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lundi 2 avril 2018

Stop aux attaques personnelles entre journalistes !





Ces derniers temps les agressions entre médias se multiplient. Attaques personnelles, insultes, que ce soit sous couvert d'éditoriaux ou de pages humoristiques… La dernière en date consiste à traiter un rédacteur en chef de « souteneur », une formulation particulièrement malveillante. Plus anciennement, nos confrères de Réunion 1ère étaient la cible d’attaques publiques d’un site local. La presse réunionnaise confond sa mission d’information, d’analyse et de critique, avec des comportements qu’on n’accepterait ni de nos enfants, ni de nos lecteurs.
Bien entendu, le SNJ apprécie l’existence de rubriques humoristiques et de blogs satiriques, qui permettent d’attirer l’attention des lecteurs sur des bévues qui font le charme de la presse (erreur de transcription, coquille dans un titre, situations comiques…), voire d’exprimer des opinions. Mais on n’en est plus là. Ces dernières semaines, les attaques personnelles se sont multipliées entre journalistes de la presse écrite, qui s’écharpent parfois en plus sur les réseaux sociaux.
C’est oublier que nous écrivons avant tout pour nos lecteurs, et que ces agressions écrites ne les intéressent pas. Pire, elles rebutent une partie d’entre eux, alors que la presse écrite a besoin de garder ses lecteurs et acheteurs, maintenant encore plus qu’avant. Que ce soit dans la presse écrite ou dans la presse en ligne, ces attaques entre confrères sont malsaines et desservent la profession. Les journalistes n'ont pas à régler leurs comptes personnels par média interposé. Premier syndicat de la profession, le Syndicat national des journalistes dénonce ces pratiques qui tendent à se banaliser à La Réunion, et entraînent une baisse du niveau de la presse sur l’île, dommageable pour les lecteurs et pour notre profession.

jeudi 21 février 2013

Un an, un bilan, encore trop d'agressions

Le blog du SNJ Réunion a fêté sa première année le 18 février dernier. Un anniversaire, c'est toujours l'occasion de tirer un bilan. On retiendra cinq séries d'agressions contre des journalistes, une mobilisation ponctuelle ne suffit pas: c'est une mobilisation continue qu'il faut pour dire non à ces violences et défendre notre droit de travailler dans de bonnes conditions.
Cinq fois, cette année, nous avons publié des messages de soutien à des collègues insultés ou agressés:

  • Ce sont des journalistes, bousculés pendant les émeutes de février
  • Ce sont des militants d'extrême droite qui insultent les journalistes en avril
  • C'est un pêcheur qui s'autorise un coup de poing contre un confrère en août
  • Ce sont les sbires d'un député qui molestent un journaliste après avoir menacée une consoeur en septembre
  • Ce sont de nouveau des journalistes agressés à Saint-Louis ce mois-ci.  
Il y a des mois où il ne fait pas bon être journaliste. Cette violence physique ou verbale se double d'une précarisation de la profession. A plusieurs reprises, le SNJ a été sollicité par des confrères et consoeurs, menacés ou licenciés. A plusieurs reprises, il a constaté les tentatives de contournement du code du travail, au moyen de statuts d'auto-entrepreneur, de non-reconnaissance du travail. Elus et délégués syndicaux témoignent également d'un climat assombri dans les médias locaux.
Au travail des sections et de leurs délégué, pendant une année rythmée de rendez-vous électoraux professionnels ou nationaux, le SNJ Réunion n'a pas chômé.
Sur le blog, ce sont quelques 6000 pages qui ont été vues pendant cette période avec pour certains messages, jusqu'à presque 400 lectures. Si on considère que le nombre de journalistes à La Réunion ne dépasse pas les 300 personnes, c'est un succès.
Parmi les nouveautés 2012, citons également les deux cafés syndicaux consacrés à la carte de presse et à la Liberté de la presse.

Bien sûr, rien de ce que nous faisons n'est parfait et tout est perfectible. Alors chers confrères, chères consoeurs, vous qui avez de bonnes idées,  il est temps de prendre vos responsabilités et de nous rejoindre en adhérant au SNJ. Nous avons besoin de vous, car si 2012 n'a pas été de tout repos, 2013 ne le sera pas moins.

Le bureau du SNJ 974

vendredi 5 octobre 2012

Dans la presse, tout est bon pour faire de l’audience !


La belle solidarité des rédactions affichée lors de la manifestation du 17 septembre en soutien aux journalistes agressés n'aura donc pas tenu longtemps. Dès le 21 septembre, l'un des quotidiens réunionnais consacrait presque une page à relayer l'argumentation du député-maire de Saint-Leu. Le 2 octobre, le groupe de presse concurrent publiait une interview de…. l'épouse de ce même député-maire. Dans cet article, elle accuse notre consoeur d’avoir fait de la provocation  et laisse entendre que notre confrère se serait blessé tout seul… sans que le magazine ne relève l'absurdité de cette déclaration !
Ce n'est bien sûr pas une découverte, mais cet exemple illustre une nouvelle fois que pour une partie de la presse, "tout est bon" pour faire de l'audience. Le SNJ Réunion - Océan Indien attire l'attention des rédacteurs en chef sur l'importance du maintien de la parole et de l'image données le 17 septembre dernier ; dans ce cadre, il appelle journalistes et délégués syndicaux à exercer la plus grande vigilance afin, comme le prescrit la charte de déontologie, de ne pas confondre journalisme et communication. Ou ne pas confondre journalisme et bonnes relations avec le pouvoir…
Fait à Saint-Denis, le 03 octobre 2012