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jeudi 24 décembre 2015

Bonnes fêtes et bonne année 2016


En cette fin d’année 2015, le Syndicat national des journalistes n’a pas de cadeaux à vous offrir, juste quelques petites informations.
1.     Attention aux abattements sur les cotisations sociales. On vous rappelle que certains employeurs abusent d’une disposition légale pour diminuer les cotisations (sécurité sociale, retraite, chômage…). Cela donne l’apparence d’un salaire net plus élevé, mais cela diminue les futures prestations (chômage, maternité, retraites…). Le SNJ vous encourage à refuser ces abattements et surtout à vérifier sur vos bulletins de paie si les cotisations sont calculées sur le salaire brut ou sur le « brut abattu ». Normalement les employeurs doivent vous demander MAINTENANT votre avis pour pratiquer les abattements en 2016. C'est très technique, on essaie de vous expliquer ça sur notre blog et sur le site national.
2.     Toutes les entreprises doivent désormais faire cotiser leurs salariés à une mutuelle. Les journalistes pigistes sont aussi concernés. Quelle que soit la mutuelle choisie par leur(s) entreprise(s), les pigistes peuvent s’inscrire à Audiens, car les employeurs doivent y cotiser. Voir les prestations d'Audiens et ce qu'on vous a déjà expliqué ici.
3.     Les journalistes pigistes de l’audiovisuel (public ou privé, maisons de production) ont toujours droit à des formations. Après la réforme du 1er janvier 2015, leurs dossiers sont gérés directement par le siège national de l’Afdas. Voir les nouveautés de l'Afdas. 

Bonnes fêtes et bonne année 2016 à tous !


dimanche 29 novembre 2015

"Il faut peut-être moins travailler pour mieux travailler."


Une journaliste d'une radio réunionnaise privée a reçu récemment des reproches écrits de sa hiérarchie. Car elle avait refusé de faire un direct alors qu'il ne se passait rien! Ne rigolez pas, ça s'est réellement passé comme ça: dans notre métier il n'est pas rare de recevoir ces injonctions qui lui font perdre son sens.
Cette perte de sens fait partie des évolutions constatées par l'étude du cabinet Technologia, menée en partenariat avec le Syndicat national des journalistes, avec des réponses émanant de toute la France, y compris de La Réunion. Les conclusions de l'étude ont été restituées pendant le congrès du SNJ en octobre dernier. Une consoeur de France3 témoigne: "A France3 il y a une perte de sens, on ne fait que des bouts de reportage. On nous dit les questions à poser, et même les réponses à trouver! La passion du métier ne peut plus jouer quand on a une perte de sens."
Ce qui est confirmé par Technologia: "On peut accepter une forte charge de travail seulement si on a de l'autonomie et si le travail a du sens. Mais dans presse écrite on ne sait pas pourquoi on fait Internet." Eh oui, 60% des journalistes exercent leurs fonctions sans en connaître les définitions précises. Et nous avons tous remarqué que les durées de travail sont "hors limites" comme l'explique l'étude: 60% des journalistes travaillent plus de 8 heures par jour, dont 20% au-delà de 10 heures. Et surtout, 80% des journalistes notent l'absence de débat sur l'évolution de leur métier. En gros, on bosse toujours plus mais sans savoir pourquoi... Ce qui aboutit à 94% de journalistes stressés et fatigués.
Normal? Non, assure Techologia. Le "syndrome d'épuisement professionnel" (vrai nom du burn-out) est un vrai danger. "En Allemagne, 8 millions de personnes sont menacées d'épuisement professionnel. Il faut peut-être moins travailler pour mieux travailler." Et il faut surtout exiger dans chaque entreprise la "banque de données économiques et sociales", obligatoire mais encore trop souvent inexistante. Ne pas hésiter à saisir l'inspection du travail!
Véronique hummel

jeudi 8 octobre 2015

Etre pigiste en bonne santé, c'est possible!


En préalable au congrès 2015 du SNJ, une réunion d'information des pigistes s'est tenue mercredi 7 octobre à Marseille. Cela ne surprendra personne: les journalistes non mensualisés sont les plus vulnérables, à La Réunion ou à 10 000 km de chez nous.
Grande nouveauté pour les prochains mois: la loi oblige à partir de janvier 2016 les employeurs à cotiser à une mutuelle complémentaire pour la santé de TOUS les salariés, y compris les 6000 journalistes pigistes de France.
Certains employeurs préparent déjà un contrat collectif. Mais il est parfois difficile d'y intégrer les pigistes ("salariés à employeurs multiples"). Le SNJ vient donc de signer un accord qui crée un fonds collectif pour la santé des pigistes, auquel les employeurs DOIVENT cotiser chez Audiens.
Le SNJ vous encourage tous à vous affilier à Audiens: chaque pigiste doit en faire la démarche, tout simplement parce que cette affiliation est obligatoire. L'employeur cotise 0,40% du montant des piges, dès la première pige. Les pigistes paient 19€ par mois, et bénéficient de remboursements intéressants: remboursement lunettes de 143€ à 546€, remboursement lentilles 104€, remboursement contraception, ostéopathie...
Seule exception: si le montant des revenus est inférieur à 8645€ par an (pour une personne), il vaut mieux demander la CMUC (couverture maladie universelle complémentaire).
Pour les futures mamans, il est important de demander à l'employeur de payer le complément de salaire pendant le congé de maternité. Surtout s'il a pratiqué des abattements sur les cotisations, ce qui entraîne une indemnisation ridicule par la Sécu! Si l'employeur refuse, écrire en recommandé à la direction avec copie à l'inspection du travail.
Dans le cas des faux pigistes bénéficiant d'un CDD: l'employeur doit proposer au CDD (-12 mois) d'intégrer le régime collectif de l'entreprise. Si CDD > 12 mois, le salarié peut refuser mais il doit le faire par écrit.
Pour la retraite: attention l'employeur doit cotiser chez Audiens pour les journalistes pigistes. Toutes les informations sont regroupées, y compris celles des autres caisses, à partir de l'âge de 35 ans. Se connecter sur www.audiens.org, on vous envoie le mot de passe par courrier.

De tout ceci il faut retenir une leçon majeure: pour être bien soigné-e et avoir une retraite décente, il faut refuser le statut d'auto-entrepreneur lorsqu'on fait du journalisme. C'est d'ailleurs interdit!

Pour la formation: il y a du nouveau pour les journalistes pigistes, mais malheureusement il n'y a aucune info disponible pour l'outre-mer. Voir ici, en espérant que le site s'occupe bientôt des Ultramarins: moncompteformation.fr.

Fait à Carry-le-Rouet (congrès 2015 du SNJ), par Véronique Hummel