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jeudi 3 janvier 2019

Photographes: la pige (légèrement) revalorisée

Autoportrait du photojournaliste Jacques Revon, 1977. (CC)
L'information vient d'être publiée au journal Officiel. Le montant minimal de la "pige" d'un journaliste photographe professionnel passe de 60 € à 61,65 €, pour une photo (ou série de photos sur le même sujet) ayant demandé au moins cinq heures de travail. Voir l'arrêté du 24 décembre 2018 et le décret du 9 mai 2017.
C'est l'occasion pour le SNJ de rappeler qu'il s'agit d'un minimum légal et non d'un maximum.
C'est aussi pour nous l'occasion de rappeler, à tous ceux qui effectuent une mission de journaliste, la nécessité de demander et obtenir leur carte de presse. Celle-ci est une obligation pour l'employeur (voir l'article 6 de notre convention collective), comme le paiement en salaires.
La carte de presse est aussi le moyen le plus simple de prouver que l'on est "journaliste professionnel". Sachez qu'en cas de contentieux devant un tribunal, certains patrons n'hésitent pas à affirmer "M. (Mme) X n'est pas journaliste, car il (elle) n'a pas sa carte de presse", dans le but d'échapper au paiement du 13e mois, ou du salaire pendant un arrêt de travail pour accident ou maladie. Cela peut arriver à tout le monde!
A La Réunion, le correspondant régional de la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels est Flavien Rosso, journaliste au Quotidien de La Réunion.

jeudi 18 janvier 2018

Journalistes pigistes, formez-vous!

         
Toutes les entreprises doivent contribuer financièrement à la formation des salariés. La presse et l’audiovisuel cotisent à  l’Afdas, organisme dont les conseillers peuvent vous informer, orienter, conseiller, évaluer vos compétences et échanger sur vos besoins
          Les journalistes pigistes de la presse (imprimée, en ligne et agences) titulaires de la carte avec la mention « pigiste » ou dans certains cas « R 7111-9» (demandeur d’emploi) bénéficient de l’accord signé en 2016  entre les fédérations patronales de presse et des syndicats de journalistes dont le SNJ. Cet accord permet d’accéder à tous les dispositifs et de bénéficier d’une enveloppe.
         La Commission « pigistes » de presse de l’Afdas a sélectionné une série de formations courtes « clés en mains » portant sur data-journalisme, écriture journalistique, outils de gestion des données, sécurité, vidéo/image. Ces formations, dispensées par des organismes reconnus, à tarifs négociés, se tiennent dans différentes régions, y compris à La Réunion (adresse sur prospectus ci-dessous). Vous prenez directement contact avec l’organisme pour connaître les dates de stage. Au minimum 3 semaines avant le début du stage, envoyez à l’Afdas la fiche de renseignements à télécharger sur le site, lettre de motivation, CV, copie recto verso de votre carte de presse de l’année, copie de vos bulletins de salaire des 12 derniers mois, RIB et estimation de vos frais annexes. Des stages peuvent aussi être demandés dans trois priorités: journalisme, conception/réalisation de médias numériques, image/lumière.
         Les demandes hors de ces cadres passent devant la commission paritaire pigistes presse. Soignez lettre de motivation et CV. Ils doivent montrer l’intérêt de la formation pour votre parcours professionnel.  Plusieurs formations peuvent être demandées. Des plafonds individuels et des plafonds de coût horaire s’appliquent. Une allocation de 10 euros de l’heure est versée pour les stages de plus de 14 heures.
         Adresse dédiée pigistespresse@afdas.com ou  téléphoner au pôle artistes, auteurs et journalistes pigistes  01 44 78 39 45 ou 34 16.
         Ecrivez à snj@snj objet formation pour questions ou remarques.

         Les journalistes pigistes de presse, sans carte, peuvent suivre des formations en auto-financement ou, sur le plan de formation de l’entreprise, avec frais pédagogiques et salaire à la charge de l’employeur. Malgré l’insistance du SNJ, les fédérations patronales ont refusé que les non-titulaires de la carte bénéficient de l’accord pigistes. Mais en tant que salariés presse, ils peuvent demander à l ’Afdas un CEP, un CIF et leur CPF.

         Les journalistes pigistes de l’audiovisuel avec ou sans carte ont été, à la demande du SNJ, intégrés nommément dans l’accord formation de l’audiovisuel avec rappel de la possibilité pour eux  de mobiliser avant fin 2020  leurs heures de l’ex-DIF (droit individuel à la formation)  non utilisées pour leur CPF. Leurs demandes de CIF sont traitées comme celles des CDD avec un assouplissement récent, à la demande du SNJ, pour d’éventuelles formations hors temps de travail.  Voir les conditions de financement sur le site de l’Afdas Sur décision de la commission paritaire audiovisuel, ils ont accès  à l’offre clés en main des pigistes de presse écrite sauf vidéo/image.

         Tout journaliste, mensualisé, à la pige ou en CDD/CDDU, travaillant en presse ou  en audiovisuel peut s’inscrire à  l’un des 450 stages de l’offre clé en main transversale de l’Afdas concernant management, efficacité professionnelle, gestion de projet, langues, numérique/digital, bureautique, PAO et sécurité.
         
       Consultez le site de l’Afdas www.afdas.com pour
- connaître les coordonnées de l’Afdas à Paris et en régions
- connaître la loi sur la formation et les accords de branche
- connaître l’ensemble des dispositifs  légaux de formation
CEP (Conseil en évolution professionnelle, gratuit, 01 44 78 34 23)
BC bilan de compétences,
CPF (compte personnel de formation, (www.moncompteformation.gouv.fr/))
pour BC, formations qualifiantes éligibles, langues, permis de conduire…
VAE (valorisation des acquis de l’expérience)
CIF (congé individuel de formation) pour BC ou formations de reconversion avec maintien du salaire – 2 ans minimum d’activité professionnelle requis

(Source: Fiche pratique Pôle pigistes 2018)
Nous invitons tous les journalistes pigistes
 à participer au groupe Facebook "Infos pigistes SNJ"
 où ils/elles pourront poser toutes leurs questions sur tous sujets)





dimanche 25 juin 2017

Journalistes de l'audiovisuel: tous en formation!


Journalistes, mensualisés ou pigistes et CDD, c’est le moment de demander une formation à votre employeur ou à l'Afdas ! Que vous souhaitiez évaluer ou améliorer vos compétences, développer votre employabilité ou mettre en œuvre une reconversion, n'attendez plus. L'Afdas (organisme paritaire qui collecte et redistribue les fonds de la formation dans les médias) constate une demande de formations en deçà des possibilités financières. Vos représentantes SNJ au Conseil paritaire de gestion « audiovisuel » à l’Afdas ont donc demandé d'augmenter les plafonds de financement pour les entreprises de l’audiovisuel.
         Selon les statistiques présentées le 15 juin au Conseil, 3 387 000 euros restent disponibles pour les entreprises de l’audiovisuel et leurs salariés d’ici fin 2017 pour des périodes de professionnalisation (formations qualifiantes sur 70 h minimum). L’Afdas peut même rembourser le salaire à hauteur de 13 euros de l’heure aux entreprises de moins de 11 salariés (plus de 5000 dans l’audiovisuel).  La demande de CPF (Compte personnel de formation, ex-DIF voir www.moncompteformation.gouv.fr), en augmentation, reste modeste. Le CPF, utilisable depuis peu pour le permis de conduire, sert majoritairement pour des cours de langues.
         On ne sait pas combien de journalistes ont demandé un CIF mais seuls 18 en ont bénéficié en 2016 (dont seulement quatre journalistes de France TV, contre 10 en 2015). Le CIF permet pourtant des formations longues, éventuellement en reconversion professionnelle.
         Ne pas oublier la nouvelle possibilités de CEP (Conseil en évolution professionnelle) et les dispositifs traditionnels de bilans de compétences (en CIF ou sur le CPF), VAE (valorisation des acquis de l’expérience) ou tout stage sur le plan de formation de l’entreprise, à la demande du salarié ou de l’employeur...
         Les journalistes peuvent s’inscrire aux stages de l’Afdas en management, efficacité professionnelle, gestion de projet, numérique, bureautique, PAO, langues étrangères, sécurité. Et, dès la rentrée de septembre 2017, ils pourront suivre des formations parmi celles sélectionnées par la commission paritaire "journalistes pigistes de presse" avec des tarifs négociés par l’Afdas. Le conseil de gestion de l’audiovisuel a choisi quatre des cinq domaines jugés prioritaires par la commission : data journalisme, écriture journalistique, outils de gestion des données, sécurité des personnes et des sources (voir  Afdas, offre clé en main pigistes).
          Alors rendez-vous sur le site de l'Afdas pour vous informer sur vos droits et sur l’offre de formation. Prenez rendez vous avec les permanents de l’Afdas pour être conseillé. Contact à La Réunion: 026292 10 43.

dimanche 18 décembre 2016

2017: attention aux abattements sur les cotisations sociales!

Si le salaire "brut abattu" ne correspond pas au salaire brut (en vert), cela signifie que des abattements sont pratiqués sur vos cotisations (colonne de gauche, rouge). Vos futures prestations seront donc diminuées. De plus, l'abattement sur l'assurance chômage est ILLEGAL.

La fin d'année approche... c'est le moment de préciser à votre employeur si vous acceptez qu'il pratique un abattement de 30% sur vos cotisations sociales. A supposer qu'il vous l'ait expliqué (ce n'est malheureusement pas le cas partout), votre employeur vous a sûrement dit que cet abattement augmenterait votre salaire.
C'est à la fois vrai et faux. Vrai parce que cet abattement diminue les cotisations sociales prélevées sur le salaire brut: cela augmente légèrement votre salaire net. Mais faux à long terme, parce que moins vous payez de cotisations, moins vous percevrez d'indemnités pendant votre retraite. Cela peut aussi avoir de graves incidences sur l'indemnisation des arrêts de maladie et maternité pour les pigistes. Comme votre employeur fait des économies, cela l'arrange...
Seuls les salaires supérieurs à 3600 euros net par mois (x13) permettent de ne pas subir de préjudice: très peu de journalistes réunionnais atteignent ce niveau de revenus!
Alors au SNJ on vous le répète: soyez vigilants, vérifiez si votre employeur pratique un abattement (voir photo).
Le bulletin de paie que nous publions ci-dessus est un bel exemple d'arnaque: un abattement est pratiqué sur l'assurance chômage (ce qui diminue les indemnités de chômage); l'abattement est pratiqué sur la tranche A de la retraite complémentaire (c'est illégal); il est pratiqué en décembre alors que normalement c'est plafonné (voir explications ci-dessous).
Si vous gagnez moins de 3600 euros par mois, nous vous conseillons de REFUSER cet abattement et de le signaler à votre employeur avant 2017. Il ne peut pas vous imposer cet abattement. Et votre choix s'appliquera pendant toute l'année 2017.

A lire aussi la fiche pratique pour les pigistes et l'explication technique ci-dessous.




lundi 21 novembre 2016

Condamné à payer près de 40 000 euros pour avoir licencié une pigiste


La résistance paie! C'est ce que vient de constater une journaliste pigiste qui avait contesté en 2014 son licenciement d'un média réunionnais. Plus précisément, elle a réussi à faire requalifier, par le tribunal des Prud'hommes, la fin de ses piges en "licenciement sans cause réelle et sérieuse". Comme d'habitude, l'employeur avait prétendu qu'il n'avait pas l'obligation de fournir du travail régulier à une pigiste, ou encore que c'est elle qui avait voulu démissionner. On connaît bien le refrain.
A la grande satisfaction de son avocat et du SNJ qui a soutenu cette consoeur dès le premier jour, le conseil des Prud'hommes a appliqué le droit. Dans un jugement daté du 17 novembre 2016, le tribunal condamne l'employeur à payer diverses sommes (rappel de salaires, indemnité de congés payés, dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, indemnité compensatrice de préavis, indemnité de licenciement...) pour un montant total de 39 957 euros. Soit près de 40 000 euros pour ne pas avoir respecté le droit du Travail et la Convention collective nationale du travail des journalistes. Voilà qui donne envie de combattre toutes les infractions au droit du Travail!
Comme il s'agit d'un jugement de première instance, l'employeur peut faire appel de cette décision.

Avis à ceux et celles qui estiment la carte de presse inutile. Dans l'affaire ci-dessus, l'avocat de l'employeur a tenté de faire croire que notre consoeur n'était pas journaliste (et n'avait donc pas droit aux indemnisations demandées) parce qu'elle "n'avait pas de carte de presse". Notre consoeur a montré sa carte au tribunal, ce qui a annulé d'office une partie des arguments adverses. Moralité: demandez toujours votre carte de presse, car sinon, d'autres se chargeront de vous le faire regretter!

Pour toute question sur les piges, rejoignez le groupe Facebook "Infos pigistes SNJ".

samedi 25 juin 2016

Attestation d'employeur : prudence chez les pigistes !

Pigistes, n'hésitez pas à rejoindre le groupe sur Facebook.
Les  agents de Pôle emploi et les journalistes pigistes sont ignorants, les employeurs parfois aussi, mais très souvent ils fraudent. Attention : une attestation d’employeur sans raison peut vous attirer des ennuis. Une attestation mal remplie vous lèse.

L'attestation, dans quels cas ?
L'attestation d'employeur marque une rupture du contrat de travail. Elle est indispensable pour obtenir l'indemnisation par Pôle emploi, en cas de perte d'un employeur. C'est-à-dire en cas de fin légale du contrat de travail, écrit ou non, d'un salarié avec son employeur.

Les fins de contrat légales, pour les journalistes, ce sont les licenciements, les clauses de cession, de cessation de parution, de conscience, les ruptures conventionnelles, les fins de CDD, les démissions. Les démissions ne permettant une indemnisation que dans certains cas très précis.

Et pour les journalistes pigistes ?
Un journaliste rémunéré à la pige est, selon la loi, un salarié, présumé en CDI.
En effet, une personne qui est payée pour son travail et reçoit des bulletins de salaire (feuilles de paye en salaires) où les cotisations sociales sont indiquées est un salarié.
En l’absence d’un contrat de travail écrit, un salarié, journaliste ou non, est présumé être en CDI. Les journalistes, d’après le code du travail (L 7112-1), le sont aux conditions de notre convention collective, même s’ils n’ont pas un bulletin de salaire chaque mois, et même si le montant varie d’une fois à l’autre, comme c’est le cas des pigistes.
Un ou plusieurs mois sans travail ou bulletin de paye d’un employeur ne rompent pas le contrat en CDI (non écrit et à temps partiel) du journaliste pigiste
En l’absence d’un contrat de travail écrit, la mention « fin de CDD » ou de «CDDU » ne peut s’appliquer, tout CDD étant obligatoirement écrit, selon des critères précis.

Les fins de contrat légales qui donnent accès aux indemnités de Pôle emploi sont les mêmes pour tous les journalistes, y compris pigistes.

Une attestation mal remplie, c'est grave ?
En poste, à la pige ou en CDD, un formulaire mal rempli peut vous priver de certains de vos droits : début d’indemnisation retardé, montant diminué, et même refus du dossier. Ça se corrige, mais ce n’est pas toujours facile ni rapide.
En bref, pensez à vérifier que l’employeur a bien mis votre indemnité de départ dans la case des « indemnités dues aux journalistes » (et non pas dans celle des indemnités conventionnelles) ; qu’il ne déclare pas un salaire ou des cotisations abattus de 30 % sur la ligne dévolue à l’Assedic (l’abattement optionnel de 30 % n’est en aucun cas applicable aux cotisations Assedic) ; pour les pigistes, vérifiez qu’il n’a pas écrit « fin de piges » (aucune valeur légale), ni CDD ou CDDU en l’absence d’un contrat de travail écrit (ce qui peut entraîner une demande de trop-perçu).

Et si vous ne vous en sortez pas seul, un mail au SNJ (snj@snj.fr) permettra à votre interlocuteur de déceler l’origine du problème et, souvent, d’en obtenir la solution.  

(F. L.)

Sur Facebook, rejoignez le groupe "Infos pigistes SNJ".

dimanche 8 mai 2016

Il est venu, le temps de déclarer vos revenus


Comme chaque année, le SNJ vous rappelle que c'est la saison de votre déclaration de revenus. A La Réunion, vous avez jusqu'au 18 mai pour remplir et expédier la déclaration sur papier, et jusqu'au 7 juin pour la déclaration Internet.
Principale caractéristique de notre profession: l'allocation pour frais d'emploi, qui vous permet de déduire 7650 euros de vos revenus tirés du journalisme. Voir les détails sur le site national du SNJ. Notez aussi que la cotisation au SNJ vous donne droit à une réduction d'impôt. Et si vous n'êtes pas imposable, le fisc vous la rembourse partiellement. N'hésitez plus à adhérer au SNJ!
Petite nouveauté cette année: la prime d'activité n'est plus liée à la déclaration de revenus, mais eux prestations versées par la caisse d'allocations familiales.
Petit rappel: si votre employeur vous a imposé de travailler "sur factures" et/ou avec un statut d'auto-entrepreneur (qui vous empêche de percevoir cette allocation pour frais d'emploi), sachez qu'il y a des moyens de modifier la situation. Contactez quelqu'un du SNJ, et rejoignez le groupe Facebook "Infos pigistes SNJ".

1er mai. Petite précision de saison: ceux et celles qui ont travaillé le 1er mai doivent être payés double pour cette journée, même s'ils peuvent la "récupérer" ensuite. Vérifiez vos bulletins de salaire de mai. Voir nos précisions sur notre blog.

V.H.


jeudi 24 décembre 2015

Bonnes fêtes et bonne année 2016


En cette fin d’année 2015, le Syndicat national des journalistes n’a pas de cadeaux à vous offrir, juste quelques petites informations.
1.     Attention aux abattements sur les cotisations sociales. On vous rappelle que certains employeurs abusent d’une disposition légale pour diminuer les cotisations (sécurité sociale, retraite, chômage…). Cela donne l’apparence d’un salaire net plus élevé, mais cela diminue les futures prestations (chômage, maternité, retraites…). Le SNJ vous encourage à refuser ces abattements et surtout à vérifier sur vos bulletins de paie si les cotisations sont calculées sur le salaire brut ou sur le « brut abattu ». Normalement les employeurs doivent vous demander MAINTENANT votre avis pour pratiquer les abattements en 2016. C'est très technique, on essaie de vous expliquer ça sur notre blog et sur le site national.
2.     Toutes les entreprises doivent désormais faire cotiser leurs salariés à une mutuelle. Les journalistes pigistes sont aussi concernés. Quelle que soit la mutuelle choisie par leur(s) entreprise(s), les pigistes peuvent s’inscrire à Audiens, car les employeurs doivent y cotiser. Voir les prestations d'Audiens et ce qu'on vous a déjà expliqué ici.
3.     Les journalistes pigistes de l’audiovisuel (public ou privé, maisons de production) ont toujours droit à des formations. Après la réforme du 1er janvier 2015, leurs dossiers sont gérés directement par le siège national de l’Afdas. Voir les nouveautés de l'Afdas

Bonnes fêtes et bonne année 2016 à tous !


jeudi 8 octobre 2015

Etre pigiste en bonne santé, c'est possible!


En préalable au congrès 2015 du SNJ, une réunion d'information des pigistes s'est tenue mercredi 7 octobre à Marseille. Cela ne surprendra personne: les journalistes non mensualisés sont les plus vulnérables, à La Réunion ou à 10 000 km de chez nous.
Grande nouveauté pour les prochains mois: la loi oblige à partir de janvier 2016 les employeurs à cotiser à une mutuelle complémentaire pour la santé de TOUS les salariés, y compris les 6000 journalistes pigistes de France.
Certains employeurs préparent déjà un contrat collectif. Mais il est parfois difficile d'y intégrer les pigistes ("salariés à employeurs multiples"). Le SNJ vient donc de signer un accord qui crée un fonds collectif pour la santé des pigistes, auquel les employeurs DOIVENT cotiser chez Audiens.
Le SNJ vous encourage tous à vous affilier à Audiens: chaque pigiste doit en faire la démarche, tout simplement parce que cette affiliation est obligatoire. L'employeur cotise 0,40% du montant des piges, dès la première pige. Les pigistes paient 19€ par mois, et bénéficient de remboursements intéressants: remboursement lunettes de 143€ à 546€, remboursement lentilles 104€, remboursement contraception, ostéopathie...
Seule exception: si le montant des revenus est inférieur à 8645€ par an (pour une personne), il vaut mieux demander la CMUC (couverture maladie universelle complémentaire).
Pour les futures mamans, il est important de demander à l'employeur de payer le complément de salaire pendant le congé de maternité. Surtout s'il a pratiqué des abattements sur les cotisations, ce qui entraîne une indemnisation ridicule par la Sécu! Si l'employeur refuse, écrire en recommandé à la direction avec copie à l'inspection du travail.
Dans le cas des faux pigistes bénéficiant d'un CDD: l'employeur doit proposer au CDD (-12 mois) d'intégrer le régime collectif de l'entreprise. Si CDD > 12 mois, le salarié peut refuser mais il doit le faire par écrit.
Pour la retraite: attention l'employeur doit cotiser chez Audiens pour les journalistes pigistes. Toutes les informations sont regroupées, y compris celles des autres caisses, à partir de l'âge de 35 ans. Se connecter sur www.audiens.org, on vous envoie le mot de passe par courrier.

De tout ceci il faut retenir une leçon majeure: pour être bien soigné-e et avoir une retraite décente, il faut refuser le statut d'auto-entrepreneur lorsqu'on fait du journalisme. C'est d'ailleurs interdit!

Pour la formation: il y a du nouveau pour les journalistes pigistes, mais malheureusement il n'y a aucune info disponible pour l'outre-mer. Voir ici, en espérant que le site s'occupe bientôt des Ultramarins: moncompteformation.fr.

Fait à Carry-le-Rouet (congrès 2015 du SNJ), par Véronique Hummel

vendredi 25 septembre 2015

La rébellion paie !

(Photo Stéphan Laï-Yu)

Avis à toutes celles et à tous ceux qui acceptent de travailler dans des conditions indignes : la rébellion, ça paie !
C’est ce que vient d’expérimenter une journaliste pigiste, employée pendant cinq ans dans un média réunionnais. Un jour, conseillée par le SNJ, elle a eu le culot de demander des choses très simples : le paiement de jours de congé, le paiement du 13e mois, la régularisation des cotisations sociales…
L’employeur a fait « zoreÿ cochon dann marmite poi » et a tout simplement… arrêté les piges. Soutenue par le SNJ, elle a entamé une procédure aux Prud’hommes. Même si celle-ci n’est pas terminée (l’employeur a encore la possibilité de faire appel), notre consoeur vient déjà de gagner une bataille : elle reçoit un chèque de 12.000 euros de son employeur !
Cette bonne nouvelle prouve que malgré la précarité et le chantage à l’emploi, il faut toujours faire respecter ses droits. Ça commence par la demande de la carte de presse, symbole important pour nos patrons comme pour la justice. Car pour discréditer la journaliste pigiste, l’avocate de l’employeur a prétendu que notre consoeur n’avait pas sa carte de presse (ce qui était faux). 
Journalistes pigistes, faites votre demande de carte de presse et refusez d’être payés « sur factures », comme auto-entrepreneurs, ou autres arnaques. En cas de besoin, contactez le SNJ !

mercredi 23 juillet 2014

Lettre ouverte aux employeurs réunionnais de journalistes


Madame la Directrice, Monsieur le Directeur,

Les médias réunionnais forment un secteur économique très dynamique et nous en sommes tous heureux. Au Syndicat national des journalistes, nous le sommes beaucoup moins lorsque nous recueillons les témoignages de confrères et consoeurs recrutés pour exercer un travail de journaliste, mais sans respecter les droits attachés à cette profession.
Voici un florilège non exhaustif des infractions pour lesquelles nous sommes sollicités :
- Travail dissimulé, lorsqu’on emploie des journalistes sans les déclarer comme salariés, ou travail sans contrat.
- Journée de travail non payées, alors qu'elles ont été effectuées (notamment pour des pigistes).
- Statut d’auto-entrepreneur imposé à un(e) journaliste, alors que c’est illégal.
- Refus d’appliquer la Convention collective nationale du travail des journalistes, ce qui prive les journalistes du 13e mois, d’une partie des revenus en cas de maladie, d’une partie des cotisations pour leur retraite, etc.
- Confusion entre l’astreinte et la permanence, avec refus de payer les heures supplémentaires effectuées pendant ces astreintes.
- Abus de la rémunération sous forme de « piges » : ce mot cache souvent des emplois réguliers à temps presque complet, qui devraient être transformés en emplois en CDD ou CDI.
- Abus de l’emploi du « CDD d’usage » qui prive les journalistes d’indemnités de fin de contrat, et renforce leur précarité.
- Abattements abusifs sur les cotisations sociales : même si certains abattements sont légaux dans certaines conditions, nous avons démasqué plusieurs situations illégales qui portent un grave préjudice aux journalistes (voir par exemple le témoignage ci-dessous).
- Injonction de réaliser des reportages publicitaires, en contradiction avec la charte de déontologie.
- Abus du statut de stagiaire, lorsqu’on demande à des « stagiaires » journalistes non rémunérés d’assurer un travail de professionnel.
- Pressions psychologiques et arguments mensongers du type « Si je te vire, je connais tellement de monde que tu ne pourras plus trouver de travail à La Réunion ».
- Etc.
Le SNJ Réunion océan Indien reste vigilant. Il soutient actuellement des confrères et consoeurs qui veulent faire respecter leurs droits, et continuera à le faire, 
notamment grâce à la permanence juridique qu’il vient de créer (http://snjreunion.blogspot.com/p/le-snj-propose-aussi.html).
Par la présente, le SNJ vous demande à vous, employeur, de respecter les droits des journalistes que vous recrutez.
Fait à Saint-Denis, le 21 juillet 2014



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L’ultime crasse de Festival-RTL à une journaliste pugnace

Dans cette entreprise, les cotisations chômage étaient calculées sur le salaire brut abattu, ce qui est illégal et diminue les futures allocations chômage.
Elle a quitté son employeur, complètement écoeurée, et ne craint donc plus les représailles. Mais C. a demandé au SNJ de raconter son histoire, afin que son expérience serve à d’autres.
En 2009, C. est recrutée comme journaliste à Festival, l’une des radios du groupe H2R, devenue RTL en juin 2014. En 2013 elle commence à parler d’une rupture conventionnelle de contrat afin de quitter l’entreprise en 2014. Et en mai 2014 elle se rend à Pôle emploi pour se renseigner sur ses droits en cas de démission ou de rupture conventionnelle. Elle a besoin de quelques mois pour préparer le déménagement familial à l’étranger.
Et là, patatras : elle découvre que l’entreprise a pratiqué des abattements sur les cotisations de chômage, ce qui diminue les futures allocations qu’elle pourra percevoir pendant les quelques mois qu’il lui reste à passer à La Réunion. Entre-temps, son employeur a refusé la rupture conventionnelle –qui lui coûterait trop cher- et lui a suggéré de se faire licencier pour faute grave ! Dans tous les cas, elle percevra des allocations minorées.
Déboussolée, C. s’adresse au SNJ qui lui explique que ces abattements sont illégaux. Lorsqu’elle interroge la direction, elle note une vraie nervosité et reçoit comme réponse « Tout est régularisé depuis janvier 2014. Ne t’inquiète pas, Pôle emploi ne regarde que la dernière fiche de paie ». Ce qui est faux : C. a bien compris qu’avec des cotisations plus faibles pendant quatre ans, les allocations chômage seront diminuées. La direction essaie de la dissuader de rappeler Pôle emploi, avec ce remarquable argument : « l’administration réclamera de l’argent à nous et à toi aussi ; tu étais bien contente de gagner plus » (1). C. ne se démonte pas : « si je dois de l’argent à quelqu’un, je les appelle ».
Le lundi suivant, C. se rend à l’Urssaf, dans les bureaux de la CGSS. Le responsable du contrôle des employeurs lui explique que l’entreprise doit forcément régulariser les cotisations chômage des trois dernières années. Puis il observe les abattements pratiqués sur d’autres cotisations. Notamment sur les cotisations de retraite : les abattements sont légaux pour les journalistes, mais seulement dans certaines conditions. Or, C. n’a pas de carte de presse : les abattements sont donc illégaux. L’entreprise aurait dû payer les cotisations complètes pendant toutes ces années.
Le retour de C. à la rédaction se passe dans une ambiance tendue. Et la responsable des ressources humaines annonce que puisqu’il faut régulariser et payer les cotisations, on va ponctionner dans les salaires ! Les journalistes voient un patron énervé, qui reproche à la rédaction de « bouffer 80% du temps de la DRH » et menace de la fermer, de la délocaliser…
Déstabilisés, les journalistes acceptent l’échéancier proposé par la direction pour régulariser les cotisations : leur salaire de mai est donc amputé de ces sommes… Maigre consolation : ils ont au moins la satisfaction de savoir qu’en cas de chômage, ils percevront leurs allocations complètes. Et ce, grâce à la pugnacité de C.
Pour C., l’histoire ne s’arrête pas là. Fréquemment questionnée sur la date de son prochain départ, elle choisit de l’annoncer en avance pour faciliter l’organisation du service. Le 2 mai, elle remet sa lettre de démission en précisant qu’elle quittera l’entreprise le 13 juin. Mais le 6 mai au soir, tout dérape. C. raconte : « Le patron m’a dit de m’abstenir de travailler dès le lendemain. Comme ils ont reçu ma lettre le 2 mai, ils font courir le préavis d’un mois jusqu’au 2 juin. Il m’a même dit qu’il me faisait le cadeau de me payer à ne rien faire, qu’il me dispense de préavis et m’a reproché d’avoir semé la tension à la rédaction ». Autrement dit, C. est « virée » comme une malpropre, le plus légalement du monde.
C. n’a aucun recours juridique : Festival la "vire" le 2 juin, la privant ainsi de dix jours de salaire. C’est l’ultime crasse d’une radio qui n’aime pas les journalistes informés sur leurs droits, et a déjà été condamnée en novembre 2009 pour « travail dissimulé ». On peut s’inquiéter de la formation de « rédacteurs chroniqueurs » dans le « Studio école » monté dans les locaux de H2R : les jeunes y apprennent les techniques professionnelles des journalistes mais probablement pas à faire respecter leurs droits de journalistes !

(1)   Les cotisations sociales comprennent une part patronale et une part salariale. Lorsqu’on pratique des abattements, cela diminue les cotisations, et par conséquent cela augmente légèrement le salaire net. Voir nos informations ici : http://snjreunion.blogspot.com/2014/03/journalistes-cotisez-100-la-securite.html

Dans cette entreprise, les cotisations chômage étaient calculées sur le salaire brut abattu, ce qui est illégal et diminue les futures allocations chômage. La situation a été régularisée suite à la demande de notre consoeur.

mardi 4 mars 2014

Non à l'emploi abusif du mot "pigiste"!

Martine Rossard (deuxième à partir de la gauche), référente "pigistes" au SNJ, animait le stage. (Photo Julien Azam)
Une quinzaine de journalistes, dont une majorité de pigistes, ont participé au stage "Droits des pigistes" organisé les 28 février et 1er mars à Sainte-Marie (lire post précédent). Ces deux journées, animées par Martine Rossard, référente "pigistes" du Syndicat national des journalistes, ont été riches d'échanges entre personnes issues de médias très différents. Audiovisuel public ou privé, presse écrite régionale... Les débats ont prouvé qu'au-delà de la variété des expériences, les préoccupations sont souvent proches: la précarité est partout, il faut connaître ses droits pour les faire respecter. Les participants ont dénoncé l'emploi abusif du mot "pigistes" pour des journalistes qui sont en réalité recrutés en CDD, à la fois dans l'audiovisuel et dans la presse écrite, mais avec des rémunérations dérisoires. Cette confusion des mots permet malheureusement de maintenir un flou administratif propice aux arnaques. Les stagiaires ont également appris à décrypter les pièges d'un bulletin de salaire, exercice qui devrait être réalisé beaucoup plus souvent pour éviter les arnaques.

Le bureau du SNJ 974

dimanche 9 février 2014

Droits des pigistes: le programme du stage

(Photo E.D.)
Des journalistes "pigistes" payés sur facture, ou contraints de se déclarer comme auto-entrepreneurs, ça existe toujours... et c'est illégal. Pour que les journalistes concerné(e)s puissent faire valoir leurs droits, le SNJ Réunion-océan Indien organise une formation "Droits des pigistes" les 28 février et 1er mars prochains à Sainte-Marie. Ce stage sera animé par Martine Rossard (référente "pigistes" au SNJ à Paris) et ouvert à tous les journalistes pigistes de La Réunion. Seront aussi bienvenus les journalistes qui risquent de devenir pigistes bientôt, et les confrères et consoeurs élus dans les entreprises.

Au programme:
Vendredi 28 février: 
9 heures. Accueil, présentation des participants.
10 heures. L'article L. 7112-1, ce qu'est un journaliste pigiste et ce qu'il n'est pas: ni "indépendant" ni auto-entrepreneur. Et s'il est contraint de travailler ainsi, comment faire. Rémunération, droits légaux et conventionnels. Les obligations du journaliste pigiste (déclarer les autres collaborations, loyauté...). Echanges et témoignages des participants.
Vers 12 heures: repas
13h30. Demander et conserver sa carte de presse (avec Flavien Rosso, délégué régional pour la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels).
15 heures. Le droit à la formation, avec Sandrine Fontaine (Opcalia).
16h30. Modification et rupture du contrat de travail du journaliste pigiste.

Samedi 1er mars:
9 heures. Atelier "savoir lire sa fiche de paie". Que chaque participant(e) apporte deux bulletins de salaire, un de début d'année, un de fin d'année civile. Discussion sur les couvertures Sécurité sociale et prévoyance (Audiens) obligatoires, la complémentaire santé, l'assurance sécurité reportage, les prestations d'Audiens. La santé des journalistes pigistes: arrêt maladie, congé maternité, accident du travail.
Vers 12 heures: repas.
13h30. Suite des thèmes de la matinée. Droits d'auteur (rappel de la loi Hadopi).
Discussion autour de la charte d'éthique du SNJ, avec le référent "déontologie".

Stage gratuit. Télécharger le questionnaire suivant, et renvoyer les réponses à snjreunion@gmail.com. Ou l'imprimer, le remplir et le faire parvenir à un(e) élu(e) SNJ.



Info pratique.
Stage au Case Le Verger (près du lycée Le Verger à Sainte-Marie) vendredi 28 février et samedi 1er mars de 9 heures à 17 heures. Parking facile et gratuit. Accès possible par Car jaune (ligne G).
Repas à la charge des participants. Possibilité de manger à proximité (snacks, self-service...).
Matériel: que chaque participant apporte deux fiches de paie (voir ci-dessus), éventuellement contrats ou autres documents à étudier. Apporter de quoi prendre des notes.
Pour s'inscrire: snjreunion@gmail.com. Renseignements: 06 92 01 52 99. Clôture des inscriptions le 20 février.

PS: déjà quelques informations pratiques ici: http://snj.fr/spip.php?article4314, http://lyonpiges.fr/?p=3109

vendredi 31 janvier 2014

Le bonus Cospar intégré dans les salaires... c'est un droit

Le SNJ dans la manifestation pour le Cospar, 29 novembre 2013.

Les journalistes du Quotidien avaient montré l'exemple. Avec le SNJ et suite à une grève de deux semaines pour l'augmentation de salaires, ils avaient obtenu dès 2011 l'intégration du bonus Cospar dans les salaires. A Antenne-Réunion, la direction a accordé cette intégration fin 2011. Et la bonne nouvelle vient de tomber au Journal de l'île de La Réunion: la prime est intégrée dans les salaires à partir de janvier 2014. Ceci après la mobilisation du SNJ et du collectif "Cospar - 117 sacrifiés".
D'autres médias n'ont jamais payé ce bonus, ce qui est dommage. Le SNJ soutiendra tous les journalistes qui  revendiqueront l'intégration de cette prime dans leurs salaires, puisque de nombreux journalistes réunionnais y ont droit. Sans oublier que les pigistes, présumés en CDI (contrat à durée indéterminée) à temps partiel, ont également droit à cette prime, proratisée en fonction du temps de travail.

Le bureau du SNJ 974


mardi 28 janvier 2014

Café syndical: "Le journalisme et les people"

Copie d'écran de la Une du JIR du 11 janvier 2014.

La presse britannique n'en revient pas (*): les médias français ont accordé plus d'importance à la politique économique du président de la République qu'à sa vie privée!
Entre confrères/consoeurs de cultures différentes, ces divergences sont de bonne guerre. Et cela nous incite à nous pencher sur le traitement journalistique de ces affaires de coeur... mais de coeur d'hommes de pouvoir. Devons-nous rougir de ces choix éditoriaux? Ou au contraire nous en féliciter? Faire plus de place au journalisme "people"? Quelle incidence cela a-t-il sur notre travail quotidien?
De tout cela, le SNJ vous invite à discuter vendredi 7 février à partir de 19 heures, à l'occasion de notre café syndical sur le thème "Le journalisme et les people". Rendez-vous aux Pot'irons (face à la CGSS à Saint-Denis). Chacun(e) paie sa consommation.


Le bureau du SNJ 974


PS. Dès maintenant, réservez deux jours, les 28 février et 1er mars, pour un stage syndical sur les droits des journalistes pigistes. Stage qui s'adresse aux pigistes, à ceux qui les recrutent, et aux journalistes contraints de travailler comme "auto-entrepreneurs". Le SNJ 974 vous tiendra informé.

(*) http://www.theguardian.com/world/2014/jan/15/french-press-hollande-politics-sex-life-social-democrat?CMP=twt_gu 
Lire aussi ici: http://www.theguardian.com/lifeandstyle/2014/jan/21/first-lady-sexist-job-valerie-trierweiler

dimanche 26 janvier 2014

Moins de demandes de cartes de presse en 2013


La Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels vient de révéler ses statistiques pour l'année 2013. 
Premier constat: la baisse nationale du nombre de cartes de presse. 36 823 cartes ont été délivrées l'année dernière contre 37 012 en 2012. Soit presque deux cents de moins.  Une constance dans la diminution donc, puisque, malgré un rebond en 2012, le nombre "d'encartés" baisse régulièrement depuis cinq ans, après le pic enregistré en 2009 avec 37 309 cartes.
Cette diminution se constate tout particulièrement sur les premières demandes. La commission a octroyé 1 716 premières cartes en 2013, contre 1 993 en 2012 et 2162 en 2006, il y a à peine sept ans.
C'est un indice fort de la situation de la profession, d'autant qu'il se conjugue avec une précarisation de plus en plus importante. Le nombre de pigistes, CDD (contrats à durée déterminée) et chômeurs représente 25% de la totalité des cartes, mais surtout 66% des premières demandes, contre 61,5% l'année dernière.
Ces statistiques confirment également la féminisation de la profession puisque 46% des journalistes sont désormais des femmes, contre 45,75% l'an passé.
Il est encore trop tôt pour connaître le détail du nombre de cartes région par région. On saura autour du mois de juin si le nombre total de cartes a progressé ou diminué à La Réunion, où il était de 231 en 2012.

A La Réunion, ce que l'on peut déjà dire, c'est qu'il y a eu, comme au niveau national, moins de premières demandes, avec 14 dossiers contre 17 en 2012, avec une égalité totale entre hommes et femmes (7 chacun). Onze nouvelles cartes ont été attribuées (contre quinze l'année précédente), une a été refusée et deux dossiers sont toujours en examen.

Le bureau du SNJ 974

samedi 28 septembre 2013

Pour un "bonus-malus social" dans la presse

Pourquoi les journalistes français sont-ils, dans leur très grande majorité, si mal payés pour leur travail, alors que beaucoup d’entreprises bénéficient d’importantes subventions publiques ? C’est l’une des questions qui ont été récemment abordées le 25 septembre par trois délégués du Syndicat national des journalistes avec Rudy Salles, rapporteur de la commission de l’Assemblée nationale pour les crédits « presse » du projet de loi des finances pour 2014. Le SNJ a –une fois de plus- expliqué que la presse française a de l’argent, mais qu’elle ne l’utilise pas forcément pour faire son travail et informer les citoyens. Voici un résumé des arguments du SNJ :
La PQR/PQD (*), c'est :
- 35 % de l'emploi salarié détruit en l'espace de vingt ans (on est passé de 23.000 emplois en 1990 à 15.000 en 2011) (source : cabinet Secafi).
- près des 2/3 des journalistes de moins de 26 ans en CDD ou pigistes (source : cabinet Secafi).
- En termes de productivité : plus 25 % entre 2004 et 2011 (source : cabinet Secafi).
- En termes de rémunération : 15 % des journalistes mensualisés gagnent moins de 2.000 euros bruts par mois et 31,5 % entre 2.000 et 3.000 euros bruts (avec, en moyenne, un niveau d'études bac + 4, bac + 5) ; 37 % des pigistes gagnent moins de 1.500 euros bruts par mois (source : commission de la carte, chiffres 2010). (*)
En parallèle, l'ensemble de la presse écrite perçoit chaque année entre 1 et 1,2 milliard d’euros d'aides publiques, souvent contradictoires et réparties de manière opaque, et, en tout cas, sans aucun contrôle, la Cour des comptes parlant de "système de guichet".
Le SNJ a donc à nouveau demandé la mise en place d'un système de bonus-malus social, basé sur des critères objectifs, auquel serait conditionnée l'attribution des aides à la presse. Le SNJ a réaffirmé sa volonté de voir l'Etat s'affirmer dans son rôle de régulateur et ne plus se contenter de signer des chèques en blanc à des syndicats d'éditeurs tous concurrents sur le marché des aides publiques. On se souvient que le groupe Hersant (ancien propriétaire du Journal de l’île de La Réunion) est dirigé par un "exilé fiscal", qui fait l'objet d'une enquête pour abus de biens sociaux tout en continuant de percevoir des aides publiques sans le moindre contrôle. Le SNJ rappelle que les aides à la presse ont un but citoyen: garantir une presse de qualité et aider au pluralisme, inscrit dans la Constitution française (article 34).
Le SNJ rappelle que la qualité de l'information est directement liée à la Charte d'éthique professionnelle des journalistes et qu'elle ne peut s'émanciper des conditions sociales de production de l'information : pour travailler correctement les journalistes doivent être correctement payés. On verra, lors du vote du budget 2014 au Parlement, si le SNJ a été entendu.
Le bureau du SNJ 974
 (avec le secrétariat national du SNJ)

(*) PQR : presse quotidienne régionale. PQD : presse quotidienne départementale, dont font partie les trois quotidiens réunionnais (JIR, Quotidien et Témoignages), où travaillent la moitié des journalistes de La Réunion. Les chiffres sur la précarité et la rémunération portent sur l'ensemble des journalistes de la presse écrite française.

dimanche 1 septembre 2013

Pour nos retraites, mobilisons-nous le 10 septembre


La "réforme" des retraites est une arnaque. Comment peut-on croire qu'on percevra une retraite après 43 ans de cotisations, alors que les générations actuelles n'obtiennent même pas un emploi à temps complet avant 25 ans? A supposer que ces journalistes aient constamment un travail, sans période de chômage ou d'auto-entreprenariat contraint, ils devront travailler jusqu'à 68 ans. Et nous savons qu'il s'agit là d'une situation trop rare pour être vraisemblable: la profession se précarise (voir notre article du 11 juillet ci-dessous); des médias refusent de salarier leurs journalistes en leur imposant un statut d'"indépendant". La plupart des journalistes devront travailler bien après 70 ans pour percevoir une retraite décente.
Contre cette arnaque, il y a des solutions, proposées par l'Union syndicale Solidaires: notamment une autre répartition des richesses, qui restituerait aux salariés une partie de la richesse qui va actuellement aux actionnaires (*). Les fortunes augmentent, certaines vont se cacher à l'étranger (voir notamment l'empire Hersant qui a bénéficié des subventions publiques pour la presse... avant de brader ses journaux, alors que son patron s'est exilé en Suisse pour payer moins d'impôts). Cette "réforme" des retraites enrichira ceux qui peuvent s'acheter des immeubles de rapport, et appauvrira tous ceux qui n'auront que leur retraite pour payer un logement.
Pour dire non à cette arnaque nationale, le Syndicat national des journalistes appelle à la grève et à la manifestation, mardi 10 septembre à partir de 9 heures au Jardin de l'Etat à Saint-Denis, avec l'union Solidaires, la CGTR, la FSU, FO et l'Unef.

Le bureau du SNJ 974


(*) Télécharger ici le document "Note mesures retraites def" : http://solidaires.org/article45500.html

Travailler plus longtemps, alors que les jeunes ne trouvent pas d'emploi?

Il n’y a malheureusement pas de surprise dans la réforme des retraites annoncée. Bâti sur un nouvel allongement de la durée de cotisation et une hausse des cotisations sociales, le projet de loi gouvernemental ne fait que prolonger la loi Fillon (2010), dans la continuité des mesures prises depuis 2003 pour « sauver le système de retraites par répartition ». Mais quelle est la logique de cette nouvelle réforme ? Faire travailler plus longtemps les salariés, alors que les jeunes ne trouvent pas d’emploi ? Un autre partage du travail doit être possible.
A raison d’un trimestre de plus à cotiser tous les trois ans à partir de 2020, il faudra 43 annuités aux admissibles de 2035 pour obtenir le taux plein et éviter la décote (-5% par annuité manquante, et jusqu’à -25%). L’hypocrisie de ce système, c’est qu’il conduira à une inéluctable baisse du niveau des retraites. Inéluctable, puisque l’entrée dans la vie active est de plus en plus tardive, compte tenu de la situation du marché de l’emploi, et la porte de sortie ouverte de plus en plus tôt par les patrons. A 55 ans, le plan seniors, c’est dehors !
Conséquence : si les nouveaux critères de prise en compte des trimestres cotisés (apprentis, étudiants, congés maternité) vont dans le bon sens, ce sont encore et toujours les salariés les moins bien payés, et aux carrières incomplètes (les femmes notamment), qui seront le plus pénalisés. Dans une situation où la moitié des salariés ne sont plus dans l’emploi au moment de faire valoir leurs droits à la retraite, où l’espérance de vie en bonne santé stagne, voire régresse, les projets du gouvernement sont inacceptables.
Particulièrement touchés par la crise, les journalistes figurent parmi les professions qui auront le plus à souffrir d’une réforme inéquitable. Car la précarité qui mine le secteur des médias renforce la difficulté pour les jeunes journalistes de trouver un emploi stable, et condamne la plupart des confrères à des carrières tardives et morcelées. Car derrière les salaires des « stars de l’info », les rémunérations sont indignes dans nombre de grilles salariales de la profession. Car les patrons de presse, qui ont su, de tous temps, transformer les clauses de cessions en plans de licenciements déguisés, usent et abusent de la rupture conventionnelle à tour de bras, pour pousser dehors les gêneurs, et les « trop vieux ».
Plus que de mesurettes financées en grande partie par les ménages, la pérennité du système de retraites par répartition doit reposer sur une autre répartition des richesses. Les exonérations de cotisations patronales, sans aucune contrepartie pour les entreprises, n’ont jusqu’à présent pas prouvé leur efficacité économique et sociale. En 2012, les dividendes versés par les entreprises du CAC 40 à leurs actionnaires ont atteint 40,9 milliards d’euros, en hausse de 5% ! La fraude fiscale représente 60 à 80 milliards d’euros de manque à gagner, par an, pour les caisses de l’Etat.
Pour changer la donne, la mobilisation interprofessionnelle est indispensable. Première organisation de la profession, le Syndicat National des Journalistes, membre fondateur de l’Union syndicale Solidaires, appelle dans toute la France l’ensemble de ses sections à soutenir toute forme de mobilisation inter-catégorielle. Le SNJ appelle l’ensemble des journalistes à participer massivement à la journée nationale d’actions, de grève et de manifestations, du mardi 10 septembre 2013.