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dimanche 31 mai 2015

Carte de presse 2e tour: votez SNJ!


Un score de 58% en Outre-mer, et 49% au niveau national, c'est bien pour le SNJ. Mais malheureusement, le nombre de votants n'a pas été suffisant au premier tour des élection à la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels: le taux de participation n'a été que de 35% au niveau national, et seulement 24% en Outre-mer. La suite est logique: tous les journalistes titulaires d'une carte de presse sont invités à voter pour le deuxième tour à partir de ce 1er juin. IL NE FAUT PAS TARDER, car le scrutin se terminera le 11 juin.
Pour le premier tour en Outre-mer, tous les votants (171) ont choisi le vote électronique. On comprend pourquoi: ceux qui avaient choisi le vote par courrier postal ont reçu leur matériel de vote... après le scrutin!
Il est important de faire encore mieux qu'au premier tour, où le SNJ a recueilli en outre-mer 99 voix sur 705 électeurs inscrits (dont 228 inscrits à La Réunion). Nous vous encourageons évidemment à voter pour notre confrère Flavien Rosso, journaliste au Quotidien de La Réunion et déjà correspondant régional de la CCIJP. Voter pour le SNJ, c'est voter pour l'expertise et l'efficacité!

Flavien Rosso, candidat SNJ.
En pratique:
Vous avez normalement dû recevoir une grande enveloppe blanche avec le matériel de vote: les professions de foi et le mode d'emploi. Le vote commence ce lundi 1er juin à partir de 19 heures (heure Réunion) sur le site de la CCIJP. Votre clé de vote est la même qu'au premier tour. En cas de perte du code confidentiel, rendez-vous sur http://ccijp.net/ et suivez les instructions. 
Attention: le vote se terminera le 11 juin à 15 heures (heure Réunion).

mercredi 1 avril 2015

Comité national: difficile après-Charlie

Le SNJ, premier syndicat de la profession, a tenu vendredi 27 et samedi 28 mars son comité national à Paris. Voici les principaux points abordés par ce qui est le Parlement du Syndicat national des journalistes.


Esprit Charlie, où es-tu ? La profession a été secouée par un tremblement de terre le 7 janvier dernier avec l’attentat contre Charlie Hebdo. Spontanément, et bien au-delà des entreprises de presse, un mouvement pour la défense de la démocratie et de la liberté de la presse s’est levé dans tout le pays. Les initiatives se sont multipliées, dont beaucoup avec le SNJ à leur tête, pour faire perdurer ce qui a été appelé « l’esprit du 11 janvier ».
Mais aujourd’hui, force est de constater que cette liberté d’expression est en danger.
Par les menaces d’État d’abord. Avec le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) qui s’érige en censeur de la déontologie des journalistes. Mais aussi avec les projets de loi, comme celui sur « le secret des affaires » dans la loi Macron ou la protection des sources. Heureusement, ces projets ont été retirés au tout dernier moment, mais il faut rester vigilant, car c’est à un véritable détricotage de la loi sur la presse de 1881 que s’attellent les pouvoirs publics.
Autre menace, la crise économique. Comme il est écrit dans un communiqué, rédigé à la fin du comité national, « sous l'alibi de l'austérité imposée, les rédactions et les journalistes se voient donnés un tour de vis supplémentaire : salaires bloqués, moyens sacrifiés, tâches accumulées et multipliées, mises en cause générales des droits des salariés, succession de plans dits "sociaux", développements accélérés des souffrances au travail. » La profession n’en peut plus et lors de ce comité, les différents rapports des sections ont montré le ras-le-bol généralisé. Surtout que l’État ne respecte pas ses promesses, sur les réformes des aides à la presse, la reconnaissance juridique de l’équipe rédactionnelle et l’instance nationale de déontologie.

Voir ici la vidéo: http://www.ccijp.net/
Les élections à la CCIJP. Tous les trois ans, les titulaires de la carte de presse élisent leur représentants à la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP). Seize représentants des journalistes sont élus à la commission de première instance (8 titulaires et 8 suppléants), trois à la commission supérieure (1 titulaire et 2 suppléants) et trente-huit en région (1 titulaire et 1 suppléant par région).
Aux élections de 2012, le SNJ a remporté 51% des voix, une progression de +2% par rapport à 2009. Cette année, avec des élections prévues du 24 avril au 12 mai, le but sera de faire aussi bien. Mais surtout d’atteindre le quorum, que l’on n’a plus atteint depuis quatre scrutins. En 2014, 36 317 cartes ont été distribuées, il faut donc pour le quorum, un peu plus de 18 000 votants. C’est dans cette optique que le SNJ, seul syndicat à présenter des candidats à tous les niveaux de décision, doit faire campagne et mobiliser bien au-delà de ses adhérents.

Les dernières évolutions législatives sur la représentativité des organisations syndicales. La loi du 20 août 2008 a modifié le paysage syndical. Elle favorise les grandes centrales et limite l'influence des petites ou des syndicats catégoriels, comme le nôtre. Ainsi, un syndicat catégoriel ne peut appeler seul à un mouvement de grève dans une entreprise ou signer un accord intercatégoriel. De plus, malgré son combat datant de nombreuses années, le SNJ a échoué à rendre obligatoire le collège "journalistes" dans les entreprises de presse. Enfin, les syndicats comme le nôtre sont aussi frappés au portefeuille. D’où un débat lors de ce comité pour que le SNJ puisse, à l’avenir, conserver et accroître son influence. Débat qui se prolongera au Congrès en octobre prochain.

La parité dans nos instances. Selon les dernières statistiques de l’Insee, la France compte 51,6% de femmes et 48,4% d’hommes. La profession de journaliste est un peu en décalage avec 54% d’hommes et 46% de femmes. Le SNJ l’est encore plus dans ses instances de décision. Si la liste pour les prochaines élections à la CCIJP respecte la parité avec 29 hommes et 28 femmes, le Bureau national du SNJ est constitué de 80% d’hommes pour seulement 20% de femmes, tandis que le ratio au sen du comité national est de 62% d’hommes et 38% de femmes. Le débat au comité national, samedi matin, a donc porté sur les moyens à mettre en œuvre pour la parité. Faut-il recommander ou contraindre ? Finalement, le comité national a décidé de donner un signal fort de volontarisme. L’idée d’un congrès extraordinaire pour modifier les statuts, afin d’aller vers cette parité a été adoptée. En octobre prochain, il sera donc adossé au congrès ordinaire qui se déroulera près de Marseille.

La réforme du bulletin de paye. Dans la droite ligne du choc de simplification voulu par le président de la République, un projet de réforme du bulletin de paie est envisagé pour le 1er janvier prochain. La principale idée de cette réforme est de « raboter » quelques lignes dans le bulletin, et notamment les cotisations patronales. Le comité national a rappelé sa plus grande réserve sur ce point. Si les cotisations n’apparaissent pas sur la feuille de paie, le salarié ne saura pas si son employeur les paie réellement. Ce qui peut être fort préjudiciable en cas de chômage ou lors du départ à la retraite.
Certes, la loi pourrait contenir une obligation pour l’employeur de délivrer un récapitulatif annuel des cotisations qu’il a versées. Or, dans un groupe de presse français, où certaines cotisations patronales n’apparaissent déjà pas sur les feuilles de paie, cette obligation qui existe dans le code du travail n’est pas respectée. Il y a donc le risque qu’elle ne le soit pas non plus dans l’avenir. Pour toutes les autres entreprises de presse.
Le SNJ demande donc qu’une véritable concertation sur cette réforme soit ouverte et que ce point crucial soit abordé.

 Compte rendu: Flavien Rosso 


mardi 24 avril 2012

"Reconnaissance du statut de salarié du journaliste"


Après vingt ans de bons et loyaux services, Yannick Bernardeau a décidé de ne pas se représenter comme correspondant régional de la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels. Diplomé du Cuej de Strasbourg, journaliste au Quotidien de la Réunion depuis 1982, il revient sur l'évolution d'une profession qu'il a suivie de près. Face à la précarisaion, la carte de presse demeure une reconnaissance du statut des journalistes.

Quelles évolutions avez-vous pu constater en tant que correspondant régional?

En vingt ans de mandat, l'évolution la plus significative reste la précarisation de la profession avec des revenus en constante diminution, l'abus des stages non rémunérés et des CDD avec délai de carence. Quand ce n'est pas le statut de travailleur indépendant ou d'auto-entrepreneur que certains employeurs imposent aux jeunes journalistes, notamment dans les radio et télévisions privées et la presse en ligne. Pour les employeurs, c'est tout bénéfice puisqu'il ne payent aucune charge patronale en violation de la loi Cressard sur les journalistes rémunérés à la pige. Rappelons que ces journalistes payés en honoraires sans charges patronales ne bénéficient ni du 13e mois, ni des congés payés, ni d'une véritable couverture sociale. Cela relève d'une fraude à la sécurité sociale, car le journalisme reste une profession salariée et cela peut même relever du travail dissimulé.

Qu'est-ce qui pousse certains médias à ne pas employer de détenteur de carte, voire à déconseiller leur obtention?

La carte de presse marque la reconnaissance du statut de salarié du journaliste. Certains employeurs ne veulent donc surtout pas en entendre parler et ils n'hésitent pas à licencier ceux qui en font la demande ou l'obtiennent. Précisons que même si son employeur lui refuse de signer le certificat à joindre à la demande, un journaliste peut obtenir sa carte de presse s'il exerce sa profession selon les critères fixés par le Code du travail. Car c'est bien la commission et non pas l'employeur qui délivre la carte.

Quel a été votre rôle au sein de la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels (CCJIP)?

Le rôle du correspondant régional est de mener sur le terrain une enquête permettant de vérifier si les demandeurs de carte de presse exercent bien la profession de journaliste, tel qu'elle est codifiée par l'article L.7111-3 du Code du travail: "est journaliste, professionnel toute personne qui a pour activité principale, régulière et rétribuée, l'exercice de sa profession dans une ou plusieurs entreprises de presse, publications quotidiennes et périodiques ou agences de presse et qui en tire le principal de ses ressources."

Cette définition est-elle si facile à appliquer?

Le problème c'est que cette définition du journalisme date de 1935 et que notre profession a depuis connu d'importants bouleversements dans ses techniques, ses supports (radio, télévision, presse en ligne) et ses modes d'exercice. "De plus, la définition axée sur les conditions économiques et sociales ne dit pas non plus ce qu'est le travail du journaliste au quotidien. Or c'est bien le critère numéro un pour apprécier qui est journaliste professionnel ou pas. C'est pourquoi une instance composée de professionnels (journalistes et dirigeants de presse) est irremplaçable" rappelle le président SNJ de la commission Eric Marquis. Dans son livre "Obtenir sa carte de presse et la conserver" (Victoire Editions), Olivier Da Lage avance même que " par ses décisions sur les "cas-limites", la commission définit les frontières de la profession" .  Comme les autres correspondants régionaux, celui des Dom-Tom reste un maillon indispensable dans l'attribution des cartes de presse et le respect du statut de notre profession.

La zone Outre-mer est vaste, deviez-vous couvrir l'ensemble de la zone?

Pour des raisons de proximité, les correspondants titulaire et suppléant se sont partagé la vaste région Outre-mer. A ma collège de Guadeloupe 1ère Linda Gauthier-Naudin , le soin de traiter les demandes émanant de la zone Atlantique (St-Pierre et Miquelon, Antilles et Guyane). A moi celle de suivre toute la zone Pacifique (Polynésie, Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna) et océan Indien (Réunion et Mayotte). Ce partage entre presse écrite et audiovisuel et régions géographiques devrait se poursuivre si nos candidats, Flavien Rosso (Quotidien de la Réunion) et Olivier Lancien (Guadeloupe 1ère) sont élus. Ce dont je ne doute pas puisque le SNJ fait généralement son meilleur score Outre-mer.

Vous est-il arrivé de donner des avis défavorables sur l'attribution de certaines cartes?

Les demandes émanant dans leur grande majorité de journalistes professionnels exerçant dans des médias (radio-télé, journaux) reconnus, j'ai très peu souvent émis d'avis défavorable. Précisons qu'il s'agit d'avis, mais que la commission de 1ère instance reste libre de suivre ou non l'avis des correspondants régionaux.

Il y en a eu?

Cinq cas ces trois dernières années. Deux en 2009, un concernant un rédacteur publicitaire travaillant en indépendant pour le gratuit d'un quotidien et l’autre une collaboratrice du magazine d'une compagnie aérienne, avis finalement suivis par la commission. Un en 2010 concernant un animateur assurant les informations routières sur une radio, auquel la commission a finalement attribué la carte de journaliste. Enfin deux en 2011 : le premier concernant la personne assurant la rubrique et les pages courses hippiques d'un quotidien, auquel la commission a là aussi décidé d’attribuer la carte, et l’autre pour le même rédacteur publicitaire travaillant en indépendant pour un gratuit, auquel la carte a de nouveau été refusée.

Pourquoi selon-vous, les journalistes qui exercent dans les règles doivent demander ou renouveler leur carte?

Dès lors qu'il a trois fiches de paye ou trois mois de piges, tout journaliste doit impérativement demander sa carte de presse. Elle lui servira non seulement dans l'exercice de son métier, notamment dans ses relations avec les autorités, mais surtout à faire valoir ses droits (13e mois, congés payés, ancienneté, clauses de conscience et de cession) inscrits dans la convention collective nationale des journalistes. Ceux qui ont la chance d'en bénéficier doivent bien évidemment la faire renouveler chaque année, même en cas de perte d'emploi, car pour les aider à retrouver du travail, la commission délivre une carte aux chômeurs pendant deux ans.

Nicolas Bonin