mardi 2 avril 2019

Le SNJ propose des offres d'emploi à ses adhérents


Premier syndicat de la profession, le SNJ vous propose un nouveau service: des offres d'emploi. Pour y avoir accès, il suffit de payer votre cotisation (voir notre page d'adhésion) et de rejoindre le groupe Facebook "SNJ offres de boulot".
Comme nous ne vivons pas dans un monde de Bisounours, nous savons qu'il est parfois difficile de faire respecter nos droits les plus élémentaires (être payé pour travailler, par exemple).
Aux Assises internationales du journalisme de Tours, en ce mois de mars, les représentants du SNJ ont participé à plusieurs ateliers et débats. Nous avons noté que Jean-Christophe Boulanger, président du Spiil (syndicat des entreprises de presse en ligne), y a été interpellé par une journaliste car l'une de ces entreprises paie ses journalistes sans les salarier (Agessa, auto-entrepreneur...). J.-C. Boulanger a invité la consoeur à lui donner le nom de l'entreprise (adhérente au Spiil) afin qu'il rappelle les règles de droit à son propriétaire. Si vous constatez des dérives dans une des entreprises du Spiil, contactez le SNJ afin que nous envoyions un courriel au président.



jeudi 14 mars 2019

Mayotte a besoin de journalistes

Table ronde aux 12e Assises internationales du journalisme, Tours. 
« A Mayotte, on est en recherche de journalistes ». Abby Saïd Adinani, directrice du magazine May’People, tient à donner du 101e département français une image plus réaliste que celle que propagent les médias mainstream. L’île de Mayotte n’est pas uniquement un lagon menacé par l’immigration clandestine. C’est aussi une région en pleine croissance économique, avec une population jeune, sans grande tradition de lecture, comme le précise Laurent Canavate, directeur de la Somapresse. Cette jeunesse se connecte beaucoup sur les réseaux sociaux, et consomme donc de l’information numérique.

Réunis pour un débat aux Assises du journalisme à Tours, plusieurs représentants des médias mahorais confirment  un déficit de professionnels de l’information. Alors que les journalistes subissent un fort taux de chômage en France métropolitaine et à La Réunion, la presse mahoraise a besoin de journalistes formés (notamment au numérique) et volontaires pour travailler dans une île où l’actualité ne ressemble à aucune autre.
Kalathoumi Abdil-Hadi, cofondatrice de 101 Mag, évoque l’  « omerta » qui empêche beaucoup d’habitants de s’exprimer sur les sujets sensibles. Notamment parce que dans une île de 256 500 habitants, tout le monde est parent avec tout le monde. Pierre Belluschi, rédacteur en chef de Kwezi TV, reconnaît le besoin de recruter des personnes qui parlent shimaoré ou shibushi. « La part locale est notre force de frappe » assure Chamsudine Ali, journaliste à Mayotte la 1ère. Mais la méconnaissance de ces langues n’empêche pas de jeunes journalistes métropolitains de travailler à Mayotte et d’apprendre progressivement les idiomes régionaux.

L’outre-mer méconnu des autres Français

A ces particularités s’ajoute le manque d’intérêt du reste de la France pour Mayotte et l’outre-mer d’une manière générale. Aby, étudiante stagiaire en 2011, est restée bloquée dans l’île plusieurs semaines en raison de la grogne sociale et de la paralysie des transports. Lorsqu’elle a enfin réussi à regagner Paris, son enseignante la questionne : « Ah bon, c’est la m… à Mayotte ? C’est bizarre, on n’a pas eu de dépêche AFP ! » Cette différence de traitement a été particulièrement critiquée lors du précédent débat « Quel récit éditorial ultramarin en métropole ? », auquel participait la Réunionnaise Memona Hintermann.

                                                                                                              Véronique Hummel
Aux 12e Assises internationales du journalisme de Tours

Les employeurs à Mayotte :
-          Mayotte Hebdo : canavate.laurent@mayottehebdo.com
-          Kwezi TV : belluschi.pierre@orange.fr, 06 39 69 91 92
 

L'exposition "Un an d'actualité à Mayotte: janvier 2018 - janvier 2019" propose de très belles photos de presse pendant ces 12e Assises du journalisme.







mercredi 27 février 2019

Adieu, Philippe, nos pensées vont vers toi

(Photo DR)

 La nouvelle a attristé l’ensemble des journalistes de La Réunion. Notre confrère Philippe Stéphant, 62 ans, a été découvert mort lundi matin. Contrairement à ses habitudes, il était absent à un rendez-vous et n’avait pas prévenu : cela ne ressemblait pas à ce journaliste connu pour sa gentillesse, son sérieux et sa courtoisie.
Philippe était aussi connu (et reconnu) pour sa grande capacité de travail, dans les différents médias où il a travaillé. Notamment à l’Echo austral, où il a œuvré pendant 10 ans, puis au Journal de l’île de La Réunion, où il avait été recruté en 2017. Premier syndicat de la profession, le SNJ exprime ici sa tristesse et adresse ses condoléances à la famille de Philippe et au JIR, qui perd un précieux collègue.

jeudi 3 janvier 2019

Photographes: la pige (légèrement) revalorisée

Autoportrait du photojournaliste Jacques Revon, 1977. (CC)
L'information vient d'être publiée au journal Officiel. Le montant minimal de la "pige" d'un journaliste photographe professionnel passe de 60 € à 61,65 €, pour une photo (ou série de photos sur le même sujet) ayant demandé au moins cinq heures de travail. Voir l'arrêté du 24 décembre 2018 et le décret du 9 mai 2017.
C'est l'occasion pour le SNJ de rappeler qu'il s'agit d'un minimum légal et non d'un maximum.
C'est aussi pour nous l'occasion de rappeler, à tous ceux qui effectuent une mission de journaliste, la nécessité de demander et obtenir leur carte de presse. Celle-ci est une obligation pour l'employeur (voir l'article 6 de notre convention collective), comme le paiement en salaires.
La carte de presse est aussi le moyen le plus simple de prouver que l'on est "journaliste professionnel". Sachez qu'en cas de contentieux devant un tribunal, certains patrons n'hésitent pas à affirmer "M. (Mme) X n'est pas journaliste, car il (elle) n'a pas sa carte de presse", dans le but d'échapper au paiement du 13e mois, ou du salaire pendant un arrêt de travail pour accident ou maladie. Cela peut arriver à tout le monde!
A La Réunion, le correspondant régional de la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels est Flavien Rosso, journaliste au Quotidien de La Réunion.

mardi 1 janvier 2019

Cotisations à la Sécurité sociale : 1 chiffre à retenir, 1 vérification à faire

Un bulletin de paie illégal (et parfaitement authentique). Avez-vous vérifié le vôtre?

Voici quelques repères pour bien commencer l’année 2019.
Si un(e) journaliste perçoit en 2019 moins de 48 124 € sur l’année, soit 3702 € brut x 13 mois, il (elle) doit réfléchir à deux fois avant d’opter pour l’abattement de 30% sur les cotisations de Sécurité sociale.

1.      Pourquoi 48 124 € brut annuels ?
a)      Parce que le plafond annuel de la Sécurité sociale, sur lequel sont calculées les cotisations sociales, est fixé pour 2019 à 40 524 €. Au-delà de cette somme, le montant des cotisations ne changera rien pour nos futures prestations (retraite, congés de maternité, arrêts de travail pour maladie ou accident…).
b)      Parce qu’à cette somme, le(la) journaliste doit ajouter 7600 € au salaire brut, au titre du plafond (à ne pas confondre avec celui de l’allocation fiscale, 7650 €). Si le (la) journaliste ne veut subir aucun préjudice pour sa retraite, il faut donc avoir au moins 48 124 € de salaire brut annuel en 2019.

2.      Que se passera-t-il si, en gagnant moins de 48 124 € par an, on accepte l’abattement de 30% ?
L’abattement faussement appelé « social » de 30% entraîne de lourds préjudices sur nos retraites futures et sur les remboursements de Sécurité sociale. Le SNJ déconseille cet abattement. A fortiori si les retraites complémentaires et le chômage y sont abusivement inclus.

3.      A quel âge faire attention ?
A tout âge. Dans les carrières traditionnelles, les 25 années les mieux payées sont souvent les dernières, il faut donc s’inquiéter 25 ans avant 62 ans, c’est-à-dire à partir de 37 ans. Mais ce modèle est de moins en moins vrai. A 30 ans, aucun journaliste ne peut savoir s’il aura encore un emploi à 50 ou 60 ans. Il est donc important de cotiser au maximum dès le départ. Il faut être particulièrement vigilant lorsqu’on débute. Ne contribuez pas à affaiblir votre retraite, le gouvernement et les patrons le font déjà assez !

4.      Vérifiez votre bulletin de paie       
Si le chiffre mentionné à la ligne « Total brut » (en haut du bulletin) n’apparaît pas systématiquement à toutes les lignes de la colonne « Base » dans la suite du bulletin, sachez que l’abattement de 30 % est probablement appliqué par l’employeur. Si vous n’avez pas explicitement donné votre accord par écrit, c’est illégal. L’employeur vous racontera que cet abattement augmente votre salaire net. C’est vrai… mais il vous prive de votre « salaire différé », c’est-à-dire de nombreuses prestations dont vous aurez besoin plus tard.

5.      Consultez la permanence « bulletin de paie-fiscalité » du SNJ en cas de difficulté.

ET BONNE ANNEE 2019 A TOUS !


PS: pour en savoir plus sur les abattements ou suppressions de cotisations sociales: https://solidaires.org/video-Augmentation-de-salaires-Attention-a-l-arnaque

vendredi 14 décembre 2018

Non à la surenchère anti-journalistes des deux Robert !

C’est très tendance chez les élus réunionnais : menacer et faire pression sur la presse. Dernière initiative en date : Thierry Robert a appelé lundi le patron du Journal de l’île de La Réunion, Abdul Cadjee. L’ancien député et maire, qui se revendique désormais comme « citoyen Lambda », a menacé l’homme de presse, lui promettant que si le JIR reparlait à nouveau de Thierry Robert, il (A. Cadjee) le regretterait. Pour parfaire le tableau, l’ancien élu a enregistré son monologue et l’a posté sur sa page Facebook.
Le SNJ a compté : il s’agit là de la quatrième attaque de la presse en 8 ans par le même Thierry Robert ou son entourage. Ce n’est pas parce que le SNJ (premier syndicat de la profession) dénonce la collusion entre JIR et Didier Robert que nous pouvons tolérer les agissements du multirécidiviste Thierry Robert. Ce n’est pas parce que nous déplorons les pressions effectuées sur les journalistes par la direction du JIR que nous resterons silencieux face aux menaces d’un ancien député contre cette direction. Ce n’est pas parce que Didier Robert et Thierry Robert se sont lancés dans le stupide concours du plus-méchant-ennemi-des-journalistes que nous pouvons tolérer ces attaques.
Celles-ci sont d’autant plus graves qu’elles encouragent le grand public à mépriser, dénigrer et agresser les journalistes. Ce que certains Gilets jaunes ne se sont pas privés de faire. Alors, Messieurs les élus ou ex-élus, arrêtez cette surenchère ! Le concours du Robert le plus anti-journalistes n’a pas sa place dans une démocratie.
                                                                                                                          La section SNJ 974

samedi 8 décembre 2018

Plainte contre les journalistes : un peu de décence, Monsieur Didier Robert !


             

Monsieur Didier Robert n'a visiblement pas apprécié d'être mis en cause par Le Quotidien à propos de sa rémunération de PDG de la SPL Réunion des musées régionaux. Vendredi, il a annoncé qu'il engageait «une procédure de plainte pour diffamation et propos mensongers à l'encontre du journal Le Quotidien », de sa directrice de publication et de l'auteur de l'article.
Mais le courroux du président de Région ne s'arrête pas là. Il a aussi annoncé le dépôt de plaintes pour « incitation à la haine, à la violence et au meurtre » contre Le Quotidien et deux organes de presse qui ont repris ses informations, Free Dom et Imaz Press Réunion, au motif qu'il aurait été la victime de menaces de mort.
Qu'un élu qui s'estime injustement attaqué porte plainte pour diffamation n'a rien d'inhabituel – on verra bien ce que la justice en dira. Qu'il assimile une enquête sur ses revenus à une « incitation à la haine et au meurtre », c'est une ligne de défense beaucoup moins ordinaire et qui ne saurait rester sans réponse. Pointer les conditions de rémunération d'un président de Région, ce serait vouloir sa mort ? Un peu de mesure et de décence, Monsieur Robert !
Le Quotidien et les autres médias incriminés n'ont jamais appelé à la violence envers qui que ce soit. Les accusations gravissimes proférées par le président de Région visent manifestement à réduire la presse au silence sur des sujets qui, ne lui en déplaise, sont d'intérêt public.
En tenant des propos aussi outranciers dans une période aussi sensible, Monsieur Robert, qui se dit attaché à la liberté de la presse, contribue en réalité à entretenir l'animosité d'une partie du public envers les journalistes, déjà régulièrement exposés à des manifestations de haine et de violence dans l'exercice de leur métier.
Le Syndicat national des journalistes, premier syndicat de la profession, appelle le président de Région à faire preuve de retenue et exprime son total soutien aux confrères mis en cause.

Fait à Saint-Denis, le 8 décembre 2018