle.
Pour déclarer vos revenus 2011, le SNJ vous propose un vade-mecum : http://www.snj.fr/spip.php?article915.