vendredi 1 novembre 2013
Journalistes et hommes/femmes politiques, quelles relations?
Pour son café de novembre 2013, le SNJ vous invite à débattre sur le thème "Journalistes et hommes/femmes politiques, quelles relations?" La campagne pour les élections municipales est déjà lancée dans l'île, nous sommes submergés d'invitations pour "couvrir" meetings, inaugurations, conférences sur la marche du monde... Entre notre devoir d'informer et le refus de nous soumettre aux injonctions de certains hommes politiques, quelle est notre mission? Un an après l'agression de deux journalistes par les proches d'un député, le SNJ vous propose d'échanger vos expériences sur ce sujet.
Ce café syndical sera aussi l'occasion, comme d'habitude, de répondre aux questions les plus diverses, qu'il s'agisse de la rémunération en piges, de la fin du contrat de travail, de la surcharge de travail, de la déclaration de revenus aux services fiscaux...
Rendez-vous vendredi 8 novembre à 19 heures aux Pot'irons (face à la CGSS) à Saint-Denis. Renseignements: 06 92 01 52 99 ou 06 92 91 03 87.
dimanche 6 octobre 2013
Vers un journalisme low cost?
Café syndical vendredi 11 octobre à partir de 18 heures.
Le journalisme n'a jamais été un métier où l'on faisait fortune, à part quelques exceptions chez les stars de la télévision. Le quotidien des journalistes français est plus proche de celui de la classe moyenne, avec des salaires modestes et une précarisation croissante. Pour s'en convaincre, il suffit de lire les statistiques tirées des déclarations à la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels (*).En 2011 :
- 8,5 % des journalistes en CDI (*) et 36,1 % des journalistes en CDD (*) touchaient moins de 2000 euros bruts par mois. - 24,6 % des journalistes en CDI et 41,1 % des journalistes en CDD touchaient entre 2000 et 3000 euros bruts par mois. - entre 30 et 31,8 % des pigistes touchaient moins de 1500 euros bruts par mois.
Beaucoup plus grave: la précarisation ne cesse de s'accroître. Elle était, chez les moins de 26 ans, de 50 % en 2009 ; elle grimpe à 67,9 % pour cette catégorie d'âge en 2012 ; dans la tranche d'âge supérieure, chez les 26-34 ans, un journaliste sur trois a désormais un contrat précaire (CDD ou pigiste).
Pire encore: ces statistiques ne tiennent pas compte du nombre croissant de journalistes forcés de travailler sous statut d'auto-entrepreneur, dans l'impossibilité de cotiser pour leur santé, leur chômage ou leur retraite. Dans cette profession qui se féminise, on n'ose même plus espérer un congé de maternité. Les jeunes diplômés réunionnais, encore plus soumis à la pression du chômage que les métropolitains, sont particulièrement exposés, alors que se développe l'information sur le web, 24 heures sur 24, avec un stress amplifié.
Pour évoquer cette évolution vers un journalisme à haut stress et à bas coût, le SNJ organise un café syndical sur le thème "Vers un journalisme low cost?", vendredi 11 octobre à partir de 18 heures aux Pot'irons, à Saint-Denis (face à la CGSS). Entrée gratuite, chacun(e) paie sa consommation.
(*) http://www.metiers-presse.org/pdf/1380185936.pdf
CDI: contrat à durée indéterminée, CDD: contrat à durée déterminée.
samedi 28 septembre 2013
Pour un "bonus-malus social" dans la presse
Pourquoi
les journalistes français sont-ils, dans leur très grande majorité, si mal payés pour leur travail, alors que
beaucoup d’entreprises bénéficient d’importantes subventions publiques ? C’est
l’une des questions qui ont été récemment abordées le 25 septembre par trois
délégués du Syndicat national des journalistes avec Rudy Salles, rapporteur de
la commission de l’Assemblée nationale pour les crédits « presse » du
projet de loi des finances pour 2014. Le SNJ a –une fois de plus- expliqué que
la presse française a de l’argent, mais qu’elle ne l’utilise pas forcément pour
faire son travail et informer les citoyens. Voici un résumé des arguments du
SNJ :
La
PQR/PQD (*), c'est :
-
35 % de l'emploi salarié détruit en l'espace de vingt ans (on est passé de
23.000 emplois en 1990 à 15.000 en 2011) (source : cabinet Secafi).
-
près des 2/3 des journalistes de moins de 26 ans en CDD ou pigistes (source :
cabinet Secafi).
-
En termes de productivité : plus 25 % entre 2004 et 2011 (source : cabinet
Secafi).
-
En termes de rémunération : 15 % des journalistes mensualisés gagnent moins de
2.000 euros bruts par mois et 31,5 % entre 2.000 et 3.000 euros bruts (avec, en
moyenne, un niveau d'études bac + 4, bac + 5) ; 37 % des pigistes gagnent moins
de 1.500 euros bruts par mois (source : commission de la carte, chiffres 2010).
(*)
En parallèle, l'ensemble
de la presse écrite perçoit chaque année entre 1 et 1,2 milliard d’euros d'aides
publiques, souvent contradictoires et réparties de manière opaque, et, en tout
cas, sans aucun contrôle, la Cour des comptes parlant de "système de
guichet".
Le
SNJ a donc à nouveau demandé la mise en place d'un système de bonus-malus social, basé sur des critères objectifs, auquel
serait conditionnée l'attribution des aides à la presse. Le SNJ a réaffirmé
sa volonté de voir l'Etat s'affirmer dans son rôle de régulateur et ne plus se
contenter de signer des chèques en blanc à des syndicats d'éditeurs tous
concurrents sur le marché des aides publiques. On se souvient que le groupe
Hersant (ancien propriétaire du Journal de l’île de La Réunion) est dirigé par
un "exilé fiscal", qui fait l'objet d'une enquête pour abus de biens
sociaux tout en continuant de percevoir des aides publiques sans le moindre
contrôle. Le SNJ rappelle que les aides à la presse ont un but citoyen: garantir une presse de qualité et aider au pluralisme, inscrit dans la Constitution française (article 34).
Le SNJ rappelle que la
qualité de l'information est directement liée à la Charte d'éthique professionnelle des journalistes et qu'elle ne peut s'émanciper des conditions sociales de
production de l'information : pour travailler correctement les
journalistes doivent être correctement payés. On verra, lors du vote du budget 2014 au Parlement, si le SNJ a été entendu.
Le
bureau du SNJ 974
(avec le secrétariat national du SNJ)
(*) PQR : presse quotidienne régionale. PQD : presse quotidienne
départementale, dont font partie les trois quotidiens réunionnais (JIR,
Quotidien et Témoignages), où travaillent la moitié des journalistes de La Réunion. Les chiffres sur la précarité et la rémunération
portent sur l'ensemble des journalistes de la presse écrite française.
mercredi 11 septembre 2013
Le SNJ 974 était dans la rue pour nos retraites
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| Départ au jardin de l'Etat. |
Nous étions sept manifestants du SNJ dans la manifestation ce mardi 10 septembre pour demander une autre réforme des retraites... Nous aurions bien sûr préféré voir beaucoup plus de confrères/consoeurs pour défendre nos retraites, puisque la précarisation de nos métiers nous fragilise encore plus que d'autres professions (voir post ci-dessous). Environ 300 journalistes travaillent à La Réunion, mais tous ne bénéficient malheureusement pas de notre statut professionnel, et ont bien du mal à l'obtenir puisque beaucoup d'employeurs pratiquent un chantage plus ou moins subtil: "Si tu veux travailler, tu acceptes ce qu'on te propose".
Nous nous sommes joints ce mardi à la trentaine de camarades des différents syndicats de l'union Solidaires, au milieu d'un défilé qui comptait un millier de personnes à Saint-Denis. Restons optimistes: la prochaine fois, nous serons plus nombreux!
Le bureau du SNJ 974
dimanche 1 septembre 2013
Pour nos retraites, mobilisons-nous le 10 septembre
La "réforme" des retraites est une arnaque. Comment peut-on croire qu'on percevra une retraite après 43 ans de cotisations, alors que les générations actuelles n'obtiennent même pas un emploi à temps complet avant 25 ans? A supposer que ces journalistes aient constamment un travail, sans période de chômage ou d'auto-entreprenariat contraint, ils devront travailler jusqu'à 68 ans. Et nous savons qu'il s'agit là d'une situation trop rare pour être vraisemblable: la profession se précarise (voir notre article du 11 juillet ci-dessous); des médias refusent de salarier leurs journalistes en leur imposant un statut d'"indépendant". La plupart des journalistes devront travailler bien après 70 ans pour percevoir une retraite décente.
Contre cette arnaque, il y a des solutions, proposées par l'Union syndicale Solidaires: notamment une autre répartition des richesses, qui restituerait aux salariés une partie de la richesse qui va actuellement aux actionnaires (*). Les fortunes augmentent, certaines vont se cacher à l'étranger (voir notamment l'empire Hersant qui a bénéficié des subventions publiques pour la presse... avant de brader ses journaux, alors que son patron s'est exilé en Suisse pour payer moins d'impôts). Cette "réforme" des retraites enrichira ceux qui peuvent s'acheter des immeubles de rapport, et appauvrira tous ceux qui n'auront que leur retraite pour payer un logement.
Pour dire non à cette arnaque nationale, le Syndicat national des journalistes appelle à la grève et à la manifestation, mardi 10 septembre à partir de 9 heures au Jardin de l'Etat à Saint-Denis, avec l'union Solidaires, la CGTR, la FSU, FO et l'Unef.
Le bureau du SNJ 974
(*) Télécharger ici le document "Note mesures retraites def" : http://solidaires.org/article45500.html
Travailler plus longtemps, alors que les jeunes ne trouvent pas d'emploi?
Il n’y a malheureusement pas de surprise dans la réforme des retraites annoncée. Bâti sur un nouvel allongement de la durée de cotisation et une hausse des cotisations sociales, le projet de loi gouvernemental ne fait que prolonger la loi Fillon (2010), dans la continuité des mesures prises depuis 2003 pour « sauver le système de retraites par répartition ». Mais quelle est la logique de cette nouvelle réforme ? Faire travailler plus longtemps les salariés, alors que les jeunes ne trouvent pas d’emploi ? Un autre partage du travail doit être possible.
A raison d’un trimestre de plus à cotiser tous les trois ans à partir de 2020, il faudra 43 annuités aux admissibles de 2035 pour obtenir le taux plein et éviter la décote (-5% par annuité manquante, et jusqu’à -25%). L’hypocrisie de ce système, c’est qu’il conduira à une inéluctable baisse du niveau des retraites. Inéluctable, puisque l’entrée dans la vie active est de plus en plus tardive, compte tenu de la situation du marché de l’emploi, et la porte de sortie ouverte de plus en plus tôt par les patrons. A 55 ans, le plan seniors, c’est dehors !
Conséquence : si les nouveaux critères de prise en compte des trimestres cotisés (apprentis, étudiants, congés maternité) vont dans le bon sens, ce sont encore et toujours les salariés les moins bien payés, et aux carrières incomplètes (les femmes notamment), qui seront le plus pénalisés. Dans une situation où la moitié des salariés ne sont plus dans l’emploi au moment de faire valoir leurs droits à la retraite, où l’espérance de vie en bonne santé stagne, voire régresse, les projets du gouvernement sont inacceptables.
Particulièrement touchés par la crise, les journalistes figurent parmi les professions qui auront le plus à souffrir d’une réforme inéquitable. Car la précarité qui mine le secteur des médias renforce la difficulté pour les jeunes journalistes de trouver un emploi stable, et condamne la plupart des confrères à des carrières tardives et morcelées. Car derrière les salaires des « stars de l’info », les rémunérations sont indignes dans nombre de grilles salariales de la profession. Car les patrons de presse, qui ont su, de tous temps, transformer les clauses de cessions en plans de licenciements déguisés, usent et abusent de la rupture conventionnelle à tour de bras, pour pousser dehors les gêneurs, et les « trop vieux ».
Plus que de mesurettes financées en grande partie par les ménages, la pérennité du système de retraites par répartition doit reposer sur une autre répartition des richesses. Les exonérations de cotisations patronales, sans aucune contrepartie pour les entreprises, n’ont jusqu’à présent pas prouvé leur efficacité économique et sociale. En 2012, les dividendes versés par les entreprises du CAC 40 à leurs actionnaires ont atteint 40,9 milliards d’euros, en hausse de 5% ! La fraude fiscale représente 60 à 80 milliards d’euros de manque à gagner, par an, pour les caisses de l’Etat.
Pour changer la donne, la mobilisation interprofessionnelle est indispensable. Première organisation de la profession, le Syndicat National des Journalistes, membre fondateur de l’Union syndicale Solidaires, appelle dans toute la France l’ensemble de ses sections à soutenir toute forme de mobilisation inter-catégorielle. Le SNJ appelle l’ensemble des journalistes à participer massivement à la journée nationale d’actions, de grève et de manifestations, du mardi 10 septembre 2013.
dimanche 25 août 2013
Café syndical "Les médias face aux experts"
Les vacances sont terminées! Le Syndicat national des journalistes (section Réunion-océan Indien) organise un café-rencontre sur le thème "Les médias face aux experts", vendredi 13 septembre à partir de 19 heures à Saint-Denis. Les débats seront animés par Nicolas Bonin aux Pot'irons (près de la CGSS). L'entrée est gratuite, chacun(e) paie ses consommations. Lors de ce café syndical, les adhérents du SNJ seront également disponibles pour répondre aux questions pratiques des journalistes (carte de presse, contrat de travail, travail sous forme de piges, etc).
Le bureau du SNJ 974
contact: snjreunion@gmail.com
jeudi 11 juillet 2013
231 journalistes cartés à La Réunion
L’île de La Réunion compte officiellement 231 journalistes titulaires d’une carte de presse, selon les statistiques 2012 de la CCIJP (Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels). Ce chiffre confirme le tassement du nombre de journalistes cartés, après une forte progression dans la première décennie 2000 : 160 en 2002, 206 en 2008, 227 en 2010, 228 cartes en 2011.
Deux autres données ressortent à la lecture de
ces statistiques à la Réunion. Les mêmes que dans le reste du pays. D'abord, la
féminisation de la profession. En 2008, 50 cartes avaient été
attribuées à des femmes, soit 24,27% du total, contre 86 en 2012,
soit une proportion de 37,23%. Enfin, autre notion importante, et inquiétante:
la précarisation du métier. En 2002, les pigistes ou CDD représentaient 5,62%
des cartes délivrées, ils sont désormais 14%.
Les journalistes « cartés »
se répartissaient ainsi en 2012:
- 128 en presse écrite dont 59 au JIR, 53 au
Quotidien, 5 à Témoignages et 11 en presse magazine.
- 99 dans l'audiovisuel dont 76 à Réunion 1ère (pigistes compris), 19 à Antenne
Réunion, 3 à Freedom et 1 à Festival. - 2 autres pigistes.
- 2 non localisés.
Le SNJ rappelle que la carte de presse est un outil
pour faire reconnaître son statut et se voir appliquer les droits de la
profession. Il est donc indispensable de la demander dès l’obtention des trois
premières fiches de paie.
Le bureau du
SNJ
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