La manifestation de soutien aux journalistes agressés samedi a réuni plus de 200 personnes lundi dernier sur l’esplanade des Droits de l’homme à Champ-Fleuri (Saint-Denis). Cette solidarité spontanée témoigne de l’attachement de tous aux valeurs que défend le Syndicat national des journalistes : liberté de la presse, droit d’expression, fonctionnement démocratique de notre société. Le SNJ note avec satisfaction que les soutiens se sont manifestés dans toutes les formes de presse et chez la plupart des interlocuteurs habituels des journalistes, qu’il s’agisse des professionnels de la communication, des élus politiques (de gauche et de droite), d’associations ou de syndicats.
Le SNJ note et apprécie le soutien sans faille exprimé par les directions respectives des journalistes agressés (JIR et Quotidien) et la solidarité des différents rédacteurs en chef.
Nous restons aux côtés des confrères et consoeurs qui ont déposé plainte.
Encore merci à tous pour votre soutien ! Fait à Saint-Denis, le 20 septembre 2012
Lundi 17 septembre, plus de 200 personnes ont témoigné de leur solidarité avec les journalistes agressés pendant la conférence de presse du député et maire de Saint-Leu, samedi 15 septembre à La Réunion.
Texte: Nicolas Bonin, vidéo: Emmanuel Dinh
"Le matin, des menaces contre une journaliste du JIR suite à la « Une » du JIR qui explique que l'élu fait du « cinéma ». L'après-midi, on entend: « S’il y a des journalistes du JIR, ils ont
intérêt à dégager». Maïmouna est molestée, Edouard est frappé,
jeté à terre. Puis Daniel Fontaine (JRI Réunion 1ère) est légèrement blessé, sa caméra est cassée", résumeVéronique Hummel, secrétaire de la section SNJ Réunion-OI. Le samedi 15 septembre est une journée noire pour la liberté de la presse à La Réunion. Lundi, près de deux cents personnes sont venues à Saint-Denis témoigner leur solidarité avec les journalistes agressés.
"On ne se laissera pas intimider!" ont lancé plusieurs intervenants. Malgré le déchaînement de haine, Maïmouna a rappelé qu'elle n'était en rien intimidée et continuerait son travail d'information. Edouard, absent pour cause d'examen médical, va mieux. Sa compagne a remercié en son nom l'assistance pour l'ensemble des témoignages d'amitié qu'il a reçus. Les deux journalistes n'ont pas compris sur le moment ce déchainement de violences, ces bras armés pour frapper.
Le SNJ Réunion a rappelé son intention de soutenir Edouard Marchal et Maïmouna Camara dans leurs actions judiciaires. Une plainte pour non assistance à personnes en danger pourrait être ajoutée pour les élus et l'avocat présents. Des courriers sont adressés au président de l'Assemblée nationale, au président du Modem, François Bayrou, au bâtonnier pour leur demander de réagir. Le SNJ rappelle que la salle du conseil municipal de Saint-Leu ne peut être interdite à quiconque et demande au préfet d'assurer la sécurité des personnes ce jour. Le syndicat propose, par ailleurs, que le nom du député-maire ne soit plus écrit ou prononcé.
Les rédacteurs en chef des trois quotidiens de l'île, Yves Mont-Rouge (Journal de l'île de La Réunion), Thierry Durigneux (Le Quotidien), Manuel Marchal (Témoignages), ainsi que David Ponchelet, rédacteur en chef de Réunion 1ère radio, ont redit leur intention de ne pas se laisser intimider et réaffirmé la solidarité des rédactions en cas d'agression d'un journaliste.
Plusieurs personnalités politiques de gauche comme de droite étaient présentes pour témoigner de leur solidarité, dont les députées Huguette Bello et Monique Orphée, le maire de Saint-Denis Gilbert Annette, ou René-Paul Victoria (UMP), des représentants d'Europe Ecologie les Verts, du Parti communiste réunionnais, du Parti de gauche. Des syndicats et associations citoyennes ont matérialisé leur solidarité en étant représentés, Solidaires, CGTR, CFDT, Unsa, Snalc, Unef, Ligue des droits de l'Homme, Ufal, Ajfer.
Le lundi 17 septembre de 12h30 à 13h30, sur le parvis des Droits de l'Homme à Saint-Denis pour protester contre les agressions subies par nos collègues dans l'exercice de leur métier.
Petit rappel des faits:
Communiqué du SNJ Réunion Thierry Robert dépasse les bornes
Les faits sont graves. Parce que le
député-maire de
Saint-Leu n’a pas apprécié la Une du Journal de l’île de la Réunion ce
samedi,
il a laissé, voire encouragé ses sympathisants à prendre à partie une
journaliste de Clicanoo/JIR et à lui arracher sa caméra lors d’une
conférence
de presse devant la préfecture. Lorsqu'un confrère du Quotidien a voulu
la
défendre, il s’est fait cogner par des militants surexcités, notamment
des
membres de la famille du maire. Ce journaliste, victime de coups de
poing et de
coups de pied, a décidé de porter plainte pour ces actes inadmissibles,
dont
les images sont déjà visibles sur plusieurs sites web. Un journaliste de
Réunion 1ère a également été agressé, son matériel a été détérioré.
Le Syndicat national des journalistes, majoritaire dans la
profession, soutient évidemment nos confrères agressés et molestés, ainsi que
la consoeur qui a été menacée le matin même ; il se réserve le droit d’entamer
également une action en justice. Le SNJ remercie par la même occasion les
militants politiques plus réfléchis, qui ont eu le courage et la présence d’esprit
de s’interposer entre les journalistes et leurs agresseurs.
Le SNJ rappelle que le maire de Saint-Leu n’en est pas à sa
première attaque contre la presse. En juin 2010, il avait déjà publiquement mis
en cause d’autres confrères de la presse réunionnaise. Il donne là une bien piètre
image des élus du peuple, et devrait se souvenir que le populisme, quel que
soit son étiquette officielle, a engendré les pires tragédies de l’Histoire.
C'est avec consternation que
Témoignages a pris connaissance des faits très graves qui ont eu
lieu hier samedi devant la Préfecture de La Réunion à Saint-Denis,
pendant la conférence de presse de Thierry Robert, député-maire de
Saint-Leu.
Parce qu'ils faisaient leur travail,
des confrères ont été d'abord plongés dans un climat délétère
qui a rapidement dégénéré vers l'escalade. Une journaliste du
"JIR-Clicanoo" a été prise pour cible. Des nervis se sont
alors acharnés contre Edouard Marchal, un confrère du "Quotidien"
qui a voulu la protéger. L'équipe de Réunion Première a été
aussi visée par les nervis.
Aux victimes de cette agression,
"Témoignages" apporte sa totale solidarité, avec une
pensée particulière pour Edouard Marchal.
"Témoignages" s'associe
également à la manifestation de soutien aux journalistes agressés
organisée demain à Saint-Denis.
Il ne faut pas que la crise serve de
prétexte à une nouvelle offensive contre la liberté de la presse.
Dans ce combat permanent pour le
respect de nos libertés fondamentales, les démocrates savent qu'ils
peuvent compter sur "Témoignages", journal saisi 44 fois
et condamné à de multiples reprises pour avoir fait son travail.
L'union syndicale Solidaires, dont fait partie le Syndicat national des journalistes, soutient nos confrères agressés. Voici le communiqué diffusé ce samedi.
Les faits sont graves. Parce que le député-maire de
Saint-Leu n’a pas apprécié la Une du Journal de l’île de la Réunion ce samedi,
il a laissé, voire encouragé ses sympathisants à prendre à partie une
journaliste de Clicanoo/JIR et à lui arracher sa caméra lors d’une conférence
de presse devant la préfecture. Lorsqu'un confrère du Quotidien a voulu la
défendre, il s’est fait cogner par des militants surexcités, notamment des
membres de la famille du maire. Ce journaliste, victime de coups de poing et de
coups de pied, a décidé de porter plainte pour ces actes inadmissibles, dont
les images sont déjà visibles sur plusieurs sites web. Un journaliste de Réunion 1ère a également été agressé, son matériel a été détérioré.
Le Syndicat national des journalistes, majoritaire dans la
profession, soutient évidemment nos confrères agressés et molestés, ainsi que
la consoeur qui a été menacée le matin même ; il se réserve le droit d’entamer
également une action en justice. Le SNJ remercie par la même occasion les
militants politiques plus réfléchis, qui ont eu le courage et la présence d’esprit
de s’interposer entre les journalistes et leurs agresseurs.
Le SNJ rappelle que le maire de Saint-Leu n’en est pas à sa
première attaque contre la presse. En juin 2010, il avait déjà publiquement mis
en cause d’autres confrères de la presse réunionnaise. Il donne là une bien piètre
image des élus du peuple, et devrait se souvenir que le populisme, quel que
soit son étiquette officielle, a engendré les pires tragédies de l’Histoire.
Alors que le débat sur les carburants bat son plein, notre camarade Jocelyn Cavillot de Solidaires 974 (union syndicale dont fait partie le SNJ), livre ici une analyse à partir des derniers chiffres publiés: