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mercredi 28 août 2019

Grève au Quotidien de La Réunion


A l'appel du SNJ, la rédaction du Quotidien de La Réunion a décidé, à une très large majorité, de se mettre en grève ce jour, mardi 27 août. Les journalistes ont ainsi voulu protester contre la décision de la direction de ne pas publier deux articles en l'espace de 72 heures. 
Le premier avait trait à la demande d'une subvention de 160 000 euros adressée par Zinfos974 à la Région. Le second était une interview du président de l'Observatoire des prix, portant notamment sur le rachat de Vindémia par le Groupe Bernard Hayot. Deux sujets d'intérêt général et qui méritent d'être portés à la connaissance de nos lecteurs.
Dans les deux cas, la direction a mis en avant des impératifs « économiques » au détriment de l'intérêt éditorial. 
Le SNJ et les journalistes solidaires du mouvement dénoncent avec la plus grande fermeté cette atteinte aux valeurs éthiques de la profession, défendues par Le Quotidien depuis sa création en 1976, et rappellent leur attachement à l'indépendance de la rédaction.

Fait à Saint-Denis le 27 août 2019.

mercredi 24 octobre 2018

Cent ans… et toutes ses dents pour défendre les journalistes !

(Photos DR)
Sous les dorures de l’hôtel de ville de Paris, le centenaire du SNJ avait de l’éclat. Pas seulement à cause de la magnifique décoration de ces murs du patrimoine national, mis à notre disposition par la mairie de Paris. Mais surtout grâce à la richesse des débats auxquels ont participé 220 journalistes et de nombreux invités, du 17 au 19 octobre 2018. La section Réunion-océan Indien y était représentée par Yannick Bernardeau et Véronique Hummel, qui ont particulièrement apprécié –ainsi que de nombreux passants- l’exposition « 100 ans de combats pour la liberté de la presse » sur les grilles de l’Hôtel de ville.

La délégation de La Réunion-océan Indien devant l'exposition "100 ans de combats pour la liberté de la presse" devant l'Hôtel de ville de Paris. 

Voici un résumé de ce congrès :

-          Participation à la manifestation des salariés de Mondadori, dont les emplois sont menacés. Devant les grilles du ministère de la Culture, nos drapeaux y ont-ils alerté le ministre ?

Le ministre Franck Riester s'engage à défendre les journalistes.

-          Visite surprise du ministre de la Culture Franck Riester, qui a assuré les journalistes de son soutien. Le discours très offensif du premier secrétaire général du SNJ, Vincent Lanier, a été beaucoup plus applaudi que celui du ministre.
-          Déontologie : le SNJ est favorable à la création d’une instance d’auto-régulation de la profession, à condition qu’elle soit indépendante de tous les pouvoirs.


-          L’indépendance des journalistes est en danger, autant qu’en 1918 lorsque le SNJ s’est créé pour lutter contre le « bourrage de crâne ». Voir notamment l’interview de Véronique Hummel par les étudiants qui ont couvert le congrès : http://100ansdejournalisme.fr/2018/10/19/au-journal-de-lile-de-la-reunion-lindependance-en-danger/#comment-22
-          Le « web first » s’impose de plus en plus dans la presse. S’il semble contre-productif de refuser l’évolution technologique, le SNJ veut défendre les droits et la santé des journalistes dans une organisation qui ressemble de plus en plus aux « 3x8 » du début du XXe siècle… si nous n’intervenons pas.

Manifestation avec les confrères de Mondadori devant le Louvre et le ministère de la Culture.

Exposition "100 ans de combats pour la liberté de la presse", une femme reporter de guerre dès 2013. (Ici avec Georges Bourdon, pilier du SNJ)



lundi 12 mars 2018

Joyeux anniversaire, SNJ!

Les militants du SNJ ont fêté le centenaire du syndicat sur le parvis des Droits de l'homme à Paris. (Photo DR)

La section Réunion-océan Indien était présente au Trocadéro! Notre consoeur Sophie Person (lunettes noires et écharpe bleue, premier rang) y portait la Charte de déontologie du SNJ, au milieu des autres militants qui s'étaient rassemblés à Paris pour fêter les 100 ans du syndicat. Ce rassemblement festif et coloré était organisé samedi 10 mars sur le parvis des Droits de l'homme, à la date exacte du centenaire du SNJ, né en 1918. 
A l'issue du comité national qui se déroulait à Paris les 9 et 10 mars, les militants ont ainsi manifesté leur attachement aux valeurs que nous défendons depuis 100 ans et qui n'ont pas pris une ride: déontologie, liberté d'expression et d'information, droits démocratiques, indépendance des rédactions... Cette action symbolique s'inscrit dans une série de manifestations qui ont un double objectif: commémorer la naissance du syndicat et montrer son entière utilité au XXIe siècle.

Ainsi, le comité national a voté plusieurs motions sur des sujets aussi divers que l'avant-projet de loi sur les fake-news, les scandaleux écrits de Jean-Luc Mélenchon, ou encore les tweets d'un responsable sportif qui pratique les mêmes dérives que nos hommes politiques (on a les mêmes à La Réunion, il suffit de lire les archives de ce blog).
Sur le centenaire du SNJ, voir également notre page Facebook.

samedi 28 octobre 2017

Le SNJ ne veut pas d’antisémitisme au JIR !


Le Syndicat national des journalistes a déjà dénoncé la récente dérive déontologique du Journal de l’île de La Réunion. Les lecteurs viennent d’en avoir un nouvel exemple : la rubrique « Kanyardages » du jeudi 26 octobre 2017 propose un court article titré « Il n’était pas un peu juif ce mec-là ? ».
Ce petit texte fait l’amalgame entre le coût de deux écrits d’Albert Einstein (dont le montant n’est pas précisé), le jugement « ça fait cher de la main manuscrite au plan symbolique » et le rappel de la judéité du scientifique.
Dès la parution du JIR ce jeudi matin, de nombreux journalistes de La Réunion s’en sont indignés. Sur les réseaux sociaux, les réactions ont fusé. Même si l’auteur de ces lignes s’en défend, il s’agit d’une formulation typiquement antisémite. La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) a annoncé le jour même qu’elle saisissait la justice.
Premier syndicat de la profession, le SNJ rappelle son attachement aux valeurs républicaines. Relayant l’indignation des confrères et consoeurs réunionnais, le SNJ exige des explications du propriétaire du journal Abdul Cadjee, et de la direction du JIR, sur cette nauséabonde dérive éditoriale.

Lire le communiqué d'origine sur le site national du SNJ.
Lire le communiqué de soutien de la section SNJ de L'Union/L'Ardennais:


Le SNJ invite tous les journalistes de La Réunion à sa journée de sensibilisation aux valeurs républicaines, samedi 4 novembre à Saint-Denis. Attention, inscription nécessaire.

mardi 15 juillet 2014

"Il faut imposer une pratique déontologique dans les rédactions"

Emmanuel Dinh, référent déontologie pour le SNJ à La Réunion. (Photo Julien Azam)

Emmanuel Dinh, journaliste pigiste en télévision, est le "référent déontologie" du Syndicat national des journalistes à La Réunion. Membre du bureau du SNJ 974, il présente cette nouvelle mission.
Divers sondages montrent une baisse de confiance du public dans les journalistes (http://opinionpublique.wordpress.com/2014/01/21/la-profonde-mefiance-des-francais-a-legard-des-journalistes-et-des-medias/). Est-ce nouveau ? Est-ce vrai ? Y a-t-il un problème déontologique, y compris à La Réunion ?
Le public n'est ni sourd ni aveugle : il constate par lui-même l'évolution du contenu qui lui est proposé. En restauration on a vu l'arrivée du fast-food, dans le journalisme la fast-info semble désormais devenir la règle. Il y a peut-être une demande pour cela, mais la profession a également la responsabilité de l'offre. Qu'on le veuille ou non, faire du journalisme, fût-ce pour une entreprise privée, est par essence même un métier de service public. Cela entraîne des devoirs, des exigences, formalisés dès 1918 par le SNJ dans la charte d'éthique professionnelle des journalistes. Le public est en droit d'attendre un contenu professionnel et rigoureux. 
Or que se passe-t-il ? De plus en plus on veut faire vite et plus avec moins. On privilégie les prétendues urgences, les soit-disant scoops, des évènements créés de toutes pièces pour l'audience, au traitement de fond, au recul et à l'analyse. Le journalisme c'est « le contact et la distance » (Hubert Beuve-Méry, fondateur du Monde) ; mais chaque jour, on voudrait nous faire croire que métier rime avec réactivité et productivité. On le constate bien sûr aussi et peut-être même encore plus à la Réunion, qui fonctionne comme un grand village où le public a, depuis longtemps, pris l'habitude de suivre le moindre fait divers en temps réel… L'erreur serait de vouloir suivre au lieu d'apporter distance, éclairage et analyse. L'information « demande du temps et des moyens » dixit dès 1918 la charte d'éthique professionnelle des journalistes. Autant dire que l'évolution complexe du monde depuis lors aurait dû tout naturellement conduire les rédactions à octroyer plus de temps et plus de moyens à l'information ; or c'est précisément le contraire qui arrive.
Que propose le SNJ pour améliorer cette réalité ?
Le Syndicat national des journalistes n'est pas un syndicat comme les autres : c'est le syndicat de tous les journalistes, inséparable de l'histoire du journalisme en France. Dès sa création en 1918, il a ainsi mis l'éthique au centre de son action en rédigeant la charte d'éthique professionnelle des journalistes. Réactualisée en 1938 et 2011, cette charte constitue la référence de la profession, annexée par exemple à l'avenant audiovisuel public de la convention collective. Mais face aux nouvelles menaces et pressions économiques, il faut désormais aller plus loin : imposer une pratique déontologique (annexer la charte à la convention collective), garantir l'indépendance des rédactions (obtenir une reconnaissance juridique de l'équipe rédactionnelle dans chaque entreprise), créer une instance de régulation déontologique qui permettra aussi de retrouver la confiance du public.
A quoi sert un « référent déontologie » à La Réunion ? Pourquoi avoir choisi d’assumer cette fonction ?
Le SNJ a décidé d'aller a la rencontre de ses consoeurs et confrères, syndiqués ou non, pour débattre de la pratique quotidienne de leur métier, de leurs difficultés, de leurs réussites et échecs. Plusieurs outils sont en place pour cela : les outils web (blog, page facebook), les « cafés » mensuels SNJ, véritables occasions de rencontre et de débat, une permanence téléphonique, et désormais un « référent » déontologique, plus spécialement chargé de ces questions. Avec le concours de chacun, le référent peut relever des faits, relayer des questions, animer un débat, rechercher des solutions, et, via le SNJ, interpeller les responsables concernés. Conditions de travail, règles déontologiques, place du marketing… Pour ne pas laisser faire, encore faut-il être au courant, et échanger !
Que conseillez-vous aux journalistes de l’océan Indien qui pensent subir une censure, ou sont contraints à une tâche qu’ils jugent déontologiquement inacceptable ?
Il faut réagir sans délai, et pour cela il faut déjà bien connaître la charte ! La charte est reconnue dans l'ensemble de la profession, aucun journaliste, aucun rédacteur en chef, aucun directeur de la publication ne peut valablement ni moralement s'y opposer. Evidemment, exposés aux contraintes financières, aux prises avec la concurrence, soumis à des pressions internes (publicité) ou externes, ils peuvent -sans toujours s'en apercevoir- franchir la ligne rouge de l'éthique professionnelle. C'est alors le devoir de tout journaliste de leur rappeler la règle. C'est l'intérêt aussi du media que ce rappel ait lieu à temps ! Les dégâts d'une mauvaise information, d'une faute journalistique sont potentiellement immenses, car pour le titre c'est un dommage sur l'image, sur la marque et sa réputation. Contrairement à ce que certains dirigeants voudraient croire, la déontologie ne menace pas leur rentabilité : au contraire, elle protège durablement la réputation du titre, garantit son indépendance, sa liberté de parole, son sérieux et donc, in fine, son audience.
Propos recueillis par Véronique Hummel
Pour contacter Emmanuel: snjreunion@gmail.com ou emmanuel.dinh@laposte.net, tél. 06 92 30 22 23.
A lire aussi :
- L'info en continu, un « message bruyant mais creux » où « les discours alternatifs trouvent difficilement leur place » http://television.telerama.fr/television/l-info-en-continu-machine-a-extremisme,114212.php#xtor=EPR-126-newsletter_tra-20140703
- « Le problème, c'est que si vous devez produire beaucoup de papiers, vous n'avez pas le temps de faire autre chose. » http://www.lexpress.fr/actualite/medias/course-a-l-audience-uniformisation-le-journalisme-web-tire-vers-le-bas_1556491.html

mercredi 20 mars 2013

Café syndical vendredi: la déontologie

Quelle déontologie pour les journalistes?
Quel journaliste ne s'est jamais senti pris entre deux feux? Entre l'urgence de publier l'information exclusive et l'exigence de vérifier ses sources? Entre le devoir d'impartialité et la nécessité d'expliquer au risque de déplaire? Selon la hiérarchie et les conditions de travail, il est parfois difficile de trouver l'attitude juste. C'est pour en parler, entre nous, que le Syndicat national des journalistes vous invite à son 3e "café syndical" (*) sur le thème "La déontologie", ce vendredi 22 mars de 18 à 20 heures, au Blue Angel (85, bd Hubert-Delisle, sur le front de mer) à Saint-Pierre. La charte de déontologie est ici: http://snj.fr/spip.php?article1032. Renseignements: 06 92 01 52 99 ou 06 92 66 17 64.

* La participation est libre, chacun paye sa consommation.

vendredi 5 octobre 2012

Dans la presse, tout est bon pour faire de l’audience !


La belle solidarité des rédactions affichée lors de la manifestation du 17 septembre en soutien aux journalistes agressés n'aura donc pas tenu longtemps. Dès le 21 septembre, l'un des quotidiens réunionnais consacrait presque une page à relayer l'argumentation du député-maire de Saint-Leu. Le 2 octobre, le groupe de presse concurrent publiait une interview de…. l'épouse de ce même député-maire. Dans cet article, elle accuse notre consoeur d’avoir fait de la provocation  et laisse entendre que notre confrère se serait blessé tout seul… sans que le magazine ne relève l'absurdité de cette déclaration !
Ce n'est bien sûr pas une découverte, mais cet exemple illustre une nouvelle fois que pour une partie de la presse, "tout est bon" pour faire de l'audience. Le SNJ Réunion - Océan Indien attire l'attention des rédacteurs en chef sur l'importance du maintien de la parole et de l'image données le 17 septembre dernier ; dans ce cadre, il appelle journalistes et délégués syndicaux à exercer la plus grande vigilance afin, comme le prescrit la charte de déontologie, de ne pas confondre journalisme et communication. Ou ne pas confondre journalisme et bonnes relations avec le pouvoir…
Fait à Saint-Denis, le 03 octobre 2012